Le maire de Valence demande à l'Etat d'éloigner l'A7 de sa ville

Pendant les chassés croisés des vacances estivales, 200 000 véhicules par jour se croisent sur l'A7, à proximité de la ville de Valence. / © MaxPPP / Fabrice ANTERION
Pendant les chassés croisés des vacances estivales, 200 000 véhicules par jour se croisent sur l'A7, à proximité de la ville de Valence. / © MaxPPP / Fabrice ANTERION

Le maire de Valence s'est accompagné de Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, pour obtenir un contournement de l'A7, qui longe sa ville. Il dénonce la pollution massive induite par l'autoroute.

Par Mathieu Boudet

Ce mardi 14 novembre 2017, Nicolas Daragon, maire de Valence et vice-président de la région Auvergne Rhône-Alpes, s'associe à Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, pour dénoncer les nuisances sur la santé publique occasionnées par l'autoroute A7, qui longe la ville.


Une démarche judiciaire ?


Dans un communiqué, le maire annonce saisir le préfet pour qu'il élabore un plan de protection de l’atmosphère et "d’engager les actions indispensables à l’amélioration de la situation de Valence pour lutter contre la pollution de l’air". Il demande également à ce que soit pensé un contournement autoroutier de la ville, seul moyen qui, selon lui, "permettra d’atteindre l’objectif de préservation de la santé des concitoyens". 

Le maire de Valence s'est accompagné du cabinet d’avocats dirigé par Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, pour faire pression sur la préfecture. La démarche sonne comme une menace de procédure judiciaire éventuelle contre l'état, s'il n'est pas entendu.


70 000 véhicules par jour sur l'A7


Une étude de l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes, réalisée en 2014, pointe la principale origine de la pollution à Valence : le trafic. Principalement en cause, l’A7, fréquentée par 70 000 véhicules par jour en moyenne tout au long de l'année, et particulièrement pendant les vacances estivales avec 200 000 véhicules sur les week-ends de chassés croisés en juillet-août.

Le Maire de Valence a demandé dès 2015 d’abaisser à 90 km/h la vitesse maximale autorisée sur la portion de l’autoroute urbaine située entre Valence Nord et Valence Sud. Mise en place à titre expérimental depuis juin 2016, la mesure est efficace mais insuffisante. L’exposition à la pollution des résidents aux abords de l’A7, de l’ordre de 15 %, reste néanmoins supérieure à la valeur limite réglementaire fixée dans le cadre européen.   


Des seuils de pollution atmosphérique régulièrement dépassés


Dans l’agglomération valentinoise, les seuils réglementaires  et sanitaires sont régulièrement dépassés. Une étude de l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) précise que si les normes préconisées par l’OMS étaient respectées, sur le long terme, la population bénéficierait d'une espérance de vie gagnée de 8 mois et d'un bénéfice économique de la mortalité évitée estimé à 91 Millions d'euros par an. 

« Cette situation met en péril la santé des habitants de Valence et de ses environs et constitue une infraction manifeste au droit communautaire, » explique Nicolas Daragon, Maire de Valence et Vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il fait valoir que l'état a une obligation de résultat en termes de lutte contre la pollution de l’air.   

Valence et le contournement de l'A7
Déporter l'A7. C'est ce que demande le maire de Valence, Nicolas Daragon, en croisade contre la pollution de l'air qui touche l'agglomération dromoise. L'A7 traverse en effet la ville, et l'élu exige de l'Etat un contournement autoroutier. Et il a le soutien de ses habitants. Reportage I.Schultz , S. Françoise - 15/11/17- intervenants : Anne Cathy, Professeure d'EPS / Nicolas Daragon, Maire de Valence ( LR) / Corinne Lepage, Avocate - France 3 RA



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