Valence : faute d’escorte pour le tribunal trois détenus sont remis en liberté

Lundi 26 avril au tribunal judicaire de Valence, trois détenus qui devaient être jugés en comparution immédiate ont été remis en liberté. La faute au Covid et à un manque de personnel pour les escorter du centre pénitentiaire jusqu’au tribunal.

Trois suspects devaient être jugés lundi en comparution immédiate. Faute d'escorte, ils ont été remis en liberté.
Trois suspects devaient être jugés lundi en comparution immédiate. Faute d'escorte, ils ont été remis en liberté. © Radio France/Maxppp

Impossible de présenter et donc, de fait, de juger trois détenus, au tribunal de Valence. Interpellés quelques jours auparavant pour des faits de «trafic de stupéfiants» ou de «violences conjugales», les trois hommes devaient passer en comparution immédiate devant les magistrats ce lundi 26 avril mais aucun personnel n’était disponible pour les escorter. Ils comparaîtront, dans un mois, le 31 mai et, en attendant, ils ont été remis en liberté.

Selon l’AFP et les informations de France Bleu Drôme Ardèche, l’Antenne Régionale de l’Autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (ARPEJ) qui doit extraire les détenus et les escorter jusqu’au tribunal a fait savoir lundi matin que ses agents ne pouvaient assurer cette mission.

Ce jour-là, tous les agents de l’antenne de l’ARPEJ de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) suivaient une formation obligatoire.

Les effectifs du commissariat de Valence réduits par la Covid-19

Lorsque l’ARPEJ ne peut assurer la mission, ce sont alors les services de police qui sont sollicités en renfort. Oui mais voilà : au commissariat de Valence la Covid-19 est passée par là et les effectifs sont considérablement réduits. Plus d’une vingtaine de policiers étaient absents, soit parce qu’ils étaient testés positifs, soit parce qu’ils étaient cas contact. Parmi eux, de nombreux agents de la brigade d’assistance judicaire qui seconde les escortes pénitentiaires en cas de besoin.

Au micro de nos confrères de France Bleu, Noël Fayet, le Directeur Départemental de la Sécurité Publique assumait un choix rare :

«Lundi, notre capacité opérationnelle, en raison des malades que nous avons et des cas contacts, ne nous permettait pas d’assurer cette mission… Depuis le début de l’année, nous avons consacré plus d’heures à ces missions d’extraction qu’aux contrôles routiers par exemple».

Les détenus n’ont pu être placés sous contrôle judiciaire. Dans un communiqué envoyé ce jour, la préfecture de la Drôme assure que "les trois mis en cause feront l’objet d’une surveillance renforcée de la part des forces de sécurité intérieure. Afin de protéger les victimes, celles-ci ont été contactées par les services de l’État pour être accompagnées sur le plan psychologique et social. Elles bénéficient actuellement d’un logement éloigné du domicile de leurs conjoints". L’une des victimes bénéficiera d'un «téléphone grave danger».

Les suspects remis en liberté devront se présenter d’eux même à l’audience le 31 mai. 

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