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REPLAY | Documentaire : “Abou Lagraa, la République des sens”

Abou Lagraa, la république des sens / © Les Films du Sillage 2019
Abou Lagraa, la république des sens / © Les Films du Sillage 2019

Abou Lagraa danse depuis toujours. Enfant, il évoluait pour le plus grand plaisir de sa maman. Aujourd'hui danseur et chorégraphe mondialement reconnu, il s'est installé à Annonay, sa ville natale. Que ce soit entouré d'amateurs ou/et de professionnels, ici ou ailleurs, il poursuit le mouvement.

Par Kathleen Garon

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Abou Lagraa est retourné dans sa ville natale, Annonay en Ardèche. Il  a créé une résidence de création chorégraphique dans  une ancienne chapelle désacralisée où viennent des artistes du monde entier, la Chapelle Sainte Marie, ouverte à tous.  Le chorégraphe y travaille ses nouvelles créations avec sa compagnie la Baraka tout en poursuivant son travail de transmission auprès de différents publics de la ville et ses créations à l'international.


Il faut danser à chaque fois comme si c'était la dernière fois

Fleur Albert a suivi le chorégraphe dans son kaléidoiscope créatif. Tout d'abord lors de la genèse de Tahrir, l’émancipation en arabe, pour lequel Abou Lagraa a réuni des danseurs amateurs et semi-professionnels de la région venus du Hip-Hop : le travail se met en place au fil des séances, nous découvrons sa personnalité et sa méthode singulière où création et engagement ne sont pas séparés, et cassent  les frontières mentales autant que sociales et culturelles. Ses répétitions sont ouvertes au public, la parole circule comme les corps des danseurs et Abou Lagraa les pousse avec humour et exigence à travers la composition de leur personnage.

Puis changement de décor : Abou Lagraa est au ballet du Grand théâtre Genève où il est invité pour son nouveau spectacle Wahada (La Promesse) à partir de la Messe en Ut mineur de Mozart. Abou travaille avec son épouse Nawal, également danseuse et devenue aujourd’hui sa collaboratrice artistique.  
Il y a des moments de grâce et de doute, des tensions, des résistances, du lâcher prise et des fulgurances avec cette troupe de danseurs professionnels.

La danse d’Abou Lagraa porte en elle un subtil mélange de classicisme, d’énergie urbaine et d’expressivité contemporaine. Mais avant tout, c’est un artiste qui ose et assume une certaine sensualité dans le mouvement, en allant chercher chez les interprètes ce qu’ils portent en eux, au-delà de la danse dans une sorte de poésie incarnée et sensible. 
 

Le corps est politique

Pour Abou Lagraa, le danseur qu’il soit professionnel ou amateur est une personnalité, un interprète qui doit traduire des préoccupations, des sensations viscérales, au plus proche de la complexité humaine. Il doit s’affranchir des codes et des carcans les plus violents, au risque de mettre à nu son intimité. 
 

Cette approche de la danse est exceptionnelle. Il n’est pas indifférent qu’elle soit le fait d’un chorégraphe né de parents immigrés algériens, arrivés dans la France dans les années 60’. Abou Lagraa est l’enfant de cette histoire, aujourd’hui il la reformule et incarne un autre monde à venir.

La personnalité́ d’Abou, son héritage culturel et son expérience quotidienne artistique lors des créations comme lors d’ateliers, incarne une figure lumineuse de liberté́ et de tolérance, vitale dans le chaos de nos sociétés où certaines formes d’obscurantismes  et la violence prédominent. Cette résonance intime qu'il nous donne à voir dans son travail chorégraphique et sa vision du monde nous convint avec certitude que le corps ne cesse et demeure  politique.

Un film réalisé par Fleur Albert,  écrit par Christophe Acker et Fleur Albert d’après une idée originale de Christophe Acker.
Produit par Sylvie Brenet. Une production Les films du Sillage avec  la participation de France Télévisions, l’heure D et France 3 Rhône -Alpes Auvergne.   Avec le soutien de la Région Rhône Alpes Auvergne, le CNC, l’aide de la Procirep-Angoa.

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