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REPLAY. Voir ou revoir le documentaire “A contre-courant” ou l’éloge de la lenteur diffusé sur France 3

La Janjan sur la Loire. / © François Guillement
La Janjan sur la Loire. / © François Guillement

On embarque sur la Loire avec Anthony. Marin d’eau douce, rêveur entêté il a remonté le fleuve sur "La Janjan". Un périple à contre-courant filmé par François Guillement, diffusé sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes le lundi 18 mai.

Par Françoise Boissonnat

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Parce qu’il en rêvait depuis dix ans, il l’a fait ! Il, c’est Anthony, artiste polymorphe (marionnettiste, chanteur, comédien) et amoureux de la Loire. Déjà, il y a longtemps, avec sa compagne Daphné ils avaient entièrement construit "La Saltimbanque", un bateau de 18 mètres de long sur 4 de large, pour naviguer sur le fleuve. Cette fois, c’est seul avec Nina, sa chienne, qu’il est parti sur la Janjan, un rafiot de moins de 7 mètres. Une aventure à 500 euros et beaucoup d’huile de coude ! Il ira donc, par le fleuve, chez Bibi qui lui a appris la navigation à l’ancienne. Et Bibi habite à plus de 400 km.

La Loire, elle rappelle l’homme.

Quand il embarque le 8 janvier, Anthony prévoit une navigation d’un mois, un mois et demi. Elle va en durer trois. Ni défi sportif, ni défi écologique, juste l’envie : "La Loire, elle rappelle l’homme, dit Anthony. Et depuis que je navigue, je me suis toujours dit que je remonterai le fleuve à contre-courant au gré des vents". Au gré des vents et... parfois à la force des bras ! 
Parcours initialement prévu pour Anthony et la "Janjan".
Parcours initialement prévu pour Anthony et la "Janjan".
Parce que le fleuve est capricieux et dangereux. Courants et courants contraires, vents et vents contraires, bancs de sable, falaises rendent les premiers jours difficiles à tel point que la Janjan va où elle veut. "Il m’a fallu quelques temps pour maîtriser l’embarcation, admet Anthony. Il y avait parfois un petit côté - Into the wild-". 

Ce qui m’a surpris, c’est l’engouement des gens pour ce projet…

La solitude du navigateur, Anthony ne l’a pas complètement vécue. Sauf peut-être pendant les 15 jours, où sans vent, il a dû rester amarré au bord du fleuve, "Là, j’ai été vraiment seul, mais le temps est bizarrement passé très vite".
A la rame. / © P.Bourreau
A la rame. / © P.Bourreau
Dans cette aventure, Anthony a été accompagné par son ami François Guillement, le réalisateur, et par une poignée d’amoureux du fleuve. Anthony, qui n’était pas branché réseaux sociaux, a créé un compte Facebook qu’il a méticuleusement alimenté. "Ce qui m’a le plus surpris, dit le réalisateur, c’est l’engouement des gens pour ce projet. A chaque étape il y avait des fans qui attendaient Anthony sur la berge. Ils proposaient un apéro, un café, un repas, un lit au chaud... C’était un peu, pour Anthony, comme des applaudissements en fin de spectacle !"

Arrêter de s’empêcher de faire…

"Ce qui m’a séduit, dit encore François Guillement, c’est le voyage extraordinaire avec un bateau à 500 euros et tout près de chez lui. Pendant cette aventure, le temps n’avait plus d’importance. On a ressenti un énorme sentiment de liberté".
Soirée anniversaire-surprise pour Anthony. / © François Guillement
Soirée anniversaire-surprise pour Anthony. / © François Guillement
Il en ressort un film tout en douceurs et en sourires. Et peu importe si Anthony n’est jamais arrivé chez Bibi. L’essentiel comme dit le marin d’eau douce c’est "de se dire que c’est possible, d’arrêter de s’empêcher de faire et de prendre le temps... parce que ce n’est pas une aventure réservée aux riches mais une aventure riche offerte à tout le monde".

Sûr qu’il repartira sur la Loire mais avec sa compagne cette fois. D’ici là, de ce voyage à contre-courant pourrait bien naitre un spectacle de marionnettes.

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