En Auvergne-Rhône-Alpes, le variant Delta "extrêmement suivi"

En Auvergne-Rhône-Alpes, le variant Delta du virus du Covid 19 est bien présent. Une mutation est détectée dans environ 20% des tests PCR criblés, un taux supérieur à la moyenne nationale. Deux départements sont sous surveillance : l’Isère et la Haute-Savoie.

Le variant Delta du Covid 19 inquiète les autorités. Plus transmissible, il pourrait devenir le variant dominant. Il est donc activement surveillé : en Auvergne-Rhône-Alpes, la mutation est détectée dans environ 20% des tests PCR criblés, une valeur légèrement supérieure à la moyenne nationale qui s’élève à 10% environ. « Les laboratoires sont appelés dès lors qu’il y a un résultat positif pour assurer un criblage, c’est-à-dire une analyse plus fine du virus retrouvé. Dans ces situations, le criblage permet de repérer un certain nombre de mutations éventuelles. Dès lors que certaines mutations sont retrouvées, elles sont transférées dans un laboratoire dit « de référence » qui fait le séquençage, c’est-à-dire l’analyse complète de l’ensemble du génome du virus de façon à suivre l’évolution des variants », explique Anne-Marie Durand, directrice du pôle de santé publique de l’ARS (Agence Régionale de Santé).

La circulation en augmentation

« C’est extrêmement suivi », insiste le docteur Durand. Le variant Delta, aussi appelé variant indien, est caractérisé par la mutation C. « On suit ces mutations qui entraînent des mesures pour limiter la circulation de ces virus. Le séquençage prend une dizaine de jours. On n’attend pas les résultats de ce séquençage pour prendre des mesures qui s’imposent. En revanche, on n’a pas de chiffres précis sur les variants circulant car quand on a l’information que c’est un variant indien, on a réglé la situation. S’il n’y a pas eu d’échappement, c’est réglé », précise Anne-Marie Durand. A l’échelle nationale, elle constate que la mutation C augmente. « La circulation augmente, c’est ce qui inquiète. On craint une re-circulation et une phase épidémique ultérieure, malgré la baisse forte aujourd’hui de la circulation virale globale ».

La Haute-Savoie et l'Isère étroitement surveillés

Sur la région, elle désigne 2 points de vigilance : l’Isère et la Haute-Savoie. « Sur la Haute-Savoie, il s’agit d’une situation familiale, avec quelques personnes autour, qui est totalement maîtrisée. On a eu la confirmation qu’il s’agissait bien du variant indien mais cette situation est réglée car il n’y a pas eu de cas secondaires. Ca a fait montre les chiffres globaux, bien sûr, car on a beaucoup dépisté autour », indique Anne-Marie Durand.

Sur l’Isère, pas d’inquiétude non plus pour le docteur : « On a par contre des cas isolés avec des petits clusters détectés, qui traduisent une circulation un peu plus importante sur cette partie de la région ». Dans les autres départements, ce variant est « ponctuel et marginal », même s’il est très surveillé. Elle insiste sur le fait que notre région n’est pas « plus impactée que d’autres ».

"On incite fortement à la vaccination"

En cas de suspicion de variant, un isolement immédiat est mis en place avec une vigilance sur les gestes barrière et un dépistage le plus large possible, ainsi qu’une « recherche minutieuse d’un lieu ou d’une circonstance qui aurait fait que la personne ait pu se contaminer auprès d’autres personnes malades qui n’auraient pas été repérées », précise Anne-Marie Durant. Elle ajoute : « On incite fortement à la vaccination. C’est au prix de cette vaccination qu’on pourra espérer limiter la circulation du virus et éviter une reprise épidémique. » Selon elle, le vaccin est efficace face au variant. Le docteur alerte : « Ce qu’on craint, c’est que plus le virus circule, plus il est amené à avoir des petites modifications sur le génome et plus on risque un échappement vaccinal qui a été retrouvé dans d’autres pays. Il faut endiguer la vague le plus vite possible pour avoir une chance d’éviter cette reprise épidémique ».

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