Floraison précoce des abricotiers en Ardèche : les prochains jours déterminants face au risque de gel

Dans le Sud de la région, dans la Drôme et en Ardèche, les arboriculteurs sont inquiets : les abricotier sont en avance. La floraison est en cours. Tout épisode de gel pourrait compromettre les récoltes de fruits. Les jours qui viennent pourraient être cruciaux.

Floraison précoce des abricotiers (mars 2021).  alors que les abeilles pollinisent encore dans les abricotiers, certains fruits pointent déjà....
Floraison précoce des abricotiers (mars 2021). alors que les abeilles pollinisent encore dans les abricotiers, certains fruits pointent déjà.... © France tv

Des arbres fruitiers en fleurs et des abeilles qui pollinisent... le printemps semble en avance sur le calendrier et les paysages du sud de l'Ardèche ont déjà des allures de carte postale. Un plaisir pour les yeux qui n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les arboriculteurs. 

Des abricotiers en fleurs ... Christel Cesana a déposé au pied des arbres des bougies anti-gel - mars 2021
Des abricotiers en fleurs ... Christel Cesana a déposé au pied des arbres des bougies anti-gel - mars 2021 © France tv

Abricotiers déjà en fleurs : gare au gel matinal

Car l'ennemi du futur fruit, encore au stade embryonnaire, c'est le gel. Les arboriculteurs sont suspendus à la météo. "On sait que ces quelques jours sont déterminants... il peut faire -2,5 °C, sec et sans gel ; et par contre -2,5°C avec une petite pluie la veille et de l'humidité, là ça gèle à 100%", explique Christel Cesana, arboricultrice à Orgnac-L'Aven en arpentant sa parcelle de six hectares. Une parcelle qui compte des abricotiers et des cerisiers. La période est cruciale pour ces arbres fruitiers. Même dans ce secteur situé à l'extrême sud de l'Ardèche, le risque de gel en cette période n'est pas écarté.

L'an dernier, à cause du gel, Christel Cesana a perdu toute sa récolte d'abricots et la moitié de ses cerises. Pour éviter de nouvelles pertes, elle a investi dans des bougies anti-gel afin de chauffer les arbres en cas d'alerte. Elle a également fait l'acquisition d'une petite station météo connectée. 

"Avant, il fallait se lever toutes les heures en période de gel", explique-t-elle. "On a les prévisions globales de Météo France mais elles ne sont pas vraiment adaptées à la parcelle." Pour l'arboricultrice, ces stations météo connectées permettent "un maillage" plus fin et très précis. "On peut avoir des différences très importantes de températures, notamment le matin. Jusqu'à 2 ou 3 degrés de différence sur 500 mètres d'écart". 

La vigilance de l'arboricultrice porte seulement pour l'instant sur ses abricotiers. Pour les cerisiers, "il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Ils sont à bourgeons gonflés", précise Christel CesanaIl n'y a donc pas encore péril en la demeure, à moins d'un brusque épisode de froid glacial. 

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Des hivers trop doux pour les arbres fruitiers

Ce sont les hivers doux qui sont responsables de la précocité de la floraison. Or ces hivers aux températures clémentes sont plus fréquents. Un vrai souci pour les arboriculteurs : "Toutes les variétés de fruits ou de vignes ne sont pas habituées à des hivers doux. Les arbres ont besoin d'avoir une quantité de froid hivernal pour pouvoir produire des fruits l'année suivante", explique Christel Cesana.

Autre conséquence de ces hivers doux, selon l'arboricultrice ardéchoise : ils sont responsables de la fragilité des arbres fruitiers. "Le froid hivernal est moins intense et les arbres démarrent beaucoup plus vite au printemps, au moindre coup de chaud. Ils sont alors plus sensibles au coup de froid qui arrive derrière". 

Avec l'augmentation des températures, et les coups de gels et les sècheresses, le problème des calamités agricoles pourrait devenir récurent. Ce sont aussi autant d'événements climatiques destructeurs qui posent à moyen et long terme la question des choix de variétés d'arbres. "On réfléchit aussi à des cultures différentes, à planter des variétés adaptées aux grandes sècheresse et aux fortes chaleurs. On a eu jusqu'à 47 °C en juin 2019. Même si on est sur des cultures méditerranéennes, les arbres ne connaissent pas normalement de telles chaleurs", explique Christel Cesana. 

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