Foie gras, confiseries, chapon, pour les producteurs d’Auvergne : "Ce ne sera pas un Noël comme les autres"

Cette année, en raison du COVID 19, l’incertitude plane sur le déroulement des fêtes de Noël. Confiseurs, volaillers et producteurs de foie gras d'Auvergne ne savent pas à quel saint se vouer. Pourtant, tous ont maintenu leur production, pour garantir, le cas échéant, des fêtes réussies.
Producteurs de chapons, de foie gras, de pâtes de fruits ou de chocolats, en Auvergne, certains sont inquiets. En effet, en raison de l’épidémie de COVID 19, la tenue des fêtes de Noël est encore incertaine. Pour autant, ils ont décidé, parfois malgré eux, de maintenir une production sensiblement similaire aux années précédentes afin de pouvoir répondre à la demande si besoin : « La production pour les fêtes de fin d’année se prévoit au mois d’août, on ne pouvait pas savoir qu’on allait être confinés, c’est une catastrophe. Tout était mis en place donc je subis. Je suis même obligé d’embaucher des gens en intérim car, comme je ne vends pas mes produits bruts aux restaurateurs, je dois les transformer pour les conserver », explique Jean-François Panem, gérant du Domaine de Limagne (Puy-de-Dôme), qui produit du foie gras. Le Domaine de Limagne a également dû se diversifier et proposer de la vente directe dans deux enseignes, à Grenoble et Lyon.

Des commandes annulées ou reportées

Pour lui, la période hivernale représente 2,5 millions d’euros, soit un tiers de son chiffre d’affaires, et déjà, beaucoup de commandes ont été annulées. C’est le cas également à la confiserie Cruzilles de Clermont-Ferrand, connue pour ses pâtes de fruits : « On a eu des annulations et des reports, mais heureusement ça n’a pas été aussi brutal qu’en mars. Nous ne faisons pas vraiment de vente directe, nous vendons plus aux détaillants mais je dirais que nos commandes ont tout de même baissé d’environ 15%. Si on reste comme ça, ça devrait aller mais si le confinement devient plus drastique, on ne vendra pas tout », alerte Roland Gibert, PDG de la confiserie Cruzilles. Pour le confiseur, la préparation de la période des fêtes se fait sur les deux tiers de l’année.

"Je pense que les gens vont se tourner vers les producteurs locaux"

En Haute-Loire, Anthony Coffy, éleveur de volailles, est dans l’incertitude. Lui aussi a maintenu sa production habituelle pour les fêtes de fin d’année : « Je ne pense pas qu’ils vont supprimer Noël, économiquement ce n’est pas viable. Après, pour ce qui me concerne, je suis confiant car je pense que les gens vont se tourner vers les producteurs locaux », explique l’éleveur. En décembre, il double son chiffre d’affaires par rapport aux autres mois de l’année alors, pour passer cette crise et se maintenir à flots, il a fait le choix de diversifier sa clientèle : « Pour les éleveurs qui n’ont que quelques gros clients je pense que ça va être compliqué. Moi, je travaille avec beaucoup de clients, des particuliers, des écoles, des structures, donc je pense que je ne serais pas trop impacté, mais il y a quand même un peu d’incertitude. On verra bien. » 

"Ce ne sera pas un Noël comme les autres"

Pour la chocolaterie Riol, basée à Aurillac, la solution a été un site internet, où les clients peuvent commander avant de récupérer leurs chocolats en boutique ou en point relai, un surplus de travail difficile à assumer : « C’est une période où on a déjà beaucoup de travail, et là, en plus, on doit réaliser des compositions, prendre des photos, relever les commandes, les préparer, les expédier… ça nous prend beaucoup de temps. En parallèle, on continue à se préparer pour les fêtes. On a prévu un peu moins que d’habitude, on essaye de gérer. Notre crainte, c’est qu’on soit déconfinés quelques jours avant Noël et que les gens n’aient rien prévu. Il y aurait une grosse affluence d’un coup et là, je ne sais pas comment on arriverait à tout gérer », craint Chantal Riol, gérante de la chocolaterie. Pour elle aussi, cette attente est compliquée : le chiffre d’affaires est en chute ( -50% la semaine dernière), et décembre est un mois clef pour la trésorerie de cette chocolaterie, déjà affectée par le premier confinement à la période de Pâques. Pour les producteurs une chose est sûre : « Ce ne sera pas un Noël comme les autres ».
 
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