Harcèlement scolaire : ces signes qui doivent vous alerter

En France, 700 000 élèves sont concernés chaque année par le harcèlement scolaire. / © Aurelien Morissard / MAXPPP
En France, 700 000 élèves sont concernés chaque année par le harcèlement scolaire. / © Aurelien Morissard / MAXPPP

Un jeune sur dix est victime de violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Jeudi 7 novembre est la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Quels signes peuvent vous alerter ? Comment réagir ? 

Par D.Cros

Injures, moqueries, violences … le harcèlement scolaire touche chaque année de nombreux jeunes. Ils sont victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles. En France, 1 jeune sur 10 est concerné.

Jeudi 7 novembre est la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. L’occasion de sensibiliser et d’informer les jeunes, leurs parents et leur famille.

Quels signes sont révélateurs d’un harcèlement scolaire ?

Déceler le mal-être d'un enfant harcelé à l'école est loin d’être évident. La victime le cache, essaie généralement de régler seule ses problèmes et a peur des représailles. Plusieurs éléments peuvent toutefois alerter les parents.
  • Plus envie d’aller à l’école
Le jeune ne veut plus aller en classe. Il n’a pas envie de se lever le matin et veut rester à la maison. "Il peut demander à ne plus prendre les transports en commun. Il souhaite que ses parents l’accompagnent jusqu’aux grilles de l’établissement et viennent le chercher à la sortie" explique une psychologue de Clermont-Ferrand.

Pour éviter de sortir, il peut aussi inventer des maladies ou simuler des douleurs. Par exemple, des maux de ventre ou des maux de tête. La même chose à l’école. "Il peut se rendre régulièrement à l’infirmerie pour éviter la cour de récréation" explique Laurence Kleinclaus, conseillère principale d’éducation (CPE) dans un collège du Puy-de-Dôme.
  • Changement de comportement 

L’enfant aura tendance à s’isoler. Il peut paraître absent et soucieux ou au contraire être de plus en plus agressif et irritable.

"Le stress et les crises d'angoisse peuvent survenir à différents moments" explique Marine Roussel, responsable prévention et promotion de la santé. Puis elle ajoute : "Ces crises peuvent conduire à perdre l’appétit, avoir des troubles du sommeil ou encore développer, par exemple, des bouffées de chaleur ou de l'eczéma".

Par crainte du regard des autres, à l’école aussi, la victime de harcèlement va s’isoler en évitant la cour de récréation et en se mettant à l’écart.
 
  • Baisse des résultats scolaires

Constamment sur ses gardes, le jeune harcelé est stressé. "Il peut aussi avoir des difficultés à être attentif et à se concentrer" souligne Laurence KleinclausCPE dans un collège. Il décroche et du coup ses notes chutent. 

Il peut devenir isolent pour espérer être populaire auprès de ses camarades.

"Il va être tenté de sécher les cours, d’être absent ou en retard pour ne pas croiser ses agresseurs. Les retards répétés peuvent nous alerter" ajoute sa collègue Estelle Mayet, CPE dans un lycée du Puy-de-Dôme.
  • Présence de blessures et perte d’objets

L’enfant peut avoir des bleus ou des blessures. Il va raconté qu’il est tombé, s’est blessé et qu’il est très maladroit pour ne pas expliquer ce qui lui est réellement arrivé.

Ses affaires sont détériorées ou perdues. En fait, son matériel est vandalisé par ses agresseurs et ce qu’il perd lui a en fait été volé.
  • Stress face au téléphone et aux réseaux sociaux

Le cyber-harcèlement est une forme de harcèlement conduite par le téléphone, internet et les réseaux sociaux. Ce type de harcèlement se poursuit donc en dehors de l’enceinte des établissements scolaires. "Le jeune est harcelé chez lui jusque dans sa chambre, un lieu où il se sent normalement en sécurité" inciste une psychologue. 

Entre les textes, les messages sur les réseaux sociaux et les appels… le téléphone sonne en permanence. Une source de stress énorme pour la victime. "L’enfant peut avoir des réactions démesurées. Il peut sursauter quand il entend son téléphone ou mal réagir à la lecture d’un message" ajoute-t-elle. 



Comment réagir ?

  • Que faire...
Identifier le type de harcèlement
Collecter les preuves
Parler et rassurer le jeune 
Contacter l’établissement (parler au chef d’établissement, aux professeurs et au psychologue scolaire)
Se rapprocher des organismes spécialisés
Porter plainte dans les cas les plus graves
  • ... et ne pas faire
Entrer directement en contact avec les harceleurs
Jouer les justiciers

La harcèlement scolaire en chiffres

700 000 élèves en France sont concernés
1 enfant sur 10 est victime
12 % de jeunes harcelés à l’école primaire, 10% au collège et 4% au lycée
55% des élèves harcelés sont touchés par la cyberviolence 
1 victime sur 4 a déjà pensé au suicide
 

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