Haute-Loire : la prolifération de ratons laveurs inquiète particuliers et professionnels

A Brioude, la prolifération des ratons laveurs est un sujets d'inquiétude pour de nombreux professionnels et particuliers. / © LOIC VENANCE / AFP
A Brioude, la prolifération des ratons laveurs est un sujets d'inquiétude pour de nombreux professionnels et particuliers. / © LOIC VENANCE / AFP

Depuis quelques années, en Haute-Loire et particulièrement à Brioude, la population de ratons laveurs ne cesse d'augmenter. Les associations et particuliers alertent sur les nuisances provoquées par cette espèce invasive.

Par Solenne Barlot

Importé d'Amérique du Nord, le raton laveur, ce petit rongeur masqué, ne cesse de faire parler de lui en Haute-Loire. Depuis environ cinq ans, sa population ne cesse d'augmenter dans le brivadois, au point d'inquiéter associations, professionnels et particuliers. " C'est une espèce invasive qui se reproduit rapidement, avec parfois 8 ou 9 petits par an. Dans notre région, ils n'ont aucun prédateur et beaucoup de nourriture. Ça s'est accéléré ces derniers temps avec le retour des vignes et l'augmentation des cultures de maïs, ils ont à manger à volonté", explique Bernard Courtet, président de président de l'Association communale de chasse agrée de Brioude.

Un danger pour la faune locale

D'abord localisés sur les bordures de l'Allier, les ratons laveurs ont ensuite colonisé les bords des cours d'eau en amont : " Il suivent les ruisseaux qui se jettent dans l'Allier, et ils se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent autour : maïs, baies sauvages, raisin… mais c'est aussi un danger pour la faune locale, car ils mangent aussi des poules, des lapins de garenne, des perdrix, des faisans, des œufs de poules faisanes ou de canards." La prolifération impacte également les agriculteurs, puisque les ratons laveurs viennent se nourrir directement dans les vignes et les champs de maïs. Avec 1kg de nourriture environ par individu et par jour, les pertes sont conséquentes. Les ratons laveurs sont également porteurs de maladie, comme l'échinococcose, plus couramment appelée "maladie du renard".

Une espèce venue d'Amérique du Nord

L'importation de cette espèce est le fruit d'un accident : "On raconte que ce sont les régiments canadiens et états-uniens qui en avaient fait leur mascotte. Lorsqu'ils ont quitté l'Europe, ils les ont laissé sur place, sans prédation ils ont proliféré", raconte Bernard Courtet. Lors de ses battues, il constate l'augmentation de l'espèce : "Maintenant, il n'est pas rare d'en trouver 6 ou 7 dans un champ. C'est une espèce nocture, donc on en piège surtout la nuit. L'an dernier, j'en ai tué une quinzaine, et piégé une quinzaine chez moi ou chez des particuliers car je suis également piégeur agréé." Sans vouloir trop s'avancer car il est difficile de recenser les individus, qui sont très discrets, Bernard Courtet estime la population à plusieurs centaines.

Des battues pour réguler la prolifération ? 

La régulation de la population des ratons-laveurs semble complexe. Discret, ne sortant que la nuit, l'animal semble difficile à attraper : " Lorsqu'on les chasse avec des chiens, ils grimpent aux arbres s'ils se sentent acculés, mais la plupart du temps ils se défendent, ils boxent les chiens, ils les mordent. J'ai déjà eu plusieurs teckels sévèrement blessés. Pour les réguler il faudrait que les particuliers qui ont des nuisances les piègent avec des cages de reprise : elles ne sont pas réglementées." Le chasseur préconise également des battues nocturnes par des gardes assermentés, comme cela se pratique déjà pour les sangliers.

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