Carlos Ghosn à la tête du site Michelin Blavozy, un ancien ouvrier se souvient

Avant de rejoindre le groupe Renault, Carlos Ghosn avait travaillé chez Michelin pendant 18 ans. / © ERIC PIERMONT / AFP
Avant de rejoindre le groupe Renault, Carlos Ghosn avait travaillé chez Michelin pendant 18 ans. / © ERIC PIERMONT / AFP

Avant de rejoindre le groupe Renault, Carlos Ghosn a fait ses armes chez Michelin, de 1978 à 1996. En 1981 il prend la tête du site de Blavozy, au Puy-en-Velay, pendant un an. Un ancien ouvrier réagit aux déboires judiciaires de l'homme d'affaires.

Par Solenne Barlot

Pendant les 18 premières années de sa carrière, Carlos Ghosn a travaillé pour le groupe Michelin. Tantôt à Clermont-Ferrand, tantôt en Amérique, l'homme d'affaire est également resté directeur du site de Blavozy, près du Puy-en-Velay, durant une année. Orand Maurice, aujourd'hui retraité, a travaillé pendant 40 ans dans l'atelier de fabrication du site altiligérien. Il se souvient d'un homme discret et ambitieux : " C'est quelqu'un qui aimait le pouvoir. On dit qu'il n'est pas resté longtemps car il voulait être le numéro 1, mais quand il a compris que le poste allait revenir à Édouard Michelin, le fils du patron, il n'a pas voulu rester à Clermont-Ferrand".

Un directeur intelligent et discret

Si son désir d'accéder à la tête de l'entreprise était visible, Orand Maurice se remémore également son intelligence et une certaine humilité : "Il était brillant, il parlait 7 langues, et il ne nous prenait pas trop de haut. Au début de sa prise de fonction, il descendait nous relever aux ateliers pour voir le fonctionnement. Il arrivait souvent avec 5 minutes de retard. Un jour un chef lui a dit "Mon grand, je ne sais pas qui tu es mais il va falloir arriver à l'heure !" Carlos Ghosn lui a répondu qu'il était le nouveau directeur. Il n'en a pas tenu rigueur au chef, il est même arrivé à l'heure les fois d'après!". Selon lui il était également perçu comme quelqu'un de posé, qui s'exprimait avec aisance.

"Au sommet des entreprises il y a toujours quelqu'un pour taper dans la caisse"

Les récents déboires judiciaires de son ancien directeur ont surpris Orand Maurice​​​​​​​ : " Le fait qu'il fuie au Liban alors qu'il s'était présenté comme originaire du Brésil, c'était étonnant. Après ça ne me surprend qu'un peu : au sommet des entreprises il y a tellement d'argent, il y a toujours quelqu'un pour taper dans la caisse, enfin je ne sais pas s'il l'a vraiment fait mais s'il est resté aussi longtemps en prison c'était sûrement fondé." D'après l'ancien ouvrier, il était impossible de prédire l'avenir de ce directeur discret et ambitieux.

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