Pour la première fois en France, l’IA au service de la langue des signes dans une école

Peu de personnes maîtrisent la langue des signes en France. L'apprentissage grâce à l’intelligence artificielle (IA) pourrait peut-être bientôt changer la donne. Une expérience unique en France vient d'être menée en ce sens dans une école primaire de Haute-Loire.

Imaginez une classe de langue des signes virtuelle, d’où vous pourriez accéder depuis n’importe quel endroit de la planète. C’est le projet mené par une entreprise toulousaine en collaboration avec la petite école publique de La Séauve-sur-Semène en Haute-Loire. Chose rare dans l’Education nationale, ici, l’apprentissage de la langue signes est une réalité depuis plusieurs années. « Ça peut nous aider. On a une population d’élèves hétérogène. On a des enfants autistes, d’autres qui ont un problème de comportement, d’autres qui sont très timides.. On s’est aperçu que la langue des signes pouvait améliorer tout ça » se félicite Frédéric Grillet, directeur de l'école publique Arc-en-Ciel.

Accompagner les enfants

Plongés dans un monde en 4D, grâce à un casque de réalité virtuelle, élèves et professeurs peuvent interagir. Rien de tel pour capter l’attention et créer un univers propice à l’apprentissage. Pour Loane qui a, par le passé, rencontré des problèmes d’audition, l’expérience est concluante. « C’est la langue que j’ai apprise depuis toute petite. Ça m’aide à la réapprendre et à reconnaître les signes. »

Un apprentissage visuel

Pallier le manque de professeurs de langue des signes, développer cet apprentissage auprès du plus grand nombre… pour le projet Elioz mené par deux développeurs eux-mêmes sourds, les débouchés sont nombreux : « Pour les sourds, ce qui est vraiment important, c’est que le cognitif est basé sur le visuel. Se plonger dans la réalité virtuelle est beaucoup moins abstrait. Ça donne de l’épanouissement car on rentre en connaissance, en 3D, directement dans l’objet », explique Yoann Soulié, formateur virtuel.

Aider les personnes sourdes

Son confrère Thomas Goudeneuve, professeur en langue des signes française, ajoute : « J’ai mon témoignage de vécu de sourd à l’école et quand j’utilise ces outils, ça ouvre des portes intéressantes. On pense que c’est quelque chose qui peut aider les sourds à l’école. » La petite école rurale devrait donc contribuer au développement du projet, elle qui, depuis quelques mois, a créé sa propre chaine de Web TV. Une chaîne qui, vous vous en doutez déjà, est entièrement traduite par les élèves en langue des signes.

On estime à un peu moins de 200 000 le nombre de personnes sachant parler la langue des signes en France. Au regard des quelque 7 millions de personnes sourdes ou malentendantes, cela peut paraître très peu.

-Propos recueillis par Laurent Cluzel pour France 3 Auvergne