Coronavirus COVID 19 : au Puy-en-Velay, la crise sanitaire pourrait enfin mettre le vélo sur la bonne piste

Au Puy-en-Velay, en matière de déplacement à vélo, "on part de loin", estime l'élue verte Céline Gacon (photo d'illustration) / © Rémy Perrin/MAXPPP
Au Puy-en-Velay, en matière de déplacement à vélo, "on part de loin", estime l'élue verte Céline Gacon (photo d'illustration) / © Rémy Perrin/MAXPPP

Le Puy-en-Velay, préfecture de Haute-Loire, est une ville en retard pour les déplacements à vélo. Manque de pistes cyclables, relief (une fausse excuse pour certains)… L’agglomération compte sur son service de location de vélos électriques, qui vient de rouvrir, pour changer cette image.

Par Gérard Rivollier

A l’occasion du dernier passage du Tour de France au Puy-en-Velay, en juillet 2017, le journaliste Denis Cheissoux sur France Inter n’était pas tendre avec la préfecture de Haute-Loire : "Le vélo au quotidien ne semble pas une priorité. La protection la plus sûre en ville restant le casque et la Vierge Noire si vous êtes copain avec elle", s'exclamait-il dans une chronique !
Aujourd’hui, alors que le service de location de vélos à assistance électrique redémarre, les élus de l’agglomération du Puy reconnaissent qu’il y a encore « beaucoup de travail à réaliser » mais affichent leur volonté de développer le vélo.

« Ici le cycliste est un sous-citoyen  ! »


Elue municipale d’opposition au Puy-en-Velay, membre d’Europe Ecologie Les Verts, Céline Gacon se déplace exclusivement à vélo au quotidien. Elle ne mâche pas ses mots et ses critiques. « En terme d’infrastructure, c’est lamentable ! Il y a eu des travaux récemment sur le boulevard Bertrand et les vélos n’y sont pas du tout en sécurité ! Par ailleurs, nous sommes la seule ville de France où l’on fait payer les parkings pour vélos ! ». L’élue verte n’hésite pas à dire qu’au Puy-en-Velay, celui qui se déplace à vélo est considéré comme un « sous-citoyen ». « L’agglo préfère privilégier les touristes pour la location de vélos électriques mais ne s’intéresse pas au vélotaf, à l’utilisation du vélo pour aller au travail ou faire ses courses ». « Par exemple, dit-elle encore, rien n’est prévu pour garer son vélo dans le centre-ville, rue Pannesac ou vers la mairie ». Et pourtant, selon elle, la ville est idéale pour se déplacer à bicyclette. « Dans la petite couronne, on suit les cours d’eau, c’est facile. Ce n’est pas un problème de topographie », affirme Céline Gacon.

La solution du vélo à assistance électrique


Face à cette volée de bois vert, Jean-Paul Bringer, vice-président de l’agglomération, chargé de la mobilité et des transports, répond que « le territoire a beaucoup progressé sur le sujet, le nombre de kilomètres de pistes cyclables augmente », mais il reconnait qu’ « il y a encore beaucoup de travail à réaliser ». Lui aussi, il pratique le vélo, pour le sport et pour se déplacer. Dans les réalisations, il cite le service Vélo-en-Velay, dont la boutique vient de rouvrir depuis le 12 mai. Lancé en 2018, ce service propose aujourd’hui plus de 40 vélos à assistance électrique en location. En ligne sur le site dédié ou à la boutique, on peut les louer à la semaine (12 euros) ou au mois (40 euros) et même au trimestre (100 euros mais seulement de septembre à avril).
https://www.citoyens.agglo-lepuyenvelay.fr
« Actuellement, tous nos vélos sont réservés », constate l’élu qui pense qu’il est encore trop tôt pour vérifier si la crise sanitaire a réellement dopé ce moyen de déplacement que l'agglomération encourage en ce moment. « L’an dernier, nous avons eu 133 utilisateurs. Cette année, jusqu’au début du confinement, nous en étions déjà à 45 ». Plus de la moitié de ces vélos électriques sont utilisés dans le cadre de déplacements domicile/travail. « C’est un service qui marche bien », observe Jean-Paul Bringer.

Une volonté de développer le vélo dans l’agglomération


Maxime Rolhion est un utilisateur régulier de Vélo-en-Velay. Il loue un vélo à assistance électrique pour emmener ses deux enfants à l’école avec une petite remorque ou pour se rendre dans la librairie où il travaille, dans le centre. Des petits trajets quotidiens. « La formule est assez économique, Le Puy-en-Velay est une petite ville qui se prête bien à cette pratique ». Avec sa compagne, ils ont d’ailleurs vendu l’une de leurs deux voitures et ils ne le regrettent pas !
Mais pour lui, « c’est un cercle vicieux » : il y a un manque d’infrastructures donc peu de cyclistes et des automobilistes qui ne font pas toujours bien attention aux vélos. « Dans le quartier du Breuil, la grande place de la ville, le vélo n’a pas sa place », dit Maxime qui voit régulièrement des cyclistes emprunter les trottoirs pour se sentir plus en sécurité. « Accéder au centre-ville est compliqué, on a l’impression que ce qui est fait pour le vélo n’est pas très cohérent, c’est plus pour le vélo loisir que pour se déplacer en ville ».
Jean-Paul Bringer rétorque que les élus locaux ont une réelle volonté de développer la pratique du vélo. « La communauté d’agglomération a été retenue lors d’un appel d’offre de l’Etat et une étude est en cours pour proposer des actions et se déplacer à vélo en toute sécurité », précise-t-il. L’élu de Brives-Charensac cite dans les priorités l’aménagement d’une piste des rives du Dolaizon jusqu’à Vals-près-le-Puy ou la prolongation de la piste cyclable de la Borne jusqu’à Espaly-Saint-Marcel. Il évoque aussi l’intégration du vélo dans tous les travaux de voirie, comme cela a été le cas pour l'avenue André Soulier au Puy. « Certes des petits tronçons mais il faut aller plus loin », concède-t-il.
L’élue verte d’opposition Céline Gacon, elle, voudrait qu’on envisage de laisser certaines voies peu fréquentées aux vélos et aux déplacements doux comme la marche à pied. En attendant, suggère-t-elle, « des aménagements qui ne coûtent rien pourraient se faire, comme un marquage au sol devant les feux tricolores pour éviter que les automobilistes ne se collent aux cyclistes ». Il y a une quelques années, l’équipe municipale de gauche, alors à la tête de la mairie du Puy-en-Velay, avait présenté un plan d’aménagement de pistes cyclables, mais ce plan était resté sans suite face à l’opposition de certains commerçants et de certains élus minoritaires devenus aujourd’hui majoritaires.

« Coup de pouce vélo »

 Afin de booster l’usage du deux-roues et de favoriser ce mode de déplacement, un budget de 20 millions d’euros a été débloqué par le Gouvernement, permettant notamment aux français qui souhaitent faire réparer leur bicyclette de bénéficier d’un chèque réparation de 50 euros (hors taxes).
Il faut s'adresser à un réparateur agréé (il en a 6 en Haute-Loire dont 3 dans le bassin du Puy-en-Velay).
https://coupdepoucevelo.fr/auth/home
Les conditions à respecter pour pouvoir bénéficier de cette aide sont les suivantes : 
· Contacter par mail ou par téléphone le réparateur affilié de votre choix pour prendre rendez-vous. 
· Se munir d’un justificatif d’identité (CNI, passeport, permis de conduire, titre de séjour…). 
· Venir avec son téléphone et présenter le code reçu par SMS. 
· Cette aide ne pourra être demandée qu’une seule fois par vélo jusqu’au 31 décembre 2020

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