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René Pagis, l'ex-procureur du Puy-en-Velay (43) retrace sa carrière

René Pagis a été gendarme, procureur, juge d’instruction et juge pour enfants. Quarante ans de souvenirs qu'il raconte dans un livre paru début avril. Un ouvrage intitulé "Dans la salle des pas perdus".
"Dans la salle des pas perdus" est sorti le 3 avril 2017 aux éditions De Borée.
"Dans la salle des pas perdus" est sorti le 3 avril 2017 aux éditions De Borée. © Kamel Tir
"Dans la salle des pas perdus" c’est le titre de l’ouvrage de René Pagis, publié le 3 avril, aux éditions De Borée. Un livre dans lequel il revient sur les évènements qui ont marqué son carrière. Fils d’agriculteurs auvergnats, il a franchi presque tous les grades de la gendarmerie avant une seconde carrière dans la justice. Juge d’instruction, puis juge des enfants, il a ensuite exercé en tant que procureur de la République dans plusieurs départements, notamment au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Dans cet ouvrage, il livre des récits poignants et souvent dramatiques. Parmi les affaires qui l’on profondément marqué celle d’Agnès. Cette collégienne de 13 ans a été violée et assassinée, en 2011 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), par un lycéen de 17 ans. Il a dirigé l’enquête au moment de sa disparition. Dans son livre il écrit : "C’est un de ces dossiers qui me marque au fer rouge, qui fait de moi un être différent".

Invité sur notre plateau lundi dans le 19/20, il explique : "Ça m’a laissé un sentiment difficile à assumer. On fait son travail sur le moment, on assume de la façon la plus professionnelle possible. C’est long, c’est difficile. On a de l’espoir, on recherche une jeune fille qui a disparu. Puis on a un résultat très dur, très difficile, surtout les parents. J’ai eu ce moment extrêmement difficile à vivre, où il faut les yeux dans les yeux annoncer à un papa et une maman que nous avions découvert le corps de leur enfant".

Dans son livre il évoque des affaires dramatiques comme celles-ci mais aussi des anecdotes plus légères même drôles comme celle avec l’écrivain René Fallet, rencontré dans les années 70 lorsqu’il commande une brigade dans l’Allier. Il raconte : "Cet homme était d’une mouvance non conformiste, un peu anarchique, et le gendarme avec son uniforme n’était pas son partenaire privilégié. Il me poursuivait avec un pistolet à bouchons pour faire rire les gens. Il aimait bien la plaisanterie".

Dans son livre, René Pagis avance également des pistes pour réformer la justice. Il déclare : "La justice a besoin d’autre chose que de la remise en cause de l’intégrité et de l’honnêteté des magistrats. On entend beaucoup cela et c’est dramatique. Cela me met en colère et me rend très triste. Les magistrats sont honnêtes et intègres. Mais ils travaillent dans des conditions épouvantables. Le Garde des Sceaux actuel a lui-même dit que la justice était sinistrée. On frôle le chiffre de 69 000 détenus pour 58 000 places dans les prisons françaises. On fait partie des justices les plus pauvres d’Europe".
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