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Bouquetins du Bargy: l'abattage autorisé par la préfecture de Haute-Savoie pour lutter contre la brucellose

Selon un arrêté préfectoral pris, ce mercredi 16 septembre, l'Etat autorise la "capture" et l'"euthanasie" de 200 à 250 bouquetins dans le massif du Bargy. En cause, la brucellose. Les associations de protection dénoncent un "mauvais scénario".
© Bosay / wikipedia.org
La préfecture de la Haute-Savoie vient d'autoriser l'abattage d'une grande partie du cheptel de bouquetins dans le massif du Bargy. Il s'agit toujours de lutter contre la brucellose, cette maladie infectieuse qui menace les animaux de ferme. Le préfet souhaite seulement préserver "une soixantaine de bouquetins sains" dans le massif qui sera ainsi progressivement "repeuplé à partir de ce noyau de bouquetins indigènes, indemnes de brucellose".

Cette décision a provoqué la colère de quatre associations de protection et de défense de la nature (France Nature Environnement, LPO, Frapna et Aspas) qui, dans un communiqué commun, s'insurgent d'un "abattage massif" faisant fi de l'avis réservé du Conseil national de protection de la nature (CNPN), une commission à caractère consultatif.

Reportage Cédric Lepoittevin et Christian Mathieu
durée de la vidéo: 01 min 42
PLAN BRUCELLOSE

Les mesures d'abattage devraient cibler de 200 à 250 bouquetins, d'où l'émotion. "Les études conduites par une quinzaine d'experts européens réunis par l'Anses, entre octobre 2014 et juillet 2015, ont permis de démontrer que l'abattage massif, rapide, non différencié, loin de réduire la maladie a pour conséquence d'augmenter les risques notamment par l'éparpillement des animaux", expliquent les associations.

Empêcher ce mauvais scénario"

Contrairement à l'arrêté préfectoral qui met en avant la protection de la santé publique et la prévention de "dommages à l'élevage et aux filières agricoles de montagne", France Nature Environnement, la LPO, la Frapna et l'Aspas considèrent que les "bouquetins du Bargy ne représentent pas un danger significatif pour le cheptel domestique et que le risque actuel pour l'homme est 'quasi-nul'".

Les associations qui se réservent "la possibilité d'user de tous les moyens légaux pour empêcher ce mauvais scénario", préconisent "une élimination progressive des animaux positifs, sur quelques années, et une vaccination préventive" en lieu et place de l'abattage décidé par la préfecture.

A l'automne 2014, la préfecture de la Haute-Savoie, qui avait initialement prévu l'abattage total des bouquetins du massif du Bargy, avait fait machine arrière à la demande de la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal. Les services de l'État s'étaient orientés vers un abattage ciblé des seuls bouquetins malades qui auront été repérés après un dépistage. 
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