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Avion de tourisme au Mont-Blanc : le pilote avait commis la même infraction deux jours plus tôt

Un avion de tourisme suisse s'est posé illégalement au pied du Mont-Blanc, mardi 18 juin. / © Laurent Leemans / DR
Un avion de tourisme suisse s'est posé illégalement au pied du Mont-Blanc, mardi 18 juin. / © Laurent Leemans / DR

INFO FRANCE 3. De nouvelles accusations pèsent sur le pilote qui a atterri illégalement au pied du Mont-Blanc, mardi 18 juin. Le Suisse, qui avait commis la même infraction le dimanche précédent, est maintenant soupçonné d'être un "guide marron" et risque jusqu'à 7 500 euros d'amende.

Par France 3 Alpes

Le pilote qui a atterri au pied du Mont-Blanc dans un avion de tourisme, mardi 18 juin, n'en était pas à son coup d'essai. Deux jours avant qu'il se fasse surprendre en flagrant délit par les gendarmes du PGHM de Chamonix, le Suisse s'était déjà posé au même endroit, à 4 450 mètres d'altitude, sans se faire repérer. Et contrairement à ce que laissaient apparaître les premiers éléments de l'enquête, le récidiviste risque gros.
 

Son très médiatique atterrissage de mardi a provoqué la colère du maire de Chamonix, Eric Fournier, qui évoque un comportement "proprement inadmissible" qui "constitue une atteinte intolérable à l'environnement de haute montage"L'édile a porté plainte pour "infraction caractérisée au code de l'environnement et à la législation attachée au Site Classé du Massif du Mont Blanc".

Le suspect sera donc entendu dans la semaine par les enquêteurs du PGHM de Chamonix mais pour un tel chef d'accusation, il risque une contravention de... 38 euros. Mais c'était sans compter sur les nouveaux éléments découverts par les enquêteurs.

Selon une source proche du dossier, le pilote n'avait pas de plan de vol en décollant de l'aérodrome de Genève, ce qui induit qu'il n'a pas non plus déclaré de point d'entrée dans l'espace aérien français. Une grave infraction qui, si elle est avérée, pourrait lui coûter sa licence de pilote côté France.

 

Jusqu'à 7 500 euros d'amende


Et ce n'est pas tout : le Suisse est soupçonné d'exercice illégal de la profession de guide de haute montagne, d'après cette même source. Dans le milieu de la montagne, on appelle cela un "guide marron", un faux professionnel qui emmène des clients en randonnée sans diplôme, ni droit d'exercer.

Une affiche publicitaire identifiable sur son avion lui vaut aussi des poursuites pour "publicité illégale sur un site classé". Il risque maintenant jusqu'à 7 500 euros d'amende, bien loin des 38 euros évoqués à l'origine par le procureur. Encore faut-il que les faits puissent être prouvés.
 

Pour rappel, le pilote Suisse accompagné d'un passager s'était posé sur la pente nord/nord-est du Mont-Blanc pour entreprendre l'ascension du toit de l'Europe. "Choqué et étonné de cette pratique", le colonel Stéphane Bozon qui dirige le PGHM de Chamonix expliquait n'avoir jamais vu d'avion se poser à cet endroit avec "quelqu'un qui sort avec cordes, crampons et piolets pour faire un sommet".

Après cet incident, le maire de Chamonix a estimé que cette affaire "mettait en évidence la nécessité d'actualiser l'arsenal juridique et réglementaire" pour empêcher la répétition d'un tel acte. La commune va proposer l'interdiction de pratiques "en total décalage avec la qualité environnementale du Massif du Mont-Blanc et les usages en vigueur en montagne", comme le "touch and go" ou l'atterrissage à des fins de loisir sur les glaciers d'Argentière et du Tour.

 

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