A Chamonix, la fraîcheur d'octobre pourrait mettre fin à une série de 16 mois les plus chauds jamais enregistrés

Depuis juin 2019, la station météo de Chamonix relève chaque mois des températures au-dessus des normales de saison, confirmant une tendance nationale. La fraîcheur d'octobre pourrait mettre fin à cette série – seize mois de relevés au-dessus des normales – d'une longueur inédite.
La mer de glace, à Chamonix, lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 13 février.
La mer de glace, à Chamonix, lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 13 février. © DENIS BALIBOUSE / POOL / AFP
Voilà seize mois que Chamonix a chaud. Voire très chaud. Avec un à trois degrés en moyenne au-dessus des températures normales de saison, la station haut-savoyarde n'a pas fait exception à la tendance globale : depuis juin 2019, les relevés n'ont jamais indiqué des moyennes aussi élevées durant si longtemps.

Au mois de décembre 2019 par exemple, l'écart entre les températures relevées à la station météorologique de Chamonix-Mont-Blanc et les normales de saison étaint de 3,8 degrés, soit une température mensuelle moyenne de 2,2 degrés contre une normale de -1,5 degrés (les normales sont calculées sur une période de trente ans, de 1980 à 2010). Il s'agit de l'écart maximal entre les deux courbes signalé durant cette période. Au cours de ces seize mois, l'écart oscille entre 0,3 et 3,8 degrés positivement à la normale.
 
Conséquence de cet écart positif de températures en Haute-Savoie : les éboulements sur la mer de glace, le plus grand glacier des Alpes françaises dont la superficie ne cesse de se réduire, sont de plus en fréquents. En août, Stéphane Comte, guide de haute-montagne, en a filmé un. "A l'échelle d'une vie, ou même d'une carrière de guide, j'ai vu que la montagne avait vraiment changé. On constate qu'il y a une accélération du phénomène", témoigne-t-il.

Globalement, les scientifiques s'accordent à dire que les effets du changement climatique sont plus marqués dans les régions montagneuses qu'ailleurs. D'ici 2100, le Giec prévoit la disparition de 90% des 4 000 glaciers alpins si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel.
 
A l'échelle nationale, l'écart le plus important – 3,6 degrés de différence entre la moyenne mensuelle relevée (9,34 degrés) et la normale (5,74 degrés) – est survenu en février. 

Le mois d'octobre, malgré l'épisode de redoux de cette semaine, pourrait cependant mettre fin à cette inquiétante série. Il a fait 12,75 degrés en moyenne en France ce mois-ci (les calculs ont été effectués par Météo France jusqu'au 21 octobre), soit 1,44 degrés de moins que la normale : 14,19 degrés. Une telle fraîcheur à cette période n'a pas été observée depuis 1992.
 
Pour autant, 2020 reste en lice pour décrocher la palme de l'année la plus chaude jamais connue, qui appartient pour l'instant à 2018. 
 
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