Coronavirus : en Haute-Savoie, plus de 500 couturières bénévoles confectionnent des blouses pour les soignants

Plusieurs centaines de couturières bénévoles ont répondu à l'appel des soignants en manque de blouses en Haute-Savoie. Un réseau de bénévoles s'est formé, ils doivent aujourd'hui confectionner près de 2 000 pièces.
Plus de 500 couturières ont répond à l'appel des soignants en Haute-Savoie pour leur confectionner des blouses.
Plus de 500 couturières ont répond à l'appel des soignants en Haute-Savoie pour leur confectionner des blouses. © France 3 Alpes
C'est une folle organisation qui s'est mise en place en Haute-Savoie. Alors que les stocks de masques cristallisent toutes les inquiétudes, des soignants alertent aussi sur un manque de blouses, dont les besoins sont décuplés depuis le début de la crise sanitaire du nouveau coronavirus (Covid-19). Pour "anticiper d’éventuelles ruptures de stock", plus de 500 couturières se sont passé le mot dans tout le département, formant un grand réseau de bénévoles à l'organisation millimétrée.

Un groupe de "petites mains habiles", comme elles se surnomment elles-même sur leur groupe Facebook "Des blouses pour l'hôpital". Approvisionnement en matériel, plannings, livraisons... Rien n'est laissé au hasard. Il faut dire que le carnet de commandes est bien rempli : 2 000 blouses doivent être livrées au centre hospitalier Alpes-Léman (Chal) dans les 10 jours à venir et un approvisionnement régulier est assuré pour des cabinets d'infirmiers de ville. Bref, le compte a rebours est lancé.

Pour honorer ces commandes dans les temps, de nombreux bénévoles se mobilisent à l'image de Martin et France qui livraient les couturières bénévoles en matériel dimanche 13 avril. Près de 200 blouses, 95 mètres linéaires d'élastiques, 342 mètres de tissus... Et quelques heures de piquage à venir pour Aurélie, première couturière du jour à recevoir son matériel. "Les médecins font beaucoup de choses et nous, comment on peut les aider ? En restant chez nous, d'accord, mais quoi d'autre ? Voilà comment ça s'est mis en place, pour mettre un savoir-faire à disposition des autres", estime la bénévole.

 

L'appel d'une médecin


La mobilisation des 531 couturières haut-savoyardes s'est organisée en moins d'une semaine : un tutoriel a été mis au point et une trentaine d'équipes se sont bâties. Résultat : plus de 600 blouses ont déjà été livrées au Chal, établissement ressource qui fournit les bénévoles en matériel et répartit ensuite les blouses. L'idée est partie d'une médecin généraliste qui avait lancé un appel au don de matériel largement relayé sur les réseaux sociaux le 23 mars.
 
Tutoriel pour la confection d'une blouse de protection médicale

"C'est un petit peu le système D, ce qui nous a permis de voir que la population était extrêmement solidaire et réactive, résume la docteure Nathalie Risler Testard. Mais c'est quand même un petit peu décevant de se dire qu'on est forcés de passer par ce système, et pas par une organisation déjà établie. Ca nous servira sûrement pour des choses futures."

Membres à part entière de cette organisation, les chefs d'équipe centralisent tissus et blouses. Jeudi, ce collectif livrera plus de 400 pièces. Une véritable entreprise. "On a dû apprendre à industrialiser un processus, explique Caroline Schijven, bénévole couturière. On n'est pas sur quelques blouses, on est sur un volume de plus de 2 000 blouses. Tous les établissements de France, aujourd'hui, consomment trois à six fois plus de blouses que la normale, donc il n'y a pas le stock nécessaire, la production qui suit derrière pour pouvoir répondre à la demande."

Et pendant ce temps, les petites mains n'arrêtent pas. En y repensant, jamais Gwenolée et Viviane, les premières couturières, n'auraient imaginé être tant suivies. Plus de 1 600 blouses sont en cours de confection et toute aide reste la bienvenue. Les personnes souhaitant se joindre au collectif peuvent déposer leur candidature sur le site "Des blouses pour l'hôpital".
 
Coronavirus : plus de 500 couturières bénévoles confectionnent des blouses pour les soignants

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société solidarité confinement : envie d'évasion