Un Italien arrêté au tunnel du Mont-Blanc pour avoir pris des sans-papiers en covoiturage

Un Italien résidant en France a été arrêté début août près du tunnel du Mont-Blanc. Sans qu'il le sache, ses deux covoitureurs Blablacar étaient sans-papiers, ce qui lui a valu une condamnation.

Le conducteur et ses passagers se rendaient à Rome depuis Paris.
Le conducteur et ses passagers se rendaient à Rome depuis Paris. © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Arrêté du côté italien du tunnel du Mont-Blanc le 10 août, un automobiliste italien a été condamné en Italie pour avoir convoyé depuis la France deux clandestins via le site de covoiturage BlaBlaCar.


Dans l'illégalité malgré lui


Selon des articles parus dans la presse italienne en août, le jeune homme a été condamné par un juge d'Aoste après un contrôle survenu à Courmayeur, du côté italien du tunnel du Mont-Blanc, pour avoir transporté une Ivoirienne sans-papiers et un Marocain demandeur d'asile en France, ce qu'il ignorait.

Il a écopé de neuf mois de prison et 24.000 euros d'amende, le tout avec sursis, pour aide à l'entrée illégale en Italie et sa voiture lui a été confisquée.

Cet Italien de 26 ans, domicilié en France, avait quitté la région parisienne le 10 août en direction de Rome avec sa compagne et ces deux voyageurs qui les avaient contactés via la plateforme BlaBlaCar, a raconté la jeune femme, Charlène, à Franceinfo vendredi. Sur demande des policiers italiens à la frontière, "on a présenté notre pièce d'identité", a-t-elle relaté.

"Quand ils ont vu qu'il y avait un des passagers qui faisait mine de chercher la sienne et qu'il ne la trouvait pas, ils l'ont conduit au poste de police pour vérifier son identité. Il s'est avéré que les deux passagers essayaient de rentrer clandestinement en Italie. Ils étaient sans papiers", a-t-elle poursuivi.

 

Pas de changement de politique pour Blablacar



Le jeune conducteur, Andrea, avait été interpellé dans la soirée du 10 août et jugé en comparution immédiate le lendemain, selon la radio. Selon le quotidien La Stampa, les deux étrangers ont été expulsés. "C'est une situation extrêmement isolée. C'est la première fois qu'on est confronté à une situation de cette ampleur avec les autorités italiennes", a réagi un porte-parole de BlaBlaCar, Robert Morel. "A chaque trajet transfrontalier, on rappelle les précautions via l'envoi automatique des recommandations. Après, c'est aux gens de faire attention sur ce type de trajet."

"En tant que conducteur, vous êtes en droit de vous assurer que chaque passager dispose de documents d'identité en cours de validité" avant un trajet transfrontalier, indique la plateforme sur internet. "Demander ces informations peut sembler délicat mais cela reste recommandé dans certains cas".

Le porte-parole de BlaBlaCar a assuré que ce cas "isolé" ne mènerait à aucun changement de politique. Selon lui, "d'autres cas" de ce type se sont toutefois déjà produits "en Allemagne et en Hongrie", "où les amendes étaient beaucoup plus faibles". 
 
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