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Le cinéma “charnel” de Florence Miailhe célébré au Festival international du film d'animation d'Annecy

© DR
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En neuf courts métrages, son coup de pinceau atypique et sa vision du monde ont marqué le paysage de la "peinture animée": la réalisatrice Florence Miailhe recevra le 20 juin un Cristal d'honneur, à l'occasion du 39e Festival du film d'animation d'Annecy.

Par AFP

Cinéaste rare, cette ancienne pensionnaire de l'École nationale supérieure des arts décoratifs s'est distinguée dès ses débuts par une écriture, un style graphique et une sensibilité qui la démarquent aujourd'hui encore de ses contemporains.

"C'est une reconnaissance à laquelle je ne m'attendais pas. Je suis très touchée. Je la prends davantage comme la récompense d'un travail en cours depuis vingt ans. Car j'ai encore plein de films à faire !", confie-t-elle.

Poussée par le peintre et réalisateur Robert Lapoujade, elle a une trentaine d'années lorsqu'en 1991 elle réalise "Hammam", son premier court-métrage qui raconte tout en sensualité la première visite de deux jeunes filles dans un établissement de bains de vapeur.

Dès lors, cette Parisienne de 59 ans issue de la gravure, de la peinture et de l'illustration, n'a eu de cesse d'affirmer son style où le réel et l'observation du quotidien, qui servent de base à ses récits, sont transfigurés par l'imaginaire.

Dans ses oeuvres, ses dessins au pastel, à la peinture ou à base de sable prennent vie, emportant décors et corps de femmes opulents dans un ballet poétique de matières et de couleurs.

"Le fait de pouvoir raconter des histoires en donnant vie aux images m'a toujours fascinée. Très jeune, j'étais déjà intéressée par le contact direct avec la caméra. J'aime le côté sans filet qu'il y a à faire bouger une image au fur et à mesure", explique-t-elle.

L'animation, du cinéma destiné à tous"

Après "Shéhérazade" (1995) et "Histoire d'un prince devenu borgne et mendiant" (1996), la carrière de la cinéaste connaît une reconnaissance internationale avec "Au premier dimanche d'août", César du meilleur film d'animation en 2002, et "Conte de quartier", mention spéciale du jury au Festival de Cannes en 2006.

"S'il y a une réalisatrice dont la sensibilité féminine exacerbée transparaît dans le travail, c'est bien Florence Miailhe. Je ne vois pas comment un homme aurait pu réaliser de la manière dont elle l'a fait un film comme Hammam", souligne Patrick Eveno, directeur du festival d'Annecy, qui a souhaité récompenser son "apport remarquable" au genre.

Sur la question de la place des femmes dans l'animation, un des thèmes de cette 39e édition, la réalisatrice se dit "concernée, mais pas militante". Elle regrette que de talentueuses jeunes cinéastes aient "toujours à prouver leur valeur" et que "si peu d'entre elles" passent le cap du long métrage.

À l'heure où l'image animée envahit le paysage audiovisuel et internet, Florence Miailhe déplore aussi que "la plupart des gens continuent à considérer l'animation comme un art destiné aux enfants", même si "c'est une image qui commence à s'inverser". "Il est important de continuer à se battre pour montrer que l'animation est avant tout du cinéma destiné à tous", détaille-t-elle.

Depuis six ans, la cinéaste s'est mise en quête de financements pour réaliser son premier long métrage, un road-movie de deux enfants en migration "ancré dans la réalité d'aujourd'hui mais faisant référence à des mythes et à des contes".

"Deux enfants partiront d'un pays qui pourrait ressembler à l'Ukraine des années 1905 (celles de la révolution russe, ndlr) et arriveront aux frontières de pays qui ressemblent aux nôtres: où les migrants sont retenus aujourd'hui dans des camps de rétention", précise-t-elle.

Pour sa 39e édition, le Festival international du film d'animation d'Annecy, qui dure jusqu'à samedi, consacre une rétrospective aux films de Florence Miailhe et un cycle de projections aux "pionnières" du genre.

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