Les cinéastes amateurs de Savoie, Colette ou l'amour de la terre

Cette semaine France 3 Alpes vous invite à découvrir les cinéastes amateurs. Ceux dont on ne parle pas forcément et dont on ne voit pas toujours les images. Rencontre avec Colette Vibert-Guigue, cultivatrice éprise de cinéma dans le Beaufortain. 

Notre série de l'été de cette semaine est consacrée aux cinéastes régionaux amateurs. La Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain a recueilli les images de plusieurs d'entre eux à l'occasion d'un DVD intitulé "Feuilleton d'une mémoire heureuse", produit avec Kanari Films

Il s'agit d'une série documentaire de dix épisodes composée de films amateurs tournés dans l'après guerre de 1940 à 1970. 

L'année 1970, c'est à ce moment que Colette Vibert-Guigue décide de s'acheter une caméra. Elle a 29 ans, est cultivatrice, vit à Beaufort. Elle n'a pas beaucoup d'argent. Pour se payer son petit matériel, elle va travailler sans relâche. 

"Il a fallu que j'entretienne les routes pendant longtemps pour me payer la caméra, la visionneuse, la colleuse, le projecteur", raconte Colette. 

Dès lors, la jeune femme ne se sépare plus de sa caméra. Et pourtant, le travail de la terre est rude. C'est l'époque du labour manuel, rythmé par les saisons. Peu de temps avant la mécanisation.


Les images récoltées sont superbes. Les souvenirs, émouvants. Colette a filmé sa mère, son père, son neveu...

"Le travail était pénible, mais il y avait une vraie entraide dans le hameau, très forte" se souvient Colette. Pendant de nombreuses années, ses films demeureront dans la sphère familiale. Jusqu'au documentaire de la Cinémathèque des Pays de Savoie.

"Je ne voulais pas montrer mon film parce que je n'aurais pas supporté que des personnes étrangères à notre vie se moque de notre façon de vivre"... confie Colette. "Maintenant le temps a passé,  je me rends compte que mon film peut montrer aux autres comment leurs 'ancêtres' vivaient... Quelque part, c'est une leçon de vie". 


Poursuivre votre lecture sur ces sujets
cinéma histoire