Suisse. Un label "zéro frontalier", la dernière idée d'Eric Stauffer du MCG

Provocateur avant tout, mais penseur du Mouvement Citoyen Genevois, le député suisse Eric Stauffer a déposé un projet de loi pour créer un label qui mettrait en valeur les entreprises helvètes "virtueuses" qui n'emploient que des travailleurs du cru! Frissons.  

C'est à Onex, commune suisse du Canton de Genève, que l'affaire du label a commencé. La première salve du MCG a pris la tournure d'une campagne d'affichage où était écrit: "Onex ville de progrès: commune zéro frontalier". La Ville a condamné ce geste dans un communiqué et les affiches ont été recouvertes par des tracts de SolidaritéS, un parti anticapitaliste. 

Dans le même temps, Eric Stauffer, conseiller sur la commune, a fait du bruit autour de sa proposition de loi déposée au Grand Conseil. Il propose la création d'un label à afficher sur les devantures des entreprises où le pourcentage des employés résidant dans le canton serait signalé! C'est le "made in" appliquée aux hommes pour contrer les travailleurs frontaliers étrangers, principale cible du MCG durant les campagnes électorales.

Dans certains communes du Tessin suisse, des entreprises affichent déjà des autocollants où le pourcentage des employés du cru est indiqué. Cette loi ne passera sûrement pas, les politiques "traditionnels" de Genève sont réputés pour leur modération. Ils se feront en outre un plaisir de barrer la route à une proposition du MCG qui devient leur bête noire depuis que le parti progresse dans les urnes. 

Reportage Ariane Combes-Savary et Vincent Habran

Intervenants : Eric Stauffer, MCG; Patrick Moene, travailleur frontalier; Jean-Fronçois Besson, directeur Groupement transfrontalier européen; Carole-Anne Kast, présidente Parti Socialiste Genevois

A quand le F cousu sur l'habit de travail? 

Mais les actions du MCG minent de plus en plus les travailleurs frontaliers. Il suffit de jeter un oeil sur le site internet du Groupement Transfrontalier Européen pour le comprendre. Une adhérente écrit: "A quand la prochaine étape du brassard ou du F cousu sur l'habit de travail?". Et cette Française rappelle: "Je suis française, infirmière, frontalière. On est venu me chercher il y a juste trente ans dans mon école à Lyon pour que je travaille dans ce qui était alors l'Hôpital Cantonal".