Afra, une femelle ibis chauve égarée en Isère lors de sa migration, a été abattue par des tirs italiens

L'oiseau, en danger d'extinction, avait été retrouvé à Vif en raison d'une erreur de migration. Recueilli par le centre de sauvegarde de la faune sauvage, il avait ensuite pu continuer son vol. Lundi, la LPO a annoncé qu'Afra avait été abattue par des tirs italiens, un chasseur, selon l'association.

Une femelle Ibis chauve avait été accueillie le 5 septembre par le centre de sauvegarde de la faune sauvage en Isère.
Une femelle Ibis chauve avait été accueillie le 5 septembre par le centre de sauvegarde de la faune sauvage en Isère. © Claude Gross
Afra, digne représentante des ibis chauves, une espèce en danger d'extinction classée sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), s'était égarée en Isère le 5 septembre alors que, tentant d'achever sa migration, elle visait la Toscane. 

Trouvée dans un champ à Vif, cette femelle de deux ans a été recueillie pour une nuit par le centre de sauvegarde et de protection de la faune sauvage isérois, avant de repartir pour l'Italie. Afra n'a malheureusement pas pu achever sa migration transalpine. Lundi 16 novembre, la Ligue de protection des oiseaux a annoncé que l'ibis chauve avait été "retrouvée morte en Italie." "L'autopsie a confirmé qu'elle avait été tuée par un chasseur", précise l'association. De son côté, la fédération de chasse iséroise affirme que "si l'autopsie a révélé la présence de plombs, aucune enquête ou condamnation ne confirme que l’auteur du tir soit un chasseur".
 
Afra faisait partie d'un projet de réintroduction, financé par le programme européen Life + Biodiversity. Au cours de l'étude préliminaire au projet, "environ 60% des décès (50 animaux) étaient dus à des meurtres en Italie". Par conséquent, une partie du programme consiste à obtenir "un soutien [des] grandes associations de chasse italiennes", précise Waldrappteam.

Une population d'oiseaux provenant d'un parc zoologique autrichien est petit à petit réintroduite dans son environnement naturel. Chose difficile, car pour entraîner les jeunes ibis aux longues distances et leur inculquer une nouvelle route migratoire évitant les lieux de braconnage, l'équipe doit utiliser des ULM, comme l'explique WWF


La LPO avait alerté les chasseurs 

Le parcours de la jeune femelle ibis chauve – capable de vivre une trentaine d'années – était donc étudié par une équipe d'ornithologues. "[Ils] suivaient son parcours de près et se sont inquiétés la semaine dernière de ne plus avoir de signal, alors que l'oiseau était en Italie", explique la Ligue de protection des oiseaux d'Auvergne-Rhône-Alpes. L'association avait pourtant alerté les chasseurs en septembre afin qu'ils identifient clairement leur cible avant de tirer. Cet échassier, friand d'habitats rocheux, étant "relativement vulnérable en ces temps de chasse". 

L'ibis chauve, autrefois commun en Europe et en Méditerrannée, a disparu du continent au XVIIe siècle, victime d'une chasse abusive, de collectes d'oeufs ou encore des répercussions des pesticides. Une centaine de couples vit au Maroc, dans le parc national de Souss-Massa, soit environ 580 volatiles au total, selon le rapport de reproduction de 2015.
 
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