Cancer. Elles créent des maillots de bain conçus pour les femmes amazones qui ont subi une ablation du sein

C’était il y presque un an, le 7 juillet 2019, les membres de l’association "Complètement Femme" se baignaient au lac de Paladru en Isère avec des maillots de bain adaptés à leur morphologie. Il s’agissait encore de prototypes.

Aujourd’hui, sur les 20 000 mastectomies pratiquées chaque année en France, seulement 25 % des patientes font le choix de la reconstruction mammaire.
Aujourd’hui, sur les 20 000 mastectomies pratiquées chaque année en France, seulement 25 % des patientes font le choix de la reconstruction mammaire. © Complètement Femme

Aujourd’hui , face à la demande, elles lancent une campagne de financement participatif sur le site Ulule pour en réaliser en plus grand nombre.

"Actuellement, il n’existe que des maillots de bain avec une poche pour placer une prothèse. C’est inconfortable et surtout nous voulions que les femmes qui n’ont qu’un seul sein puissent se sentir à l’aise et bien dans leurs corps sans forcément de prothèse externe, très désagréables lorsqu’on se baigne !".

Pour Valerie Blondeau, co-fondatrice de l’association "Complètement Femme": "il s’agit de combler un manque, et répondre aux demandes de femmes qui comme elles n’ont qu’un seul sein et qui se sont manifestées après la diffusion du reportage sur leur baignade au lac de Paladru, suivies d’autres baignades baptisées "Toutes à l’eau avec ou sans lolos".

"Suite à ces baignades, et cette campagne de communication, beaucoup de femmes, qui ne souhaitent pas de reconstruction mammaire et qui ne sont pas à l’aise avec les maillots que l’on nous propose, nous ont demandé de développer les prototypes que nous avions créés avec les deux autres co-fondatrices de l’association."

Pour répondre à ces demandes, deux maillots ont été dessinés : une brassière et un maillot une pièce, tous deux fabriqués exprès pour un seul sein, dissymétriques et sans supports pour prothèses. Les fondatrices de l’association ont ensuite passé l’année à chercher les fabricants et les tissus adaptés à leur demande.

Des recherches fructueuses qui ont abouti chez un fabricant de Bourg en Bresse, l’atelier 7 Fashion, composé d’anciennes couturières de chez Lejaby. Le tissu est un tissu haut de gamme, très confortable, conçu par la société Sofileta de Bourgoin-Jallieu.

 

Des maillots "uni-sein"


Des maillots "uni-sein", qui seront ensuite réalisés dans un sens ou dans l’autre, selon la demande et dont les couleurs seront lumineuses… comme les femmes qui les porteront ! 
 
Le prix du maillot une pièce sera de 110 euros, 55 euros pour la brassière, mais les prix pourraient diminuer si l’engouement est là. 
 

Des maillots "uni-sein", qui seront ensuite réalisés dans un sens ou dans l’autre, selon la demande...
Des maillots "uni-sein", qui seront ensuite réalisés dans un sens ou dans l’autre, selon la demande... © Complètement Femme


Et il devrait l’être car depuis que l’association a été créée il y a un an, les témoignages de femmes qui n’ont qu’un seul sein se multiplient et les abonnements à leur page Facebook ne cessent d’augmenter.
 
"Beaucoup de femmes amazones souffrent du regard des autres" explique Pascale Contrino, co-fondatrice de l’association Complètement Femme.
"Il faut que le message passe aujourd’hui, que les choses changent. Il faut expliquer que les femmes qui subissent un cancer du sein ne sont pas obligées de passer par la chirurgie et la reconstruction mammaire qui sont souvent des opérations très lourdes ! Une femme peut être très belle et très heureuse avec un seul sein !". Elle même ne cache pas sa joie de vivre, très communicative. 

Un message cohérent avec les chiffres actuels. Aujourd’hui, sur les 20 000 mastectomies pratiquées chaque année en France, seulement 25 % des patientes font le choix de la reconstruction mammaire.

Mais il y a encore du chemin à faire pour que les mentalités changent, que les femmes aient le choix d’une reconstruction mammaire ou non !
"Cela peut passer par les vêtements, et des maillots conçus pour elles" ajoute Pascale Contrino, "mais c’est aussi le regard d’une société toute entière qui doit changer et dans ce cas la prévention peut être très utile. Prévenir les femmes en amont, qu’elles sont libres de décider ce qu’elles veulent."

"Ca commence un peu à bouger aux Etats-Unis où récemment la reconstruction "à plat" a été reconnue comme une reconstruction mammaire, comme un acte esthétique, et c’est très important."

En attendant, les maillots conçus par l’association sont visibles sur la plateforme de financement participatif Ulule. Une trentaine de commandes suffirait pour les produire et pouvoir, si tout va bien, en profiter sur les plages cet été ! 


 

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