La CCI de Grenoble alerte sur les difficultés des entreprises à embaucher de jeunes immigrés

© Céline Aubert-Egret
© Céline Aubert-Egret

La chambre de commerce et d'industrie a alerté les services de l'Etat sur une situation incohérente. D'un côté, des métiers en tension comme la restauration, ou le bâtiment et de l'autre, des jeunes immigrés sans-papiers. Formés en alternance par des entreprises, elles ne peuvent pas les embaucher.

Par Mai-Linh Nguyen-Stephan

C'est inédit ! La CCI, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble alerte l'Etat sur une situation incohérente.

D'un côté des métiers en tension, comme les métiers de bouche ou encore le bâtiment et de l'autre, des jeunes apprentis sans-papiers de plus en plus nombreux. 

Ces derniers sont formés en alternance, mais au final ne peuvent être embauchés par les entreprises.

Par exemple, Dolvine, une jeune Camerounaise, qui est arrivée en France en septembre, est actuellement en contrat d'apprentissage dans un restaurant de Voiron, en Isère.

Elle suit une formation en CAP cuisine à l'IMT de Grenoble. Dans quelques mois, elle va avoir 18 ans et devra obtenir un titre de séjour pour rester en France.

L'IMT de Grenoble, l'Institut des métiers et des techniques, dispense une petite centaine de formations, et depuis deux ans, elle fait face à un phénomène totalement nouveau : l'arrivée de jeunes migrants. 

Ils étaient 40 en 2018, contre 200 cette année. Ces jeunes intéressent les entreprises, mais ne peuvent être engagés, fautes de papiers.

« Ce sont des jeunes extrêmement motivés et sérieux, qui apportent un fort dynamisme dans le groupe, tous les formateurs qui ont des jeunes comme ça sont ravis, parce que c'est une vraie valeur ajoutée par rapport à l'animation du groupe » explique Marie-Christine Nabais, la responsable des projets à l'IMT. 

Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble, dont dépend l'IMT, a très vite soulevé l'incohérence de la situation. 

D'un côté donc des métiers en tension, métiers de bouche et bâtiment, qui ont des postes à pourvoir et de l'autre des jeunes formés qui à 18 ans, risquent une reconduite à la frontière.

Au mois d'octobre, le président de la CCI a alerté le préfet de l'Isère, qui a fait remonter l'information au gouvernement, mais pour l’heure, aucune réponse n'a été apportée.

Reportage de Céline Aubert-Egret, Gilles Ragris et Thao Huynh
 

 

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