Confinement : en Isère, dix-huit associations et syndicats demandent un moratoire sur les loyers

Dans une lettre adressée aux élus locaux et bailleurs sociaux, 18 associations et syndicats demandent des mesures en faveur des locataires impactés par la crise du coronavirus en Isère. De nombreux ménages se trouvent en difficulté pour payer leur loyer.
Les revenus de nombreux actifs ont baissé à cause du confinement. (Illustration)
Les revenus de nombreux actifs ont baissé à cause du confinement. (Illustration) © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Après deux mois de confinement, la crise économique annoncée en France rique de toucher les ménages précaires en première ligne. Face à ce constat, 18 associations, syndicats et collectifs appellent à un moratoire sur les loyers en Isère dans une lettre adressée notamment aux bailleurs sociaux et élus locaux.

"Avec le confinement et la baisse de l’activité économique, beaucoup de travailleurs et de travailleuses, déclarés ou non, aux petits salaires et/ou aux statuts très précaires voient leurs revenus baisser ou complètement disparaître", écrivent les auteurs de ce document, parmi lesquels le Droit au logement 38, la CGT ou encore Alliance citoyenne Grenoble.
 
Le collectif réclame trois mesures : un moratoire sur les loyers et les charges, la mise à disposition des logements vacants aux personnes sans-domicile et la suspension des expulsions en 2020. Les associations craignent "de voir une crise sociale suivre la crise sanitaire, avec une mise à la rue massive de ménages n'ayant pas pu faire face à toutes ces dépenses".

 

"J'ai payé mon loyer, mais mon frigo est vide"


Un premier courrier avait déjà été adressé au maire de Grenoble et président d'Actis, Eric Piolle, par 100 locataires demandant "des réductions et annulations de loyers ciblées". "Je vis seule avec mes deux fils, donc ma situation était déjà précaire (...) et depuis le confinement, j'ai tous les repas à ma charge et avec la hausse des prix, je dois faire 600 euros de courses, 600 euros que je n'ai pas. J'ai payé mon loyer, mais mon frigo est vide", témoigne Aurélie, locataire d'Actis dans le quartier Flaubert et membre du collectif Alliance citoyenne, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
 
Une pétition a également été mise en ligne pour appuyer la lettre, elle a récolté plus de 160 signatures ce mardi 5 mai. Selon une étude de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), "il ne fait aucun doute que la baisse du revenu d'activité consécutive au confinement a plongé nombre de ménages dans d'importantes difficultés financières". Entre 2,5 et 2,8 millions de ménages d'actifs locataires seraient durement frappés.

Pour pallier cette crise, le gouvernement a annoncé lundi une aide exceptionnelle de 200 euros que vont toucher 800 000 jeunes de moins de 25 ans "précaires ou modestes", qui n'étaient jusqu'ici pas éligibles aux autres aides octroyées.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société crise économique économie