Coronavirus : un vernis anti-bactérien pour imprimer des documents et lutter contre le Covid-19

L’imprimerie "Manufacture d’Histoires Deux-Ponts" va lancer une grande première en France d’ici quelques jours, une innovation venue d’Allemagne : un vernis anti-bactérien sur les documents imprimés.

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- Photo d'illustration - © ADEK BERRY / AFP
Un vernis anti-bactérien à appliquer sur les documents imprimés. C'est l'innovation venue d'Allemagne que s'apprête à adopter l'imprimerie "Manufacture d’Histoires Deux-Ponts" installée dans la région de Grenoble.

Objectif premier, évidemment, lutter contre le coronavirus. Même si la transmission du virus par le papier semble très faible, le risque existe, notamment pour les imprimés qui passent de mains en mains, comme les menus de restaurants, par exemple, une des spécialités de cet imprimeur haut-de-gamme.

"D’habitude, sur les presses offsets, on applique des vernis satinés, mats ou brillants selon les desiderata du client. Là, on va rajouter un vernis anti-bactérien, pas seulement contre le coronavirus, contre toutes les bactéries. C’est un vernis acrylique, à base d’eau, inodore et non polluant" explique Laurent Caillat, le président de l’entreprise installée à Bresson dans l’agglomération grenobloise.

"Dans un métier qui peut paraître très traditionnel, Gutenberg et tout ça, on consacre beaucoup de temps à l’innovation, à la créativité car on a une clientèle très exigeante."

C’est ainsi qu’ils sont les premiers dans l’hexagone à utiliser "Lock 3", ce vernis très prometteur développé par "Varcotec", une société basée à Stuttgart, en Allemagne.

 

Comment fonctionne ce fameux « Lock 3 » ?


Cela paraît tout simple : une fois appliqué sur du papier, ce vernis devient actif dès qu’il entre en contact avec la lumière. La lumière, en effet, transforme l’oxygène, qui s’attaque alors aux bactéries, aux virus, aux champignons et aux spores. Et cet effet anti-bactérien ne s’altère pas avec le temps, il est permanent. De plus, ce vernis "miracle" peut s’appliquer sur tous les types de papier, du papier fin jusqu’au carton, selon la société qui le produit.

Les tests sur les coronavirus sont actuellement en cours, mais les études sur les virus grippaux, de type H1N1, par exemple, avait démontré son efficacité dans 99,98 % des cas. Avant la crise pandémique, ce produit high-tech n’intéressait pas grand-monde. Il va sûrement faire florès dans le monde de l’imprimerie en Europe dans les prochains mois.

Pour l’instant, la "Manufacture d’Histoires Deux-Ponts" va l’utiliser dans les domaines de l’hôtellerie et de la restauration. Avec les beaux livres, les catalogues, et les magazines de prestige, cela représente une importante part de marché pour la PME familiale, qui emploie tout de même une centaine de personnes.

"On travaille avec pas mal de chefs étoilés, mais aussi des grands hôtels, dans lesquels il y a des cartes de restaurant et bar, mais aussi des cartes de room service, des magazines internes" continue le PDG Laurent Caillat. "Là on va le faire pour Christophe Aribert, à Uriage. La maison Aribert les recevra début juin, en espérant que le restaurant puisse ouvrir."

Le chef étoilé isérois sera donc vraisemblablement le premier en France à proposer un menu estampillé "Lock 3". Outre le plaisir de retrouver le goût de la belle cuisine, les clients pourront sans appréhension aucune consulter le menu à satiété. Et le garder dans les mains autant qu’ils leur plaira.
 

 
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