Covid-19 : taux d'incidence en hausse dans les Alpes, une "cinquième vague" avant le début de la saison de ski

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Écrit par Antoine Belhassen
Illustration. 2 348 nouvelles hospitalisations pour des infections au Covid-19 ont été recensées en France, sur les 7 derniers jours , selon les chiffres de Santé Publique France, sur la dernière semaine.
Illustration. 2 348 nouvelles hospitalisations pour des infections au Covid-19 ont été recensées en France, sur les 7 derniers jours , selon les chiffres de Santé Publique France, sur la dernière semaine. © Pascal Guyot/AFP

Le taux d'incidence a dépassé les 100 cas positifs pour 100 000 habitants dans les trois départements alpins. Même si la situation est bien différente par rapport à l'année dernière, le professeur Jean-Paul Stahl du CHU de Grenoble alerte sur un rebond épidémique pour les non-vaccinés.

Le taux d'incidence au niveau national a de nouveau dépassé les 100 cas pour 100 000 habitants, sur cette dernière semaine glissante. Une première depuis près de deux mois. Dans les trois départements des Alpes, la situation est quasi équivalente avec 101,5 cas pour 100 000 habitants, selon les chiffres de Santé Publique France.

Les autorités appellent à la vigilance, alors que les contrôles sont accentués aux frontières avec la Belgique et l'Allemagne, deux pays plus durement touchés par cette cinquième vague.

L'ARS évoque, dans son dernier point hebdomadaire du 10 novembre, "une forte progression du taux d'incidence" avec une "circulation du SARS-Cov-2 qui s'est accélérée sur le territoire métropolitain."

"Cette cinquième vague est réelle, on voit une importante augmentation des cas. En une semaine, on passe d'environ 10 000 cas positifs par jours à 15 000, ce n'est pas rien", fait remarquer le docteur Jean-Paul Stahl, professeur en médecine infectieuse au CHU Grenoble-Alpes

"Une épidémie chez les non-vaccinés"

En Isère (106,3) et en Savoie (115,1), les taux d'incidence sont largement supérieurs à la moyenne nationale. Mais, la situation est loin d'être la même que l'année dernière. À la même époque, les Français étaient plongés dans le deuxième confinement dû à la deuxième vague. Le taux d'incidence dans les trois départements alpins atteignait 654,7 cas positifs pour 100 000 habitants, d'après les mêmes chiffres de Santé Publique France.

L'épidémie actuelle est une épidémie chez les non-vaccinés.

Jean-Paul Stahl, professeur en médecine infectieuse au CHU Grenoble-Alpes.

 

"Heureusement la situation n'a rien à voir avec l'année dernière, les vaccins sont arrivés. Les contaminations ont diminué. Désormais, l'épidémie actuelle est une épidémie chez les non-vaccinés", explique Jean-Paul Stahl.

Il poursuit : "La plus grande partie des contaminations concernent ceux qui n'ont pas reçu de doses. Et là, les conséquences sont les mêmes qu'avant : des contaminations et, possiblement, des morts. On peut en craindre."

Une augmentation des contaminations avec le ski ?

Avec l'arrivée de la saison de ski, le brassage des populations risque d'être plus important dans les mois à venir en Isère, en Savoie et en Haute-Savoie. Toutefois, le professeur en médecine infectieuse souhaite rester prudent : "Ça dépendra de la population qui se rendra dans les stations. Mais, on peut raisonnablement penser que les contaminations pourront être limitées avec toutes les protections liées à la pratique, le port du masque obligatoire dans les remontées mécaniques et le pass sanitaire dans les lieux de rassemblement, les restaurants, les bars..."

Ce n'est pas lorsqu'on est sous l'eau, qu'on apprend à nager.

Jean-Paul Stahl, professeur en médecine infectieuse au CHU Grenoble-Alpes.

 

"Vaccins, vaccins et encore vaccins" sont, selon lui, les trois solutions pour endiguer cette cinquième vague. Un confinement pour les personnes non-vaccinées, comme cela est le cas en Autriche par exemple, n'est pas encore envisageable en France : "D'un point de vue médical : oui, l'isolement des personnes à risques peut limiter les dégâts. D'un point de vue sociétal et politique, nous avons vu que ce n'était pas à l'ordre du jour."

Mais pour lui, les récentes alertes sur le rebond épidémique sont légitimes : "Dans une épidémie, il faut prévoir, il faut alerter. Ce n'est pas lorsqu'on est sous l'eau, qu'on apprend à nager", conclut-il.

 

 

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