Equipement de montagne : les marques Raidlight et Vertical ne battront plus pavillon Rossignol

Entre le groupe Rossignol et Benoit Laval, le jeu du « je t’aime moi non plus » touche-t-il à sa fin ? Après plusieurs mois de négociations, entre interruptions et reprises, un accord semble intervenir ce samedi.

Ici, un pratiquant de trail dans les grands canyons du Colorado
Ici, un pratiquant de trail dans les grands canyons du Colorado © Copyright / raidlight-benoit-laval
Le différend entre les deux sociétés iséroises ne date pas d’hier. En 2016, Rossignol (située à Saint Jean de Moirans) se porte acquéreur de Raidlight, fleuron de l’équipement de Trail, dont le créateur est Benoit Laval (basé à Saint Pierre de Chartreuse).
Rossignol souhaitait alors s’offrir un acteur reconnu pour la haute technicité de ses produits, pour diversifier son offre quasi-exclusivement portée par la saison d’hiver. L’acquisition permet ainsi de développer à une gamme de produits 4 saisons.
A la fin de l’année 2019 : retour à l’envoyeur. Benoit Laval tente de reprendre l’atelier de production de sacs et vêtements de la gamme Raidlight qu’il avait lui-même fondé 20 ans plus tôt, au coeur de la Chartreuse. Deux mois de négociations et puis plus rien… Les discussions en restent au point mort. Les propos de l’entrepreneur chartrousin se font alors amers : « Rossignol n’a absolument aucun projet pour cet atelier de 20 personnes, déclarait Benoit
Laval aux médias. Il préfère qu’il ne devienne rien plutôt qu’il se transforme. C’est dommage pour Saint Pierre de Chartreuse ! ».

Rossignol, pas seulement de l'équipement, du service aussi

Finalement les négociations reprennent après le confinement. Un communiqué de presse tombe vendredi 31 Juillet au soir. « Le groupe Rossignol a accepté l’offre de reprise des activités « Raidlight » et «Vertical» formulée par Benoit Laval ». Un retour à la case départ pour les deux marques. « Toutes leurs activités et l’ensemble des contrats de travail des salariés sont transférés à l’acquéreur…sauf celles relatives au service « Outdoor EXperiences », précise le leader mondial de l’équipement de ski. Une spécialité stratégique pour le groupe Rossignol (près de 400
salariés), qui mise sur l’offre de nouveaux services pour son développement futur.
« L’Oudoor experience nous permet d’enrichir la relation client en proposant en plus des équipements montagne, des espaces de pratiques certifiés pour une expérience complète.”, se félicite Bruno Cercley, Président du Groupe Rossignol.

Benoit Laval ou l'innovation "made in France"

De son côté, Benoit Laval ne cache pas ses ambitions avec le retour au bercail de la marque « Raidlight », fondée par lui en 1999 et de « Vertical », une marque fondée il y a 36 ans, à l’époque où le ski alpinisme, le trek ou la randonnée n’en étaient qu’à leurs balbutiements. « Ce qui a changé par rapport à mon offre de reprise de décembre dernier, c’est tout simplement la crise liée au COVID, s’est expliqué ce matin, Benoit Laval. Mon offre au groupe
Rossignol était la même. Mais l’incertitude liée au redémarrage du marché leur a fait adopter de nouvelles priorités.
Maintenant, ce que je veux, c’est de l’innovation, du « made in France » (avec les 25 salariés des deux marques occupés sur le site de Saint Pierre de Chartreuse), et une proximité avec nos clients…avec notre team de coureurs en particulier. »
L’objectif du nouveau patron est clair mais son ambition est presque teintée de regrets : « Lorsque j’ai vendu à Rossignol en 2016, notre objectif était de doubler notre chiffre d’affaires d’ici 2020. Aujourd’hui, je vois qu’il a à peine progressé. On verra ce que l’on pourra faire pour nos deux nouvelles marques dans le contexte qui va se dessiner à la rentrée. »
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