Aide aux migrants : la cour d'appel de Grenoble diminue la peine d'un maraudeur à 2 mois avec sursis

Un maraudeur des Hautes-Alpes a de nouveau été condamné devant la cour d'appel de Grenoble. Photo d'illustration. / © Christophe AGOSTINIS / MAXPPP
Un maraudeur des Hautes-Alpes a de nouveau été condamné devant la cour d'appel de Grenoble. Photo d'illustration. / © Christophe AGOSTINIS / MAXPPP

Un maraudeur des Hautes-Alpes a été condamné à 2 mois de prison avec sursis par la cour d'appel de Grenoble ce mercredi, une peine diminuée puisqu'il avait écopé de 4 mois avec sursis en première instance. Les associations d'aide aux migrants appellent à manifester jeudi à Grenoble.

Par MD avec AFP

Kevin Lucas, un berger des Hautes-Alpes ayant transporté cinq migrants durant l'hiver 2018, a de nouveau été reconnu coupable d'aide à l'entrée irrégulière d'étrangers par la cour d'appel de Grenoble mercredi 23 octobre. Sa peine a été diminuée de 4 à 2 mois de prison avec sursis.
 

Le maraudeur avait été condamné en janvier par le tribunal correctionnel de Gap pour avoir "facilité la circulation" de sans papiers et refusé de se soumettre à un contrôle routier dans la nuit du 25 au 26 mars 2018 sur une route menant à Briançon, non loin de la frontière avec l'Italie. À l'audience d'appel, l'avocat général avait requis la confirmation de sa peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis. 

 

Pourvoi en cassation


Le jeune homme de 33 ans avait, lui, invoqué la "nécessité" de "mettre à l'abri" ces personnes "rencontrées dans la montagne" à l'occasion d'une maraude, sans savoir s'il était "en France ou en Italie""C'est une véritable déception", a déclaré l'avocate du jeune homme Me Maeva Binimelis qui avait plaidé la relaxe. Elle a annoncé un pourvoi en cassation.

Un porte-parole de Tous Migrants Michel Rousseau a déploré que les juges soient "tombés dans le panneau de l'argument de la téléphonie" pour établir que Kévin Lucas avait passé la frontière car, selon lui, "à Serre-Chevalier ou Montgenèvre, on borne en Italie". "Le délit de solidarité existe toujours dans la tête des juges", a-t-il regretté.
 

Le jeune homme de 33 ans était absent au prononcé du délibéré, qui se tenait à la veille du procès en appel d'un autre maraudeur, Pierre Mumber, condamné en première instance à Gap à 3 mois de prison avec sursis. À l'occasion de ce second procès en un mois, plusieurs dizaines d'associations (LDH, RESF, CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, la Cimade, le DAL, etc) ont appelé à manifester jeudi à Grenoble.
 

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