Conçu à Grenoble, le nanosatellite AMICal Sat bientôt sur orbite pour étudier les aurores boréales

Le Centre spatial de Grenoble va lancer son premier satellite dans l'espace. Le lancement est prévu lundi, au plus tard. Objectif : mieux connaître les aurores boréales, un phénomène lumineux spectaculaire qui se produit dans les régions polaires.
Un satellite conçu à Grenoble va bientôt décoller pour l'espace.
Un satellite conçu à Grenoble va bientôt décoller pour l'espace. © DR

Très petit par la taille, mais grand par le projet. Le nanosatellite AMICal Sat, conçu par des étudiants du Centre spatial universitaire de Grenoble, devrait être lancé sur orbite au plus tard lundi 22 juin depuis la base de Kourou, en Guyane. Le lancement a déjà été retardé deux fois, d'abord à cause de la crise sanitaire, puis d'une météo défavorable.

Mais à quelques heures du lancement, les chercheurs ont déjà la tête dans les étoiles, ou du moins dans l'espace. Ils listent encore une fois le programme de leur satellite, le premier à s'envoler vers l'espace. Pesant 10 kilos, il fait la taille d'une brique de lait.

"On l'a mis dans une espèce de boite à ressorts qui va éjecter le satellite de la fusée au bon moment, résume Mathieu Barthélémy, directeur du Centre spatial universitaire de Grenoble. La dernière fois qu'on a touché le satellite, c'était en février. Il devait être lancé en mars, mais il y a eu la crise du Covid."

Conçu par des étudiants à Grenoble, le nanosatellite AMICal Sat bientôt sur orbite

 

Comprendre les aurores boréales

Le petit satellite sera largué, avec d'autres, par une fusée Véga lancée de Kourou, en Guyane. L'orbite prévue est à 530 kilomètres de la Terre, avec 15 tours par 24 heures. Sa mission : photographier les aurores boréales, un phénomène fascinant qui provient de la collision entre l'atmosphère et des particules du Soleil, le vent solaire. 

"On a des informations qui sont beaucoup plus continues que si on regarde depuis le sol, ce qui nous permet de faire de la météo de l'espace : commencer à pouvoir se servir des aurores boréales comme d'un thermomètre de ce qu'il se passe dans la très haute atmosphère, entre 100 et 300 kilomètres", ajoute Mathieu Barthélémy.

On pourra faire ainsi des prévisions sur ce vent solaire. Un vent qui perturbe souvent les réseaux électriques, les GPS, ou les satellites. Ce projet inédit a été conçu avec des étudiants et une nuée d'acteurs de la sphère scientifique et technologique de Grenoble.

"C'est un projet qui fédère complètement les disciplines, les entreprises qui sont au contact des étudiants, qui viennent les aider, et c'est aussi l'occasion de profiter de tous les moyens qu'on a sur Grenoble", explique le coordinateur du projet, Thierry Séquiès. L'équipe doit patienter encore un peu. Le satellite fait durer le suspense. Le lancement de la fusée prévu le 19 juin est reporté de 48 heures à cause de la météo est défavorable sur la base de Kourou.

 

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