Darmanin et Dupond-Moretti : "2 verrous sur la libération de la parole des femmes" dénonce Eric Piolle à Grenoble

La nomination lundi soir d'Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice et de Gérald Darmanin à l'Intérieur passe mal chez les féministes mais pas que. Le maire de Grenoble, Eric Piolle se dit "sidéré" par le "symbole" envoyé par le gouvernement.
 

Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti
Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti © Ludovic Marin / AFP
Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice et Gérald Darmanin à l'Intérieur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que leurs nominations au sein du gouvernement lundi soir ne sont pas passées inaperçues. Dans les milieux féministes, elles ont même fait l'effet d'une bombe. Le premier étant connu pour ses propos sexistes, et le second visé par une plainte pour viol.

"Une formidable claque qu'Emmanuel Macron lance au visage de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre les violences sexuelles" estime la sénatrice socialiste, ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol.

Le maire de Grenoble, Eric Piolle a lui aussi réagi. Il se dit "sidéré" par ces nominations et le "symbole" qu'elles renvoient dans une interview sur RMC ce mardi. "L'égalité Femmes Hommes est au coeur du défi climatique. Les ministres, Darmanin et Dupond-Moretti posent 2 verrous sur la puissante libération de la parole des femmes, qui va durablement changer la donne. Que dire aux 225.000 femmes victimes de violences par an ?!" écrit-il sur Twitter.
Le collectif Osez le féminisme! a de son côté lancé une pétition pour réclamer leur démission. "Bâtissez votre carrière sur l'acquittement des hommes accusés de viol, vous serez ministre de la Justice! (...) Soyez accusé de viol, vous serez 1er flic de France!", a fustigé dans un communiqué le collectif, pour qui ces nominations "démasquent le masculinisme de la classe politique dirigeante et le mépris envers la parole des victimes et les droits des femmes".

De son côté, l'entourage du président indique que la plainte pour viol visant Gérald Darmanin semble évoluer "dans le bon sens" et cette plainte "n'a pas fait obstacle" à la promotion d'un ministre qui "aspirait à plus".
Mi-juin, les avocates de la femme qui accuse M. Darmanin de l'avoir violée en 2009 avaient dénoncé le soutien apporté par le gouvernement au ministre. Après deux ans de bataille procédurale, la cour d'appel de Paris avait ordonné début juin la reprise des investigations sur les accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance portées contre le ministre par Sophie Patterson-Spatz.
Entendu en audition libre le 12 février 2018, M. Darmanin a confirmé avoir eu une relation sexuelle avec Mme Patterson-Spatz mais, selon lui, librement consentie et à l'initiative de la plaignante.


 
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