Procès Lelandais : "J’ai 16 ans et j’ai vécu un drame qui a brisé ma vie pour toujours", ce qu'il faut retenir de la sixième journée d'audience

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Écrit par Marie-Charlotte Perrier et Margot Desmas

Les parents d'une petite cousine de Lelandais ont témoigné lundi matin aux assises de l'Isère, au sixième jour du procès. Le trentenaire est jugé pour avoir abusé de la fillette. Dans l'après-midi, la famille de la petite Maëlys a témoigné et imploré l'accusé de dire la vérité sur les circonstances du drame.

Journée cruciale dans le procès de Nordahl Lelandais. Les parents, la sœur et d'autres membres de la famille de Maëlys de Araujo témoignent lundi 7 février devant la cour d'assises de l'Isère, à Grenoble. L'ancien militaire comparait pour le meurtre de la fillette de 8 ans et des agressions sur deux petites cousines.

Dans la matinée, les parents d'une fillette agressée sexuellement sont appelés à la barre. Lelandais sera appelé à s'exprimer sur ces faits, comme il l'a déjà fait vendredi. Suivez cette sixième journée d'audience minute par minute dans notre direct.

Ce qu’il faut retenir de la journée :  

Journée éprouvante pour les familles des victimes, qui ont été invitées à témoigner lors de cette sixième journée du procès de Nordahl Lelandais. Le trentenaire est jugé devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre de Maëlys et des agressions sexuelles sur ses petites cousines. Voici ce qu'il faut retenir de cette journée.

  • Lundi matin : premiers appelés à la barre, les parents de Marie (le prénom a été changé), petite cousine de l'accusé victime d'une agression sexuelle, ont témoigné. Le père est revenu sur la soirée du 20 août 2017 où l’accusé s’est filmé en train de caresser le sexe de la fillette de 6 ans. "On essaye de se reconstruire, mais ce n’est pas évident. On se bat tous les jours pour essayer de vivre normalement, pour protéger nos enfants" a-t-il témoigné. Sa compagne, cousine de l'accusé, a expliqué avoir visionné partiellement la vidéo de l’agression lors d’une audition par les gendarmes. "C’est des images qui vont me hanter" a-t-elle conclu.  
  • Entre maladresses et incompréhensions, Nordahl Lelandais a ensuite tenté de s’expliquer face à la cour. Concernant les agressions commises sur ses cousines, il a expliqué avoir agi par "lâcheté" après avoir vu les enfants endormies. Interrogé sur ses caresses, semblables à celles pratiquées avec ses partenaires adultes, il a reconnu qu’il n’y avait, à ce moment-là, "pas de frontière" entre ses partenaires et les enfants.   
  • Lundi après-midi : la deuxième partie de la journée a été marquée par les témoignages des parents et de la sœur de Maëlys de Araujo. Cette dernière, âgée de 16 ans, a tenté de pousser l’accusé dans ses retranchements, l’implorant de dire la vérité : "Vos mensonges depuis le début, on en a marre. Ayez ce courage et cette dignité comme moi j’ai de vous parler en ce moment ".  Mais pas de quoi faire ciller l’ancien militaire, qui a maintenu sa version des faits : non, il n’a pas violé Maëlys et non, il n’a pas fait exprès de la tuer. A la barre défilent ensuite trois amis des parents de la fillette, qui témoignent de la descente aux enfers de la famille de Araujo depuis le drame.
  • La journée s'achève sur un échange surprenant entre l’avocat de la défense et l’accusé. Après une journée de témoignages éprouvants, Me Jakubowicz tente à son tour de faire parler son client. "Est-ce que tu as enlevé Maëlys de force ? Qu’as-tu à dire sur tes mensonges persistants ?". Mais Nordahl Lelandais maintient "sa vérité" même s’il admet avoir perdu toute crédibilité. Comme depuis le début de la journée, il répète inlassablement aux familles des victimes "qu’elles ne sont pas responsables" des faits. De quoi agacer la présidente de la cour, qui décide de suspendre l’audience.
  • Mardi 8 février, de nouveaux témoins seront appelés à la barre. Parmi eux, le couple qui s’est marié la nuit de la disparition de Maëlys.

La journée d'audience minute par minute

18h20 : Après la soeur de Maëlys, une nouvelle passe d'armes s'engage avec l'accusé. Cette fois, c'est son propre avocat qui tente de le pousser dans ses retranchements. "Je te prends au dépourvu, c’est volontaire", assume Me Alain Jakubowicz. On est à un instant de vérité. Est-ce que tu as enlevé Maëlys de force ?". 

-"Pas du tout » murmure l'intéressé, les yeux baissés.

-"Maëlys a-t-elle protesté en montant dans la voiture ? Est-ce qu’elle a crié ?" insiste l'avocat de la défense. 

-"Non, non". 

-"Est-ce que tu as essayé de te dissimuler en quittant le parking ?"

-"Pas du tout". 

-"Et à ce moment-là, rien dans ton esprit te dit que c’est normal de partir avec la fillette?"

Nordahl garde le silence avant de souffler : "Aujourd’hui, si".

-"Tu as menti pendant six mois (ndlr: l'accusé n'a avoué le meurtre de Maëlys qu'en février 2018). Qu’est-ce que tu as à dire là-dessus ? Sur ce mensonge persistant ?"

-"J'arrivais pas à le dire, la presse m’a bloqué totalement, justifie l'accusé. Dès que je disais quelque chose, c’était relayé et déformé."

Pas de quoi convaincre l’avocat, qui pousse encore l’accusé : "Tu étais dans le déni !" assène-t-il. Avant d'enchaîner : "Comment un 'perdu de la vie', un bon copain, devient un tueur d’enfant ?".

-"C’est depuis la mort du caporal Arthur Noyer que plus rien ne va", explique Nordal Lelandais.

-"Aujourd’hui, tout le monde t’exhorte à dire la vérité. Tes amis, ta famille, la famille de Maëlys, sa sœur qui s’adresse avec fougue à toi. Est-ce que tu as conscience du fait que tu as tellement menti, qu’aujourd’hui quoi que tu dises, tu ne peux pas être cru ?"

-"Oui, je comprends leur douleur, j’essaye de m’exprimer. Je sais que je ne suis pas cru mais c’est la vérité [...] J’aimerais dire à la famille qu’ils ne sont aucunement responsable" répète inlassablement l’accusé.

-"Oui, ça vous nous l’avez déjà dit", s’agace la présidente., qui suspend l'audience.

La septième journée du procès débutera demain à 9h.

18h12 : Me Alain Jakubowicz, l'avocat de Nordahl Lelandais, souhaite prendre la parole avant la suspension de l'audience. "Il n'est pas possible au terme d'une journée aussi forte de ne pas entendre la parole de l'accusé" justifie-t-il, avant de commencer à questionner son client. 

-"Tu as regardé les images de Maëlys ?" demande-t-il à Nordahl Lelandais, faisant référence aux photos et vidéos diffusées par la famille de la victime.

-"Non, je ne pouvais pas, ça me faisait mal de me dire que je l’avais tuée. C’est par respect pour la famille, j’ai volé leur fille, je ne voulais pas voler ce moment là, leurs images". 

18h05 : Me Rajon, l’avocat de la mère de Maëlys, prend la suite de la présidente et interroge à son tour le témoin sur les conséquences du drame. "Plus rien n’est comme avant, explique l’amie d’enfance. Ils vivent un cauchemar éveillé depuis. La vérité les apaiseraient énormément".

  

17h56 : Le dernier témoin de cette sixième journée de procès entre dans la salle d’audience. Il s’agit d’une femme de 41 ans, infirmière libérale.

Après avoir prêté serment, elle indique avoir rencontré Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maëlys, pendant leurs études en 1996. "Je précise que mon concubin est le parrain de Maëlys, ajoute-t-elle. C’était une petite fille pleine de joie, rigolote et toujours prête à faire des blagues"

La quadragénaire revient sur les longs mois qui ont précédé la découverte du corps de la fillette. "C’était une torture pour la famille, une attente insoutenable" raconte-t-elle. Puis sur le divorce du couple : "Quand je vois toutes les souffrances que la famille a enduré, je me dis qu'elle a besoin de connaître la vérité". 

17h50 : Comme pour les précédents témoins, Me Boguet procède à des interrogatoires. L’ami d’enfance confirme que Joachim de Araujo est "bloqué au fond du précipice . "Sa vie est foutue" ajoute-t-il.

17h45 : Un nouvel ami d’enfance du père de Maëlys témoigne. "Je le connais depuis 30 ans" résume-t-il. "J’ai vu leur couple être détruit après le mariage. La bouée de sauvetage pour Joachim, c’était sa fille Colleen et je pense qu’il mise beaucoup sur ce procès. Il demande justice. "

A son tour, il est invité à expliquer la "dégringolade" de la famille après le drame. 

17h40 : Me Boguet, l’avocat du père de la fillette, revient sur la déclaration du témoin. "Vous dites que Joachim a perdu 25 kilos. Maëlys en pesait 28. On peut dire qu’il a perdu ce qu’on lui a arraché. Il vit avec une béance qui correspond à l’absence de Maëlys" analyse-t-il tandis que l’ami d’enfance acquiesce en silence.  

Avant de rejoindre sa place, le témoin assure que Maëlys ne serait jamais montée dans la voiture d'un inconnu. "Soit elle a été dupée, soit elle a été emmenée de force" conclut-il.  

17h37 : "Que pouvez vous dire de Maëlys ?" lui demande la présidente. "Je l’ai vue naître, mais on s’est moins vu après. C’était une petite fille joyeuse, joviale mais qui restait méfiante car elle ne nous connaissait pas. La dernière fois que je l’ai vue, c’était en 2015". "Je tiens à les féliciter pour leur dignité" dit-il en s'adressant à la famille de la victime. 

17h30 : un ami d’enfance du père de Maëlys remplace la tante à la barre. "C’est des amis proches qui étaient à mon mariage, j’ai vu naître Colleen et Maëlys. C’était une famille simple, ils se sont construits un bonheur à la sueur de leur front".

Il raconte que la perte de Maëlys a eu des conséquences lourdes sur la famille. "Joachim a perdu 25 kilos. Il est là physiquement, mais il est dans le vague, il a du mal à se concentrer" répète-t-il. 

L’ami d’enfance raconte avoir visité la famille de Araujo dans le Jura peu après la disparition de la fillette. "Ils dormaient tous les trois dans la même pièce, ils étaient terrorisés". 

17h24 : Me Boguet, l’avocat de Joachim de Araujo, se lève pour interroger le témoin sur le couple de Araujo, les parents de Maëlys. "Ils étaient capables de se soutenir l’un et l’autre. Ils ont toujours été très complémentaires" raconte-t-elle.

Depuis le drame, les parents de la fillette se sont séparés. 

17h20 : "Il ne suffit pas de s’appeler Lelandais pour souffrir, déclare la tante de Maëlys en faisant référence aux souffrances de la famille de l’accusé. Nous aussi on a subit les interrogations des journalistes, des curieux, de ceux qui veulent faire l’enquête à la place des enquêteurs".

Elle explique s’être portée partie civile car elle voulait témoigner que son frère était "une bonne personne". "Je veux dire à mon frère qu’on l’aime et qu’on est là pour lui" conclut-elle, visiblement très émue. 

17h10 : L’audience reprend avec l’audition de la sœur de Joachim et tante de Maëlys. Elle raconte avoir aidé pendant les recherches de la fillette la nuit de sa disparition. Elle parle de son frère, le père de la victime, et de sa difficulté à se confier après le drame. "Ça a duré un an avant que je puisse voir Joachim, Jennifer et Colleen. Ils avaient tout pour être heureux, ils demandaient juste à être en famille. Et de voir mon frère aussi mal, c’est comme si on m’avait arraché le cœur" décrit-elle avec des sanglots dans la voix.  

"Si les enquêteurs n’avaient pas retrouvé cette goute de sang, est-ce qu’il aurait continué pendant longtemps ?" questionne-t-elle sans porter un regard à l'accusé. 

16h30 : A la surprise générale, Colleen de Araujo demande à la présidente si elle peut à nouveau poser des questions à Nordahl Lelandais. "S’il vous plait, je veux savoir s’il a violé ma sœur et pourquoi il n’a pas dit ou elle était" implore-t-elle.

Nordahl Lelandais se lève. "Non je n’ai pas violé votre sœur" souffle-t-il. Ca a été très compliqué d’expliquer ce que j’avais fait".

Un échange s'installe entre l'accusé et la sœur de la victime. A l'image d'une avocate en plein interrogatoire, l'adolescente tente de faire avouer l'ancien maitre-chien. 

-"Vous n’avez pas dit toute la vérité et aujourd’hui on l’attend" insiste-t-elle.

Nordahl la regarde et acquiesce en silence.

-"Vos mensonges depuis le début, on en a marre. Ayez ce courage et cette dignité comme moi j’ai de vous parler en ce moment".

-"Je m’expliquerai plus tard" murmure l'accusé. 

-"Monsieur Lelandais, vous nous faites ça depuis le début, s'agace la sœur de Maëlys. Je veux des réponses maintenant. Vous avez commis l’inacceptable et c’est encore à nous d’en subir les conséquences. J’aimerais des réponses maintenant s’il vous plait".

Nordahl Lelandais reste silencieux.

-"S’il vous plait" implore Colleen.

-"La vérité j’ai essayé de l’expliquer à plusieurs reprises, mais personne ne m’a cru" répond l'accusé.

-"Vous avez changé de version, comment voulez-vous qu’on vous croit ?" demande Colleen, qui ne se laisse pas faire.

-"Aujourd’hui, j’entends toute votre douleur" admet Nordahl Lelandais.

-"Vous ne l’entendez pas, car vous ne la vivez pas" assène froidement la jeune femme de 16 ans. Toutes les choses que vous avez fait vivre à ma sœur, lui mettre un rocher sur le corps, c’est inconcevable. Elle avait 8 ans, pourquoi faire du mal à une enfant qui voulait un copain qu’elle n'avait pas ? Vous aviez beaucoup d’amis, vous… Pourquoi vous continuez encore de mentir ?"

Face au silence de l'accusé, la présidente clos l'échange. L'audience est suspendue et reprendra à 17h. 

16h26 : Colleen de Araujo, la sœur aînée de Maëlys âgée de 16 ans, est appelée à la barre. Comme ses parents, elle lit un texte en hommage à sa sœur. "Qui peut imaginer la souffrance de perdre sa moitié, sa confidente ? J’aurais pu te donner des conseils de grande sœur mais aujourd’hui, je me sens seule. Il nous a brisés, anéantis, déclare-t-elle avec un débit très rapide mais assuré.

Puis elle s’adresse à Nordahl Lelandais : "C’est vous le déchet, je ne crois ni en vos fausses excuses, ni en vos mensonges, ni en vos larmes. Regardez moi dans les yeux et répondez à cette question : qu’est ce qui vous a empêché de nous dire où était ma sœur pendant des mois ?". 

Colleen interpelle directement l'accusé en se tournant vers lui, mais ce dernier ne relève pas les yeux et reste impassible. 

"Vous avez utilisé votre intelligence pour faire le mal autour de vous, pour briser des vies, reprend-elle en colère. Où est votre courage ? Je veux savoir si vous avez violé ma sœur. J’ai vécu un drame qui a brisé ma vie pour toujours. La seule chose que je souhaiterais concernant ces assises, c’est que le verdict me donne de l’espoir, rende justice à ma sœur. Maëlys, a toi mon étoile, je t’aime".  

16h21 : Avant de retourner sur le banc des parties civiles, Joachim de Araujo demande à ce qu’une vidéo du mariage soit projetée. On y voit une piste de danse bondée.

Sur une musique des Black Eyed Peas, la petite Maëlys danse les bras en l’air aux côtés de sa mère. Les mariés apparaissent aussi sur la vidéo. L’ambiance semble festive et rien ne laisse présager le drame qui allait se jouer quelques heures plus tard.

16h10 : C’est au tour de Me Laurent Boguet d’interroger son client, le père de la fillette. Ce dernier revient sur les conséquences du drame sur sa vie personnelle et professionnelle, avec notamment la vente de la maison familiale et les rumeurs à son travail. "Ça devenait insupportable, dit-il. A travers tous les bons souvenirs, il y a un sentiment de mal-être, car on sait qu’on a tout perdu".  

16h04 : A la demande de la présidente, il raconte la dernière fois qu’il a vu sa fille le soir du mariage, sur la piste de danse. "Si j’avais su, je l’aurais gardée auprès de moi" murmure-t-il.

Puis il est invité à expliquer ce qu’il attend de ce procès. "Je n’attends rien de Monsieur Lelandais. Des fois, j’ai un sentiment de pitié. Il a pris perpète dans sa tête. Il n’y a rien à faire de ce personnage. Il faut l’isoler de sa société". 

15h58 : Joachim de Araujo, le père de Maëlys, est appelé à la barre. Avant de commencer son témoignage, il demande à installer le portrait de sa fille face à lui. "Je veux m’adresser à vous, dit-il à la cour, mais aussi à ma fille".

Comme son ex-épouse, il s’appuie sur un texte qu’il a écrit. "Je suis un papa qui souffre depuis ton enlèvement, dit-il dans un souffle. Un papa perdu en mer qui tente de sortir la tête de l’eau. Et chaque fois, au cours de ces évènements, me replonge la tête au fond".

Il fait référence à "Monsieur Lelandais", un homme qu’il juge "sans cœur, sans âme".

"Une chose est sûre, le bien vaincra à côté du mal. Maëlys, je serai toujours là pour toi, ta sœur Colleen. Je viendrai te rejoindre et serai à tes côtés pour te serrer dans mes bras" déclare-t-il avant de conclure sa prise de parole.

15h55 : Jennifer Cleyet-Marrel retourne à sa place. La présidente demande ensuite à Nordahl Lelandais de se lever. C’est la première fois qu’il relève la tête depuis la reprise de l’audience cet après-midi.

Elle l’interroge sur le moment où Maëlys a disparu, dans la nuit du 26 au 27 août 2017. Elle lui demande pourquoi il n’a pas répondu à la maman, lorsqu’elle lui a demandé s’il avait vu sa fille. Nordahl Lelandais ne parvient pas à répondre. Il essuie des larmes sur ses joues et se rassoit à la demande de la présidente.

15h45 : un montage vidéo avec des photos de la petite Maëlys est diffusé devant la cour. On y voit la fillette souriante, au bord de la mer, en vacances, avec sa sœur, en famille. En fond sonore, une chanson de Vitaa et Slimane.

L’émotion prend la salle d’audience, beaucoup de larmes coulent du côté des parties civiles. La grand-mère de la fillette s’effondre. Jennifer Cleyet-Marrel reste digne, soutenue par son avocat Me Rajon qui la tient par l’épaule.

15h41 : C’est au tour de Jacques Dallest, l’avocat général, d’interroger la mère de Maëlys. "A votre avis, la petite est-elle montée volontairement dans la voiture de Nordahl Lelandais ?". "C’est impossible, assure Jennifer Cleyet-Marrel. En plus, elle ne montait jamais à l’avant dans les voitures".  

"Et quand il dit qu’il l’a tuée involontairement ?" questionne l'avocat général. "Pour moi c’est encore un mensonge [… ] Tout était calculé et prémédité pour moi. Il a tout fait pour se faire inviter à se mariage. Pour moi, c’est qu’il avait une arrière pensée"

Et lorsqu'il lui demande si elle refuse de regarder directement l'accusé, elle se tourne vers lui et lui dit avec mépris : "Comment tu peux baisser les yeux ?"

Nordahl Lelandais, lui, ne relève pas la tête. 

15h40 : "Quand ces trois semaines d’audience seront derrière nous, avez-vous une idée de ce que sera votre vie ?" demande Me Rajon en posant sa dernière question. "Maëlys sera toujours dans mon cœur. Ce qui est important pour moi, c’est que son assassin soit aux oubliettes".

Pendant ce récit, une léger mouvement survient au fond de la salle d'audience. Une femme semble avoir fait un malaise et est évacuée. 

15h34 : Le témoignage de la mère porte désormais sur le quotidien de Maëlys. On apprend qu’elle était "embêtée" par d’autres enfants à l’école et qu’elle s’apprêtait à changer d’établissement. Concernant son caractère, l’enfant n’aimait pas rester sans ses parents. "Elle était plutôt casanière, avec sa sœur et elle n’aimait pas trop aller chez les copines, raconte Jennifer Cleyet-Marrel. Elle était très proche de nous et ne voulait pas nous laisser".

15h28 : Me Rajon, l’avocat de Jennifer Cleyet-Marrel, invite sa cliente à parler de la "médiatisation extrême" de l’affaire. "Le plus dur, ça a été d’apprendre l’avancée de l’enquête dans les journaux. J’ai appris que la mâchoire de ma fille avait été fracturée en lisant la presse, se désole-t-elle. Certains gagnaient des sous sur le dos de ma fille et mettaient en avant « l’autre » [...].

"J'étais aussi écœurée de voir sa photo publiée à côté de celle de Maëlys", raconte-t-elle, évoquant même un "manque de respect". 

Depuis le début de sa déposition, la mère de Maëlys n’a jamais prononcé le nom de "Nordahl Lelandais". Dans sa bouche, il est simplement "l’autre".

15h22 : La mère de Maëlys revient sur le sentiment de culpabilité qui l’anime depuis le drame : "Je me sens coupable car je ne l’ai pas protégée des méchants". Elle remercie aussi sa fille aînée, Colleen, qui l'aide à "tenir le coup". 

15h10 : Me Fabien Rajon, l’avocat de Jennifer Cleyet-Marrel, interroge sa cliente sur les six mois d’incertitudes que la famille a vécu, avant que le corps de Maëlys ne soit retrouvé. "Ça a été insupportable, reconnaît-elle. Quand on a su le 14 février, j’ai comme un nœud qui est parti".

Plus elle parle, plus l’accusé semble se tasser sur sa chaise. Derrière son box, Nordahl Lelandais garde les yeux rivés au sol.

15h06 : "Et la vie sans Maëlys ?" demande la présidente de la cour. "J’essaye d’être forte mais ça a tout bouleversé. Je me suis séparée d’avec son papa, on a vendu la maison. Puis ça a été difficile pour Colleen (ndlr: la soeur de Maëlys), qui m’en voulait d’être partie de la maison. Quand Maëlys a été tuée, le clan s’est brisé. Il a tout foutu en l’air ».

"Et vous appréhendiez ce procès ?" poursuit Valérie Blain. "Pas du tout, il ne me fait pas peur" assène la mère de la fillette, d'un ton sec. 

15h03 : Elle revient maintenant sur les deux interactions qu’elle a eues avec Nordahl Lelandais pendant le repas de noces. "Maëlys est venue me demander si elle pouvait voir les chiens sur le téléphone de son copain. Je l’accompagne, je regarde les photos, mais je ne parle pas trop avec lui (ndlr : Nordahl Lelandais)".

"Puis lors de la disparition de Maëlys, vous cherchez cet homme ?" demande la présidente. "Oui, comme c’est la seule personne avec qui elle avait parlé, j’ai eu cette intuition". En cherchant sa fille, la mère le croise devant la salle des fêtes et lui demande s’il a vu l’enfant. "Il m’a dit qu’il ne l’avait pas vue" raconte-t-elle.  

 14h58 : La présidente demande à la mère de Maëlys si sa fille aurait pu monter dans la voiture d’un inconnu. "Non, balaye Jennifer Cleyet-Marrel. Elle était très réservée et elle nous aurait demandé la permission".

14h54 - Jennifer Cleyet-Marrel poursuit son récit. Elle raconte l’arrivée des gendarmes, les premières recherches, les premières auditions. Jusqu’à sa convocation le 8 février 2018 par la juge d’instruction. « On a appris qu’un goutte de sang avait été retrouvée dans sa voiture. Et là, tout s’écroule. Je me suis dit que je ne reverrais plus jamais ma fille ».

Quelques jours plus tard, le 14 février, Nordahl Lelandais avoue avoir tué la fillette involontairement. « Il l’a jetée comme un déchet dans la nature, il l’a laissée se faire dévorer par les animaux » souffle la quadragénaire, qui reconnaît ne pas avoir eu la force de voir le corps de sa fille. « Je ne pouvais pas garder cette image d’elle ». L’accusé, lui, reste la tête baissée, évitant délibérément de regarder le témoin.

14h48 - La présidente demande au témoin de revenir sur le déroulé des évènements le samedi 26 août 2017. « C’était une belle cérémonie » se souvient Jennifer Cleyet-Marrel.

Puis arrive le moment de la disparition : « Au moment du dessert, vers 2h du matin, c’est la dernière fois que j’ai vu ma fille vivante ». Alors que la fête bat son plein, la mère de famille se rend compte que sa fille de 8 ans a disparu. « J’ai cherché l’homme au tee-shirt bleu, car c’était quelqu’un avec qui Maëlys avait parlé de chiens. Elle m’avait demandé si elle pouvait aller voir les chiens de son 'copain' ».
« On a commencé à la chercher partout, on a fait appel au DJ. Et vers 4h du matin, mon cousin m’a dit que je devais appeler les gendarmes ».

14h40 - L’audience reprend. La matinée a été consacrée aux témoignages des parents de l’une des petites cousines abusées par Nordahl Lelandais. Cet après-midi, c’est au tour de Jennifer Cleyet-Marrel la mère de Maëlys de Araujo, de témoigner. Le portrait de sa fille a été installé devant la barre, face aux jurés.

Elle déplie une lettre, écrite à Maëlys, et la lit à la cour. « Maëlys, tu étais mon rayon de soleil et cette nuit d’août 2017, tout est devenu sombre dans ma vie » lit-elle, la voix tremblante. « Tout a basculé, le monde s’est écroulé sous nos pieds. Si j’avais su que c’était la dernière fois que je te serrais dans mes bras (…), je ne t’aurais jamais lâchée. J’aurais préféré que ce soit moi à ta place, mais ce monstre en a décidé autrement ».

Pendant la lecture, Nordahl Lelandais regarde le sol et reste immobile, le dos voûté. A l’inverse, Jennifer Cleyet-Marrel se tient droite et parvient à lire d’une voix claire, malgré l’émotion contenue. « Tu étais la plus courageuse de nous toutes. Je suis fière d’avoir été ta maman et de partager 9 ans de ta vie bien trop courte. Je n’ai pas su te protéger des méchants et je me sens coupable de ne pas t’avoir plus surveillée, de ne pas avoir écouté ton intuition ». Et de conclure en s’adressant aux jurés : « je vous fait confiance et je m’en remet à vous ».

13h20 - Me Jakubowicz prend la parole pour la défense et demande le revisionnage de la photo provenant d'Instragram. « Dans le dossier d’instruction, il est dit que la jeune fille aurait entre 8 et 12 ans, voilà le summum de la subjectivité, dit l'avocat de Lelandais. On veut charger la barque (...) cela démontre l’acharnement ».

Il s’adresse à Lelandais : « Le mot de pédophilie a été lâché. Tu l’assumes, ce sont des actes pédophiles. Tu n’as pas regardé les images, ni vendredi, ni aujourd’hui. C’est une lâcheté de plus ? »

« Avec le temps qui s’est écoulé, j’ai pris conscience de la gravité de mes actes. J’ai pas besoin de re-regarder ce genre de scènes », dit l'intéressé.

« Tu as conscience que ces scènes se produisent 8 jours avant le mariage ? Tu comprends qu’on soit en droit de se poser la question de savoir si ce qui c’est produit ce jour-là n’a pas été reproduit le jour du drame ? »

« Totalement, j’en ai conscience », acquiesce l'accusé.

L'audience est suspendue. Elle reprendra à 14h30.

13h12 – L’avocat général, Jacques Dallest, cherche à savoir s’il y a eu « tentative de pénétration » de la part de Lelandais sur sa petite cousine. « Non, pas du tout, se défend Lelandais. Il n’y a pas eu de tentative de pénétration ni d’envie ».

13h10 - Me Crespin pose une nouvelle série de questions à Nordahl Lelandais. « Ce n’est pas possible qu’il n’y ait rien eu dans la vie de Nordahl, qui ne l’ai marqué au point de reproduire », dit-il en se basant sur son expérience. « Les agresseurs reproduisent généralement ce qu’ils ont subi. Donc maintenant que vous assumez ces tendances pédophiles, est-ce qu’à un moment de votre vie, dans votre enfance, à l’armée, vous avez été victime vous-même ? »

« Non, pas du tout », assure l’accusé.

13h05 - Me Vatinel, un collaborateur de l’avocat du père de Maëlys, prend la parole.

« Vous dites être incapable de vous en prendre à une enfant qui n’est pas endormie. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

De la lâcheté, répond Lelandais.

Mais est-ce que vous n’avez pas le sentiment que vos victimes sont dans une position de vulnérabilité ?

Je ne saurais pas vous répondre. Elles sont endormies. J’ai profité de l’occasion, ce qui est lâche, je suis tout à fait d’accord.

Vous n’avez pas le sentiment d’exercer une forme de toute puissance sur elle ?

Non, je ne suis pas tout puissant », déclare Lelandais.

13h - Me Rajon, l’avocat de la mère de Maëlys, revient sur le compte Instagram de Nordahl Lelandais et sur ses abonnements. « Rien de pornographique concernant ces jeunes filles ? », demande-t-il. « Non », répond l’intéressé. Il demande le visionnage d’une photo retrouvée sur l’Iphone 6S,  qui proviendrait d’un compte Instagram. Sur cette photo pédopornographique figure une jeune fille entre 8 et 12 ans. « Que vous inspire cette image ? », demande Me Rajon. « Pour moi, c’est un bang, explique Lelandais. J’ai l’impression de distinguer de la fumée. »

« Je prends note de votre imagination », conclut Me Rajon.

12h55« Est-ce que vous admettez que c’est de la pédophilie ? », demande Me Crespin.

« Oui », répond Lelandais.

« Est-ce que vous admettez que vous avez eu des penchants pédophiles ? »

« Oui », reconnait-il.

12h50 - « Est-ce que vous avez une idée de ce que peut ressentir la fillette abusée qui a aujourd’hui 10 ans ? Quand ses parents lui ont dit ? », demande Me Rajon. « Je peux pas me mettre à sa place mais je peux comprendre le mal être que ça peut lui procurer », répond l'accusé. « Je suis désolé, ils ne sont aucunement responsable (les parents, ndlr), les petites encore moins. C’est ma responsabilité. C’est moi qui ai commis les faits ».

12h49 - Me Paria aide la mère de Lelandais à se justifier du tri des vêtements de l’accusé.

12h48 - Me Remond interroge la mère de Lelandais. "Quand vous avez fait le tri, vous avez été prise d’une frénésie de nettoyage. Ça vous arrive souvent ? Parce que les draps dans lesquelles ont dormi les fillettes ont disparu". "Ca n’a rien à avoir avec les faits, réfute Christiane. Une amie m’a proposé de les mettre aux Emmaus, j’en avais un peu trop dans les armoires".

12h30 - L'audience est reprise. La mère de Nordahl Lelandais est appelée à la barre par la présidente. Elle l'interroge sur la veste que l'accusé dit être allé chercher dans la chambre de la fillette quand il l'a agressée sexuellement. La mère de l'accusé confirme sa version des faits, allant à l'encontre du récit livré par les parents de la victime ce matin.

12h05 - Nordahl Lelandais a-t-il abusé de Maëlys de Araujo ? La présidente le questionne sur ses intentions à l'égard de la fillette. "Maëlys, elle est seule dans la voiture avec vous. Est-ce qu’on peut se poser la question ?", dit la magistrate. "Pas du tout, affirme l'accusé. Je comprends le lien que vous êtes en train de faire. On en viendra aux faits dans la semaine (…) Il n’y a pas eu d’envie sexuelle avec Maëlys de Araujo."

L'audience est suspendue. Elle reprendra à 12h20.

11h52 - Deux photos classées pédopornographiques ont été retrouvées dans un appareil appartenant à l'accusé. Elles sont projetées devant la cour.

"J’ai jamais pensé que c’était une petite fille", se défend Lelandais. De vives réactions se font entendre dans la salle. "J’aimerais m’expliquer !", proteste l'ancien militaire. Il dit ne pas être au courant que ces photos sont classées pédopornographiques par Interpol.

"Pour vous, elle a quel âge ?", demande la présidente. "Pour moi, c’était pas une petite enfant, c’était une adolescente", dit-il.

11h43 - Mme Blain s'intéresse au compte Instagram de Nordahl Lelandais. Il y était abonné à plusieurs comptes de très jeunes filles.

"Elles ont quel âge ces enfants, selon vous ?

13 ans", répond l'accusé, sans pouvoir expliquer pourquoi il suivait ces comptes.

11h37 - La présidente demande la diffusion d'une écoute téléphonique. Il s'agit d'une discussion entre Nordahl Lelandais et sa mère. L'accusé lui demande de ne pas parler des accusations d'agressions sexuelles qui pesaient sur lui alors qu'il était déjà incarcéré.

11h25 - La magistrate demande à l'accusé l'origine de ses "pulsions (sexuelles) répétées". "C’est de la lâcheté. De voir l’enfant endormi, je commets cet acte", dit Lelandais, debout dans son box.

"C’était plutôt pour le sexe, pas pour les enfants", poursuit le trentenaire. "Ou vous ne faites pas de différence avec les femmes, ou vous êtes attiré par les enfants. En tout cas, tous les tabous sont levés et ça ne vous pose pas de difficulté", objecte la présidente.

Mme Blain insiste auprès de l'accusé. Elle cherche à comprendre pourquoi la version de l'accusé n'est pas la même que celle des parents de la fillette abusée. "Je ne vous explique pas ma vérité, je vous explique la vérité", tranche Lelandais.

11h17 - "J’en prenais tout le temps de la cocaïne. Il n’y a pas eu qu’une prise" au cours de cette soirée, indique Lelandais. Mme Blain cherche à savoir si l'accusé était alcoolisé ou sous l'emprise de la drogue quand l'agression s'est produite. Il confirme, sans se rappeler précisément de sa consommation.

11h12 - Nordahl Lelandais, questionné par la présidente, dit ne plus se souvenir de la veste qu'il affirme être allé chercher dans la chambre de la fillette le soir des faits. Il désigne sur les photos l'endroit où le vêtement se trouvait dans la pièce.

11h05 - La présidente Valérie Blain demande que soient projetées des photos du domicile des parents de Nordahl Lelandais où s'est produite l'agression sexuelle.

11h02 - Lelandais maintient qu'il est monté dans la chambre de la fillette au cours de la soirée, alors que ses parents n'étaient pas encore couchés. "Ma mère m’a demandé d’aller chercher une veste, c’est à ce moment-là que j’ai commis cette agression sexuelle", indique l'accusé.

La présidente explique que la vidéo a été tournée à 2 heures du matin. A cette heure-là, les parents de la fillette ont affirmé qu'ils étaient couchés. Lelandais ne répond pas.

10h57 -  La présidente note des similitudes entre les trois vidéos pédopornographiques enregistrées par l'accusé et des sextape dans lesquelles il se met en scène. "Elle est où la frontière entre vos partenaires féminines et les enfants ?", demande-t-elle. "A ce moment là, il n’y a pas de frontière", reconnait l'accusé.

10h52 - La présidente interroge Nordahl Lelandais sur ces faits. Elle cherche d'abord à comprendre pourquoi l'accusé à transféré cette vidéo, tournée avec son premier téléphone, vers son second.

"C’est une question simple, précise, pourquoi transférez-vous cette vidéo ?, insiste la magistrate.

J'ai bien compris la question, mais aucune idée, répond le trentenaire.

A quoi vous sert votre Iphone 4 ?

C’est des vidéos pornographiques.

Ca peut être la raison du transfert ?

Oui."

10h45 - La témoin quitte la salle. La présidente Valérie Blain demande que soit diffusée la vidéo des attouchements. Grand silence dans la cour d'assises, plusieurs personnes du public se lèvent pour partir. Nordahl Lelandais ne regarde pas l'écran.

10h42 - La mère de la fillette continue de se questionner sur les faits. Elle se demande les motivations de Lelandais et souhaite qu'il se livre, sans trop y croire. "La réponse, il ne la donnera pas."

10h36 - La témoin explique que Marie, sa fille qui a été abusée, ne montre "aucune émotion" concernant les faits qu'elle a appris il y a quelques jours. "Dès qu’il se passe un événement assez grave, elle ne montre pas ses sentiments. On va faire en sorte de voir si, à l’adolescence, des sentiments ressortent", dit-elle.

La mère de la fillette se dit personnellement affectée par ces faits, notamment dans son couple. Elle se décrit désormais comme "maman avant tout, et voilà". "On va faire le nécessaire pour surmonter tout ça mais j’y crois pas trop."

10h20 - La mère de Marie se rappelle d'une autre audition chez les gendarmes, lorsqu'ils lui annoncent que sa fille a été victime d'attouchements. Elle visionne partiellement la vidéo retrouvée sur le téléphone de l'accusé.

"C’est des images qui vont me hanter. J’aurais tellement voulu la protéger, qu’il ne leur arrive jamais ça. On était là, à deux mètres. Même avec des gens avec qui on pensait qu’il ne pouvait rien arriver, c’est arrivé."

10h14 - "Jusqu’à ce qu’il avoue pour la petite Maëlys, on prenait sa défense", se rappelle la cousine de l'accusé. Dans une audition aux gendarmes, elle décrivait quelqu'un de "bienveillant", un "proche" en qui elle avait une "confiance absolue". Il lui est arrivé de lui confier ses filles. "C’est pas possible d’avoir une personne comme ça autour de nous, un monstre. C’est impossible. Une autre personne, peut-être, mais lui non", dit-elle aujourd'hui à la barre.

10h07 - Le père de Marie s'éloigne de la barre et laisse la place à son épouse, la mère de la fillette abusée sexuellement. Cette cousine de l'accusé décrit des contacts réguliers avec lui. "C'était le cousin fêtard qui voit ses amis, qui est bien entouré", décrit la quadragénaire. "On n'a rien vu et il ne nous a parlé de rien non plus."

10h03 - L'avocat général, Jacques Dallest, questionne brièvement le témoin. Il rappelle que la vidéo a été tournée à 2h14 du matin. "A cette heure là, on ne prend plus l’apéritif. A cette heure là, on est couché ?", demande le magistrat, remettant en cause la version de Lelandais. Le témoin confirme. L'accusé avait indiqué être allé dans la chambre de la fillette au cours de la soirée pour aller chercher une veste.

9h57 - "Il y a toujours cette part de mystère en nous", poursuit le témoin à propos des faits qui se sont produits à l'été 2017. "On ne sait pas si elle s’est rendue compte de quoi que ce soit, si elle était endormie, si elle s’est réveillée. On ne sait pas."

9h51 - L'avocate du témoin, Me Remond, l'interroge. Elle lui demande de parler de sa fille Marie* (le prénom a été changé), victime des attouchements. "C'est une petite fille tout à fait normale, intelligente. Elle est parmi les premières de sa classe, elle travaille très bien", dit son père, bien qu'elle se soit "renfermée" depuis que ses parents lui ont parlé des faits.

9h42 - Le père de la fillette se rappelle des aveux de Nordahl Lelandais dans l'affaire Maëlys. "C’était un truc de dingue. On a coupé les ponts immédiatement avec sa famille. Depuis, ça a été de plus en plus, jusqu’au moment où on a été convoqué par la gendarmerie."

Les enquêteurs leur annoncent que leur fille a été victime d'attouchements. Une vidéo est retrouvée sur le téléphone de Lelandais. "Depuis, c’est l’enfer", résume-t-il. La fillette, âgée de 6 ans à l'époque des faits, a été mise au courant par ses parents il y a quelques jours. "Elle s’est refermée tout de suite. Et depuis, elle ne veut pas en parler", relate son père.

"On essaye de se reconstruire, mais ce n’est pas évident. On se bat tous les jours pour essayer de vivre normalement, pour protéger nos enfants", poursuit le témoin, la gorge nouée. "Ca a tout changé, je n’ai plus confiance en personne. Ma fille ne peut pas aller en colonie avec sa classe. On ne peut faire confiance à personne, je suis traumatisé. Pour moi, c’est un stress permanent."

9h35 - Le témoin revient sur la chronologie des faits. Les attouchements se sont produits au dernier jour de leur séjour. "On a pris un dernier verre sur la terrasse avec sa mère et on est parti se coucher", se rappelle-t-il. Selon lui, Nordahl Lelandais n'avait "aucune raison" de se trouver dans la chambre de ses filles ce soir-là.

9h30 - La famille était en vacances à Domessin, en Savoie, lorsque les faits se sont produits. "Il avait l’air attentionné", se rappelle le père de la fillette. "Il semblait parfaitement détendu (...) rien qui ne pouvait éveiller nos soupçons."

Dans son audition aux gendarmes, il décrivait un "beau gosse super sympa qui avait tout pour lui".

9h23 - Le père de la fillette s'avance devant la cour. "Je suis là pour savoir ce qu’il s’est passé, pourquoi", dit-il, la voix tremblante. La présidente le questionne sur les circonstances des faits.

"J’ai rencontré cette personne quatre ou cinq fois, surtout pour des regroupements familiaux. Je pensais que c’était une personne tout à fait normale", se rappelle-t-il, bouleversé.

9h17 - L'audience est reprise pour cette deuxième semaine du procès de Nordahl Lelandais. Ce matin, les parents d'une petite cousine du trentenaire vont venir témoigner à la barre.

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