Nordahl Lelandais devenu père en prison : “C’est écœurant, nous, nos enfants n'ont pas eu le droit de vivre”, s’émeut la maman de Maëlys

Le meurtrier de la petite jurassienne, Maëlys De Araujo, et du caporal Arthur Noyer, est papa d’un petit garçon de deux mois, selon le Parisien. Une nouvelle qui ravive la douleur des familles de ses victimes.

C'est écœurant [...] Nous nos enfants n'ont pas eu le droit de vivre, il a choisi ce monstre pédophile de les assassiner... Il ne mérite rien, il a tous les droits, nos enfants avaient le droit d'exister, d'avoir un avenir.

Jennifer, maman de Maëlys, le 13 janvier 2024


Dans un message posté sur sa page Facebook le 13 janvier 2024 au lendemain des révélations du journal Le Parisien (article réservé aux abonnés), Jennifer, la maman de la petite Maëlys, a réagi avec douleur et colère à l’annonce de la paternité de Nordahl Lelandais jugeant "dommage que la castration chimique ne soit pas utilisée en France". "L'ancien maître-chien, âgé aujourd'hui de 40 ans, est incarcéré actuellement à la centrale d’Ensisheim près de Strasbourg.

Il est des blessures qui ne se referment jamais

Maëlys, cette petite fille de 8 ans avait disparu en août 2017 lors d’une soirée de mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). Nordahl Lelandais a été condamné en février 2022 par la cour d'assises de l'Isère à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys. Lors du procès, l'ancien militaire avait fini par reconnaître avoir enlevé et tué "volontairement" la petite Maëlys. Il n'a en revanche pas été en mesure d'expliquer son geste. "C’est inexplicable, c’est un moment où je pète les plombs. Elle pleure et je lui donne des coups. Au moment où je donne des coups, j’ai l’intention de la tuer, oui". 

"La perpétuité, c’est ce qu’on a pris nous en ayant perdu Maëlys", avait affirmé quelques instants après le verdict Jennifer, sa mère, un portrait de sa fille entre les mains. “Maëlys, elle a mis un dangereux criminel en prison. Il ne fera plus jamais de mal à personne et c’était mon objectif."

La sidération des parents d’Arthur Noyer


En avril 2017, quatre mois avant la mort de Maëlys, le jeune caporal Arthur Noyer avait trouvé la mort, lui aussi sous les coups de Nordahl Lelandais. Ce dernier l’avait pris en stop à Chambéry. Nordahl Lelandais a été condamné en mai 2021 à vingt ans de réclusion pour le meurtre du jeune militaire. Il a maintenu la thèse de la bagarre qui aurait mal tourné, et réfuté le mobile sexuel dans ce drame. Le crâne d'Arthur Noyer avait été retrouvé en septembre 2017 à Montmélian en Savoie. 


Cécile Noyer, mère d'Arthur Noyer, a appris avec sidération la récente paternité du tueur de son fils. "Quand j'ai lu ça, je n'en revenais pas. Je suis écœurée" a–t-elle confié au journal Le Berry

Je suis sidérée. Il est privé de sa liberté, mais il copule à tout-va. Je sais que son avocat va dire qu'il est privé de liberté, mais pas de ses droits humains. Arthur et Maëlys avaient le droit de vivre. Il en a décidé autrement. Ils ne pourront jamais connaître la joie d'être papa et maman. Parce qu'il leur a pris la vie.

Cécile Noyer, mère d'Arthur Noyer dans un interview au Berry

Être père, un droit donné à tous les détenus

Selon le Parisien, Nordahl Lelandais est devenu père, il y a deux mois, d’un petit garçon. D’une nouvelle compagne. Il avait déjà eu une première relation en prison et avait été surpris en plein acte sexuel en avril 2022 lors d’un parloir à la prison de Saint-Quentin Fallavier en Isère, ou il a été incarcéré dans un premier temps.

En prison, les détenus restent des citoyens privés de leur liberté, mais pas des droits fondamentaux, comme le droit aux visites, aux parloirs, le droit à travailler, le droit de voter et le droit d’avoir des relations sexuelles avec la personne de leur choix dans un cadre bien précis et réglementé. Au parloir, considéré comme un lien public, les rapports sexuels sont interdits. Mais les détenus peuvent faire des demandes pour passer quelques heures ou quelques jours dans des unités de vie familiales.

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Dans une publication de l’observatoire international des prisons (OIP), il est mentionné que tous les établissements ne possèdent pas ces types d’unités, des petits appartements F2 ou F3 équipés d'une cuisine et situés dans l’enceinte pénitentiaire.

Depuis la loi pénitentiaire de 2009, tous les détenus peuvent en principe accéder à ces différentes formes de visites. En pratique, la majorité des établissements n'étant dotés que de parloirs ordinaires avec surveillance, peu de détenus bénéficient de conditions de visites améliorées garantissant une certaine intimité.

Observatoire international des prisons, OIP

 Au 1er mai 2015, seuls 26 établissements sur 187 étaient pourvus d’unités de vie familiale, pour un total de 83 UVF, selon les données de l’OIP.


"Comme tout détenu, Nordahl Lelandais a le droit de reconstruire une vie derrière les barreaux. La privation de liberté n’entraîne pas la suppression des autres droits, notamment celui d’avoir une compagne ou de devenir père", a confié au journal Me Mathieu Moutous, l’un de ses avocats.


Ces révélations sur la paternité de Nordahl Lelandais interviennent alors que ce dernier a été condamné le 12 janvier à un an d'emprisonnement pour l'agression sexuelle en mars 2017 d'une petite-cousine alors âgée de 14 ans, et ce, quelques semaines avant le meurtre de la petite Maëlys. 

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