Procès Lelandais : Nordahl Lelandais, reconnu coupable d'homicide volontaire, est condamné à 20 ans de prison

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Écrit par France 3 Alpes

Le procès de Nordahl Lelandais s'est achevé ce mardi. Le trentenaire accusé du meurtre d'Arthur Noyer, jeune militaire disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 en Savoie a été reconnu "coupable d'avoir volontairement donné la mort" à Arthur Noyer. Il a été condamné à 20 ans de prison.

 

 

Place aux plaidoiries des avocats de la partie civile et de la défense. Mardi 11 mai, le procès sur le meurtre d'Arthur Noyer s'est poursuivi avec une journée de prise de parole des conseils de la famille Noyer et de l'accusé, Nordahl Lelandais. Le ministère public a également fait connaître ses réquisitions avant que la défense ne prenne la parole pour terminer, avant un verdict rendu dans la soirée.

La veille, experts psychologues et psychiatres s'étaient succédé à la barre pour présenter leurs conclusions d'expertises. Ils ont estimé que le trentenaire présentait des "troubles grave de la personnalité" ainsi qu'une "dimension manipulatrice". Des conclusions que la défense n'a pas manqué de nuancer, pointant de nombreux "point subjectifs et relativisables".

Suivez cette septième journée d'audience en direct, minute par minute, dans notre article.

 

Ce qu'il faut retenir
 

  • Après près de sept heures de délibération, Nordahl Lelandais a été reconnu "coupable d'avoir volontairement donné la mort" à Arthur Noyer à la majorité de six voix au moins, par la cour d'assises de la Savoie. En conséquence, il a été condamné, à la majorité absolue, à 20 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté des deux tiers. Il est également condamné, à la majorité absolue, à une interdiction de détenir une arme pendant une durée de quinze ans. Et il a été décidé qu'il devra se soumettre à un suivi socio-judiciaire et à une obligation de soins pendant dix ans. 

 

  • "Pas un monstre, ni un prédateur sexuel". Ce mardi après-midi, les trois avocats de la défense ont tenté de démonter l'image de Nordahl Lelandais, construite selon eux, par les médias depuis quatre ans, celle d'un "monstre" et d'un "prédateur sexuel". "C'est un homme d'une banalité affligeante", "un mec un peu lourd" qui "peut être violent verbalement et être vulgaire", "quelqu'un de paumé, cocaïnomane qui prend la mauvaise décision". "Un peu Dr Jekil et Mr Hide" concède aussi Me Jakubowicz, imputant ses actes à "une déchirure, une césure" dans sa vie en 2017. Un portrait loin de celui qu'avait dressé Me Bernard Boulloud, l'avocat de la famille Noyer, en ouverture de cette journée, le "qualifiant de gendre idéal devant les juges" mais de quelqu'un "de lâche, qui veut sauver sa peau et se fiche de la souffrance des autres". Un acteur qui aurait eu quatre ans et vingt jours pour "apprendre sa pièce de théâtre et la répéter".

     
  • Le mobile sexuel. Pour l'avocate générale, "c'est le seul mobile qui peut être envisagé". Thérèse Brunisso se demande comment Arthur Noyer a réagi "quand il réalise qu'ils ne vont pas dans la bonne direction (à St Baldoph plutôt qu'à Barby) ?". La représentante du ministère public ajoute que Nordahl Lelandais peut aussi refuser de reconnaître ce mobile sexuel "prosaïquement" (...) parce que s’il le reconnaît lors de ce premier procès, il sera obligé de le reconnaître lors du procès sur la mort de Maëlys De Araujo. Il y a pour lui un enjeu considérable". Des "interprétations" que Me Alain Jakubowicz s'est attaché à démonter lors de sa plaidoirie, estimant que Nordahl Lelandais avait "un plan homme et un plan femme (...) disponibles (...) s'il avait une pulsion sexuelle qu'il (devait) absolument assouvir". 

     
  • Nodahl Lelandais avait-il l'intention de tuer Arthur Noyer ? C'est la question majeure à laquelle les jurés sont chargés de répondre. L'avocat de la famille Noyer l'avait admis dès le début de la matinée, "l’accusation aura toutes les difficultés pour apporter la preuve de l’élément intentionnel du meurtre". "Ce qu’il voulait, cet homme, c’était parvenir au crime parfait", a déclaré Me Bernard Boulloud invitant les jurés à juger "un meurtrier, capable de tuer et de rester sans affect, capable de maquiller, de cacher ses proies après les avoir tuées".  Pour l'avocate générale, cette intention retenue dans la qualification de meurtre est prouvée par le fait que Nordahl Lelandais ait caché le corps, et éteint ses téléphones. "Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a-t-elle dit, "c’est la rixe rapide, le coup de poing mal placé et la victime qui s’effondre. L’auteur ne va pas cacher le corps. L’auteur ne va pas se comporter comme Nordahl Lelandais s’est comporté en périphérie de son acte criminel."  Une accusation que Me Jakubowicz réfute : son client "ne voulait pas tuer Arthur Noyer. Il n'y a rien de prémédité, il n'avait aucune raison de tuer Arthur Noyer, rien ne le prédestinait à ça". Pour l'avocat, l'intention homicide à l'instant T, ne tient pas. 
     
  • 30 ans de prison requis, d'ultimes excuses. L'avocate générale a requis une peine de 30 ans de prison assortie d’une période de sûreté de 20 ans ainsi que d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans. "Nordahl Lelandais est un homme dangereux pour ses semblables et je vous demanderai d’en tenir compte dans votre appréciation de la peine", a dit Thérèse Brunisso aux jurés. Invité à s'exprimer une dernière fois avant que la cour ne se retire pour délibérer, Nordahl Lelandais à une nouvelle fois présenté ses excuses à la famille Noyer, salué leur "dignité et leur intelligence qui force le respect". Attaqué par Me Boulloud ce matin pour ne pas avoir regardé sa victime pendant les sept jours d'audience, Nordahl Lelandais a ensuite fixé le portrait d'Arthur Noyer pour lui adresser ses excuses. "Je n’ai jamais voulu ça", a-t-il dit pour conclure.

 

La journée d'audience en direct, minute par minute

0h05 - Nordahl Lelandais est déclaré responsable des préjudices subis et condamné à verser 45 000 euros à chacun des parents d'Arthur Noyer, à 30 000 euros à Quentin Noyer et à 18 000 euros à chacun des trois grands-parents d'Arthur Noyer.

23h48 - La cour s'est retirée pour délibérer. La défense et l'avocate générale n'ont pas fait d'observations.

23h47 - Me Boulloud demande également 20 000 euros de dommages et intérêts pour la grand-mère paternelle d'Arthur Noyer, ainsi que 20 000 euros à chacun des deux grands-parents du côté maternel.

23h42 - Début de l'audience civile, sans les jurés. Seuls les magistrats professionnels siègent. Me Boulloud demande 90 000 euros de dommages et intérêts pour chacun des parents d'Arthur Noyer en réparation des préjudices subis, ainsi que 40 000 euros pour Quentin, le frère d'Arthur Noyer. 
 

23h30 - L'audience reprend. Nordahl Lelandais est reconnu "coupable d'avoir volontairement donné la mort" à Arthur Noyer à la majorité de six voix au moins. En conséquence, il est condamné à la majorité absolue à 20 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté des deux tiers. Il est également condamné, à la majorité absolue, à une interdiction de détenir une arme pendant une durée de quinze ans. Et il a été décidé qu'il devra se soumettre à un suivi socio-judiciaire et à une obligation de soins pendant dix ans. 
 

23h28 - Nordahl Lelandais fait son entrée dans le box des accusés.

23h20 - L'attente se prolonge dans une ambiance silencieuse et tendue. La délibération a démarré il y a près de sept heures. Nordahl Lelandais n'a toujours pas pris place dans le box des accusés.

22h30 - Après plus de six heures de délibération, la cour s'apprête à rendre son verdict. La famille d'Arthur Noyer ainsi que ses proches, les avocats des parties civiles et de la défense, l'avocate générale et les journalistes prennent place dans la salle de la cour d'assises. 
 

16h35 - Pour la première fois depuis le début du procès, le 3 mai dernier, Me Alain Jakubowicz, l'avocat de Nordahl Lelandais accepte de dire quelques mots à la presse, à l'issue de sa plaidoirie. 

"La dignité nous impose de ne pas prendre la parole avant que le verdict soit rendu", a-t-il déclaré en préambule avant de saluer "un procès de haute tenue, avec beaucoup d'intensité et une immense sérénité".

"Quel que soit le verdict qui sera rendu", a poursuivi Me Jakubowicz, "je veux rendre grâce à notre justice, cette justice qui sait prendre le temps d'analyser les choses, et d'analyser les âmes parfois".

"Je veux rendre hommage aux magistrats professionnels, aux jurés auxquels nous, avocats, sommes tant attachés et qui sont essentiels dans notre système criminel. Je veux rendre hommage à la loyauté de l'avocate générale, et à la très grande dignité de la famille Noyer", a réagi l'avocat de la défense avant de se retirer.
 


16h28 - L'audience est suspendue. La cour se retire pour délibérer. Le verdict pourrait être rendu dans la soirée.
 

16h25 - Lors d'une ultime déclaration, Nordahl Lelandais a de nouveau adressé ses excuses à la famille d'Arthur Noyer, ajoutant "je sais que le pardon n’est pas une formule magique, pour moi il est vraiment nécessaire". "Cette semaine, j’ai vu des témoignages très forts d’une mère d’un père, d’une grand-mère". A Didier Noyer, il dit : "vous avez eu plusieurs gestes très forts, merci d’être allé vers ma famille, cela montre votre intellignece et votre dignité et impose le respect.

Regardant le portrait de la victime, il a déclaré : "Mr Arthur Noyer, je n’ai jamais voulu ça, je vous présente mes excuses à vous, à votre famille".
 

16h22 - La plaidoirie de Me Jakubowicz se termine. "A l'intention d'homicide, vous répondrez non", dit-il aux jurés. "Cela ne vaut pas 30 ans de prison !" hurle l'avocat pour finir. Il s'adresse aux jurés : "jugez fermement mais jugez justement".
 

16h20 - La défense revient sur les experts psychiatres et psychologues qu'il ne manque pas de critiquer, à l'exception du Dr Magalie Ravit, intervenue hier matin. Il loue "son professionnalisme", elle qui a vu l'accusé à neuf reprises.
 

16h15 - Me Jakubowicz continue avec les causes de la mort. Pour lui, "ce n'est sans doute pas les coups de poing qui ont provoqué la rupture du rachis cervical" car Nodahl Lelandais "ne voulait pas tuer Arthur Noyer. Il n'y a rien de prémédité, il n'avait aucune raison de tuer Arthur Noyer, rien ne le prédestinait à ça". Pour l'avocat, l'intention homicide à l'instant T, ne tient pas. 
 

16h10 - La défense remet en question "l'extrême vulnérabilité" du caporal Noyer. "C'est faire injure à Arthur Noyer", estime Me Alain Jakubowicz. Pour lui, "l'ivresse manifeste d'Arthur Noyer, ce n'est pas vrai. Nordahl Lelandais est au fond du trou, cocaïnomane et en face de lui il a un jeune homme 23 ans qui, au moins deux fois par semaine, va courir en montagne, qui a l'habitude de boire, est-ce que vous imaginez Arthur Noyer prendre des coups et rester sans rien faire ? Il sait certainement se battre et il sait se défendre", estime l'avocat de la défense.

16h - Me Jakubowicz s'attaque désormais à la remise en cause du mobile sexuel avancé par l'accusation. Pour l'avocat de la défense, Nordahl Lelandais avait "un plan homme et un plan femme s'il avait une pulsion sexuelle qu'il (devait) absolument assouvir", référence à deux personnes avec qui l'accusé avait déjà eu des relations sexuelles et qui étaient "disponibles" ce soir-là. "Et quand bien même il voulait une relation sexuelle avec Arthur Noyer, ça n'explique pas la volonté homicide", argumente l'avocat de la défense.
 

15h55 - L'avocat de Nordahl Lelandais poursuit son adresse aux jurés, les mettant en garde : "vous allez devoir juger l'accusé en fonction de votre intime conviction, et non pas en fonction de votre intime supposition".

"On sait que Nordahl Lelandais a tué Arthur Noyer à St Baldoph entre 3h10 et 3h19, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Mais est-ce qu'il existait dans la tête de Nordahl Lelandais une intention ? A ce moment T ?", interroge Me Jakubowicz.  "C'est ce que vous devrez déterminer" dit-il aux jurés "pour savoir si vous retenez l'intention d'homicide".
 

15h49 - Me Jakubowicz demande aux "jurés d'être attentifs" à plusieurs points de droit qu'il souhaite développer. "Les incohérences, les mensonges et le silence ne font pas la preuve de la culpabilité de l'accusé".

"Le mensonge dans le droit français est un droit", dit l'avocat de la défense, "ce n'est pas comme aux Etats-Unis où on fait prêter serment à l'accusé".

"Le silence est un droit et c'est une constante de tous les états démocratiques, un accusé a le droit de ne pas s'auto-incriminer".

"Un accusé a le droit de ne pas dire la vérité, de mentir, de se taire", poursuit l'avocat lyonnais.
 

15h40 - Pour l'avocat de la défense, la mort de la victime s'est produite après 3h08. Il estime également que Nordahl Lelandais n'a pas dissimulé le corps, qu'il l'a simplement déposé au col de Marocaz. Me Jakubowicz fait allusion à Michel Fourniret, décédé hier. "On cherche toujours le corps d'Estelle Mouzin, ça c'est la dissimulation ! Quand on se débarasse d'un corps, le laisser aux éléments, aux animaux, c'est horrible, terrible". Et d'après lui, si Nordahl Lelandais consulte ensuite des sites internet pour chercher des informations sur le temps de décomposition d'un corps "c'est parce qu'il sait qu'il ne l'a pas dissimlé et enterré. C'est la preuve de quelqu'un de désorgarnisé, de paumé, et qui va errer parce qu'il ne sait pas quoi faire d'autre".
 

15h35 - Me Jakubowicz revient à présent sur les questions autour de l'heure précise à laquelle s'est produite la mort d'Arthur Noyer. Il commente la thèse développée par son confrère, Me Boulloud ce matin, qui estimait que la mort d'Arthur Noyer s'était produite entre 3h03 et 3h08. Il tacle l'avocat des parties civiles en disant que cette thèse "dédouanerait complètement Nordahl Lelandais. Cela enlève tout le mobile. Il ne peut pas y avoir de différend sexuel en cinq minutes" selon l'avocat de la défense.


15h25 - Me Alain Jakubowicz s'attache désormais à expliquer pourquoi Nordahl Lelandais a changé de versions à plusieurs reprises. "Ce n'est pas toujours simple de dire la vérité. C'est pour cela que j'ai parlé du chemin de la vérité", dit l'avocat. Mais selon lui son client "n'a jamais varié sur les faits fondamentaux, comme le lieu de la mort et le fait qu'il l'ait déposé à St Baldoph, depuis le 29 mars 2018, depuis son premier interrogatoire". L'avocat de la défense estime que "pendant sa garde à vue, il a posé des jalons. Il est venu très vite à la vérité dans ce dossier. Dans le dossier de la petite Maëlys, c'est autre chose", concède l'avocat. 
 

15h15 - L'avocat de la défense revient à présent sur la nuit d'Arthur Noyer et s'emploie à montrer que le jeune homme n'était "pas ivre mort". D'après les images de vidéosurveillance, Me Jakubowicz reconnaît qu'"il n'est pas en état de se battre, c'est une évidence", au moment où il sort du RDC. "Mais c'est un jeune homme de 23 ans, au top de la forme, entraîné. Il y a matière à dessouler ler entre 2h et 3h du matin", selon lui.

Me Jakubowicz étaye son argumentation en revenant sur le témoignage des trois policiers qui "disent que clairement il tenait debout". "Même ses camarades ont dit qu'il avait bien bu mais qu'il tenait debout".

"Autant j'ai été troublé par les images où on voit (Arthur Noyer) sortir de la boîte de nuit puis on le voit bien marcher. Il marche normalement, il ne titube pas du tout. Il passe trois appels à Vincent N. Est-ce qu'un mec bourré peut faire ces trois appels réitérés ?", dit-il encore.

Pour Me Jakubowicz : "A 2 heures du matin il n'est pas bien, à 2h45 il a parfaitement récupéré. Tous les éléments du dossier le disent". 

"Et puis il y a ce moment atroce où il croise la route de Nordahl Lelandais. Ce moment horrible. On aimerait tous appuyer sur la touche reset".
 

15h10 - Me Jakubowicz remet en cause les interprétations faites par l'avocate générale du comportement de Nordahl Lelandais la nuit du 11 avril, lorsqu'il erre vers le carré Curial. "Cette chasse à la proie, au partenaire sexuel, va durer 4 min et 48 secondes. De 1h50 jusqu'à 2h07 on le voit circuler en voiture, c'est là qu'il nous dit, je suis paumé, je cherche des potes. Dans la bouche de Mme l'avocate générale, il recherche un partenaire sexuel parce qu'il se retourne sur un groupe, qu'il regarde un groupe de quatre personnes. C'est un crime, un délit ça ?" interroge l'avocat de manière rhétorique. "Cela annonce une pulsion sexuelle ? Non. Rien".
 

15h05 - L'avocat de Nordahl Lelandais revient à présent en détail sur la journée du 11 avril 2017, en relisant notamment des SMS échangés avec Richard, avec qui Nordahl Lelandais a entretenu une relation homosexuelle puis avec Camille qu'il sollicite pour avoir des relations sexuelles.
 

14h55 - "Oui Nordahl Lelandais c'est un peu Dr Jekil et Mr Hide", concède Me Jakubowicz. "On le sait tous qu'il a sombré dans la cocaïne. C'est sa lâcheté constante à l'égard de tout le monde et particulièrement des femmes", estime Me Jakubowicz. "Tout simplement parce que c'est un homme. On n'a pas voulu enjoliver le portrait de Nordahl Lelandais mais on a voulu que vous le voyiez réellement. On ne peut pas comprendre le dossier si on n'a pas en tête cette rupture, cette césure dans sa vie, cette déchirure en 2017, cette recherche sans cesse de se mettre en danger, cette soif insatiable de sexe, cette consommation de cocaïne et d'alcool".
 

14h45 - "Ici, il n’y a qu’un accusé, Nordahl Lelandais, je ne ferai pas le procès de la presse" poursuit Me Jakubowicz, tout en tapant sur "une chaine d'info en continu qui vendredi soir titrait Nordahl Lelandais, le monstre". "La rumeur, c'est la fumée du bruit disait Victor Hugo", cite l'avocat de la défense. Il estime par ailleurs que "nombre d'institutions ont battu monnaie autour de cela. La cellule Ariane, si elle existe, c'est qu'elle a des raisons d'exister, peut-on penser...et bien, non, non, non ! C'est faux et cela ne repose rigoureusement sur rien". Il demande encore à la cour de juger l'accusé dans le cadre du code de procédure pénale. Même si "on a tellement envie de croire qu'il n'est pas comme nous".
 

14h40 - Me Jakubowicz débute sa plaidoirie. Il tient à mettre en lumière la "sérénité des débats" et des moments particuliers comme lorsque "Didier Noyer a franchi le rubicon, la ligne, en tendant la main à la maman de Nordahl Lelandais".
 

14h35 - Me Valentine Pariat essaye de démonter cette image de "prédateur sexuel". "Oui, il a des besoins sexuels importants, oui il est même un peu lourd. Mais parce qu'on a des besoins sexuels important on est forcément un prédateur sexuel ? Le raccourci est un peu facile", estime l'avocate. Pour elle, il est "réconfortant de voir en lui l'image de la duplicité, du manipulateur car il est plus compliqué de voir la vérité et de juger un homme". 

 

14h25 - C'est désormais Me Valentine Pariat qui s'exprime. Elle revient sur la vie sexuelle de Nordahl Lelandais qui a été longuement au coeur des débats. "Et selon moi, sur ce sujet, on a franchi la ligne de crête entre la morale et le droit", dit-elle. "Il a été décrit comme hypersexué et dénué de sentiment : le monstre, le monstre, toujours le monstre et on veut lui adjoindre le prédateur sexuel".

Pour l'avocate, Nordahl Lelandais n'est pas un prédateur sexuel, ce n'est pas le gendre idéal non plus. "Oui il est infidèle", dit-elle. "Selon moi il opère selon la théorie des lianes, il en lâche une pour en attraper une autre. Oui il est capable de violences verbalement et de vulgarité, mais moi, dans les témoignages de ses anciennes compagnes, je n'ai pas vu l'homme intolérant à la frustration et incapable de sentiments que l'on nous a décrit".
 

14h20 - Me Moutous demande aux jurés pour conclure son intervention de retenir les témoignages des amis de Nordahl Lelandais qui ont tous dit "que ce n'est pas la personne qu'ils ont connue". Pour l'avocat, c'est le signe de la "banalité affligeante" de l'accusé. L'avocat de la défense dit avoir été particulièrement ému par ces témoignages et par celui de son meilleur ami au moment des faits, Nazim, qui a dit être "peiné" de le voir ici.
 

14h15 - L'avocat de la défense revient sur le passé professionnel de Nordahl Lelandais et notamment sur son départ de l'armée. Hier, on a remis ça en en cause "car il faut noircir le trait". "Oui il a un poil ou un arbre dans la main,oui c'est un anorexique du travail comme cela a été dit. Ce n'est pas le premier, c'est pas le dernier, il a fait de sa profession de ne pas travailler. On en a tous connu des personnes comme ça. C'est pas glorieux mais ça n'en fait pas un monstre ou un serial killer. C'est juste un homme d'une banalité affligeante".

 

14h10 - Me Moutous poursuit en faisant le procès de la médiatisation de ce procès. Il estime que le procès n'a pas débuté le lundi 3 mai mais le 31 août 2017. "Ce jour-là, Nordahl Lelandais a disparu, il est devenu un monstre, un serial killer. Ce déferlement médiatique vous a empêché de tenir cette profession de foi, Mr le président. Il a contaminé les débats au point que vous avez du demander à plusieurs reprises à des témoins si ce qu'ils déclaraient ils l'avaient vu, entendu, ou lu dans la presse". Une surmédiatisation qui met l'avocat de la défense "en colère, contre certains médias, pas tous". Pour lui, cela a rendu le travail de la défense très difficile : "une équation presque insoluble. S'il est poli, il cache des choses, s'il répond calmement, il a été briefé, s'il est normal c'est qu'il manipule".
 

14h05 - Me Mathieu Moutous est le premier à intervenir. "L'avocate générale vous a rappelé ce matin, ce voeu pieux que vous avez fait Mr le président au premier jour de l'audience et que l'on ne dit que lors de procès exceptionnels : vous souhaitiez que Mr Lelandais soit jugé comme n'importe qui. Le code rien que le code, le code de procédure pénal, cela a été le fil d'Ariane de la défense au long de ces débats : le code rien que le code".


13h55 - Nous entrons dans les dernières heures du procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre d’Arthur Noyer. Dans un instant, l’audience va reprendre avec les plaidoiries de la défense.

Me Alain Jakubowicz est assisté de Me Mathieu Moutous et de Me Valentine Pariat, tous deux également avocats au barreau de Lyon. Un moment très attendu. De nombreux avocats du barreau de Chambéry sont venus assister à l'audience cet après-midi, en tant que spectateurs, ainsi que des élèves avocats.

A l’issue de leurs plaidoiries, les jurés et les magistrats se retireront pour délibérer. Le verdict devrait être rendu ce soir ou demain en fonction de l’heure à laquelle l’audience se terminera ce mardi soir.

Ce matin, l’avocate générale, Thérèse Brunisso, a requis une peine de 30 ans de prison assortie d’une période de sûreté de 20 ans ainsi que d’un suivi socio-judiciaire de 10 ans (voir le détail de ses réquisitions ci-dessous).

Des réquisitions que Me Bernard Boulloud a estimé "à la hauteur de ce que mérite le personnage".

 Cécile Noyer, la mère d’Arthur, s’est elle aussi félicité de "ce réquisitoire, à la hauteur de ce qu’on espérait".
 


11h40 - L'audience est suspendue. Elle reprendra à 14h avec la plaidoirie de Me Jakubowicz pour la défense.

11h38 - L'avocate générale a requis une peine de 30 années de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers ainsi que d'un suivi socio-judiciaire de dix ans.

"Nordahl Lelandais est un homme dangereux pour ses semblables et je vous demanderai d’en tenir compte dans votre appréciation de la peine", a-t-elle notamment dit aux jurés.

11h28 - "La volonté de tuer saute aux yeux, assène Mme Brunisso. Face à un homme ivre, vulnérable, qui mesure 13 cm de moins que lui, qui pèse 15 kg de moins que lui, Nordahl Lelandais va s’acharner, même si c’est à poings nus comme il l’affirme, avec une violence extrême. Cette violence extrême signe l’intention de tuer. D’autant qu’Arthur Noyer, dans l’état d’alcoolisation avancé dans lequel il était, n’a pas pu rester debout. Ca ne peut être qu’une victime à terre qu’il s’emploie à achever."

11h23 - L'avocate générale explique aux jurés la différence entre une qualification pour meurtre, dont est accusé Nordahl Lelandais, et pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

"Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, juge-t-elle, c’est la rixe rapide, le coup de poing mal placé et la victime qui s’effondre. L’auteur ne va pas cacher le corps. L’auteur ne va pas se comporter comme Nordahl Lelandais s’est comporté en périphérie de son acte criminel."

La magistrate estime par ailleurs que le fait que Nordahl Lelandais ait éteint ses téléphones et "caché le corps" montre qu'il avait "l’intention de tuer au moment des faits". "Il était si bien caché ce corps qu’il a passé un printemps complet, un été complet, dans un sous-bois. Personne entre avril et ce mois de septembre, personne n’a retrouvé ce corps. Il a donc mis énormément d’énergie à cacher ce corps."

11h12 - Nordahl Lelandais avait-il consommé de la cocaïne le soir de la disparition d'Arthur Noyer ? "Peut-être, peut-être pas. Rien ne permet de le confirmer", tranche Mme Brunisso.

11h10 - "Pourquoi Nordahl Lelandais ne le reconnaît-il pas (le mobile sexuel) ? C’est peut-être par peur d’un effondrement psychique interne, pas consciemment, comme une autoprotection, estime l'avocate générale. Ou alors, plus prosaïquement, s’il refuse de reconnaître ce mobile sexuel c'est parce que s’il le reconnaît lors de ce premier procès, il sera obligé de le reconnaître lors du procès sur la mort de Maëlys De Araujo. Il y a pour lui un enjeu considérable."

11h05 - Mme Brunisso étaye sa thèse du mobile sexuel. "Il (Nordahl Lelandais) avait une envie forte dans la soirée, son échange de SMS avec une partenaire sexuelle le montre. On sait par ses partenaires sexuelles qu’il peut avoir une envie subite. Et nous avons l’explication hier d’un expert psychologue : sa sexualité participe à son excitation permanente. C’est ça qui le fait sentir en vie."

Elle affirme : "Il recherche quelqu'un pour avoir une relation sexuelle. Je ne vois pas d'autre mobile possible, ni d'autre explication à cette déambulation."

11h - La représentante du ministère public liste les éléments qui ressortent de ces sept jours d'audience. "Arthur Noyer est ivre et donc il est vulnérable. On sait aussi qu’Arthur Noyer n’est pas attaché à son téléphone, il est content de le retrouver et n’aura aucune réaction d’agressivité à l’égard de ses voleurs. On sait aussi par tous les témoignages qu’Arthur Noyer n’était pas agressif ni violent lorsqu’il était alcoolisé (...) On sait bien que c'est à la caserne qu'il voulait rentrer et il n'y a aucun doute possible sur la réalité de sa destination telle qu'il l'a souhaitée."

Pour rappel, après avoir pris Arthur Noyer en stop, Nordahl Lelandais a pris la direction de Saint-Baldoph. Il affirme que le jeune caporal voulait s'y rendre. "Comment réagit-il quand il réalise qu'il n'est pas dans la bonne direction ? On n'en sait rien. Pourquoi Nordahl Lelandais le conduit-il à Saint-Baldoph si ce n'est pour espérer une relation à caractère sexuel. J'ai cherché et recherché quel pouvait être le mobile autre de ce meurtre. Je n'ai pas trouvé (...) Le seul mobile qui peut être envisagé est celui d'avoir avec Arthur Noyer une relation sexuelle."

10h50 - "La dernière de ses versions est cohérente mais c’est normal puisque cette dernière version s’est construite progressivement au fil des éléments de l’enquête qui étaient amenés à Nordahl Lelandais", estime l'avocate générale qui qualifie cette version de "peu probable", revenant sur les circonstances encore floues de la mort du jeune caporal. "On ne sait pas parce qu’il a fait en sorte qu’on ne sache pas", ajoute Mme Brunisso.

10h47 - Mme Brunisso revient sur la formation de la cellule Ariane par la gendarmerie fin 2017. Nordahl Lelandais est alors mis en examen pour les meurtre d'Arthur Noyer et Maëlys De Araujo. "Un certain nombre de personnes imaginent ou pensent que s’il a tué deux fois, c’est qu’il a pu tuer davantage", explique-t-elle.

Mais trois ans plus tard "un certain nombre de dossiers ont été refermés". "A ce jour, trois ans après la reprise des investigations et en leur état actuel, Nordahl Lelandais n’est lié de près ou de loin à aucune de ces disparitions", insiste-t-elle.

10h43 - L'avocate générale demande aux jurés de se "dépolluer" de ce qu'ils ont entendu sur Nordahl Lelandais avant de le juger. "Vous allez devoir oublier tout ce que vous avez lu, vu et entendu sur Nordahl Lelandais depuis plus de trois ans maintenant. Faire justice et condamner ça ne passe que par vous, juges, dans ce lieu de justice qui lui est dédié, dans le cadre et le respect des cadres fondamentaux de notre loi."

10h40 - La représentante du ministère public revient sur le "concentré de souffrance" émanant de ce procès. Pour la famille d'Arthur Noyer, mais aussi pour les proches de l'accusé. "Etre mère d’un criminel, sœur d’un criminel, ce n’est pas facile non plus. Les bordées d’injure que ces deux femmes supportent depuis des années en est la preuve. Quand on est mère d’un criminel, on n’a pas l’opinion publique derrière nous. On est seule, très seule."

10h35 - L'avocate générale commence par évoquer le contexte exceptionnel de ce procès, avec une très large couverture médiatique. "Je crois pouvoir dire que nous avons collectivement bien travaillé, estime Thérèse Brunisso. Chacun en son rôle, chacun à sa place. Vous, magistrats professionnels, juges et jurés. Le défi pour cette cour d’appel était que ce procès puisse se mener comme un procès ordinaire dans un contexte exceptionnel. Je crois que celle bulle de la cour d’assises a permis que les débats se tiennent dignement, avec sérénité la plupart du temps, à l’abri du tumulte, de l’agitation extérieure. C’était notre objectif, je crois que nous y sommes parvenu."

10h28 - L'audience reprend avec les réquisitions du ministère public.

10h06 - Me Boulloud termine sa plaidoirie. Il s'adresse une dernière fois à l'accusé : "Mon rôle n’est pas d’accuser à la place du parquet général. Si notre parole ne vaut pas moins que la vôtre, M. Lelandais, notre version ne se rapproche-t-elle pas de la vérité ? Vous avez encore la possibilité de nous le dire. Mais nous savons que vous ne la direz pas."

L'audience est suspendue pour un quart d'heure.

10h03 - "Ne vous y trompez pas, reprend le conseil de la famille Noyer en s'adressant aux jurés, l’accusé que vous allez juger, ce n’est pas celui dont on a dit qu’il avait un mal-être depuis la classe de 4e. Celui que vous allez juger, c’est l’autre face. C’est le meurtrier, celui qui est capable de tuer et de rester sans affect, qui est capable de maquiller, de cacher ses proies après les avoir tuées. C’est lui que vous allez juger."

10h - Me Boulloud résume la version de Lelandais qui dit avoir déposé le corps d'Arthur Noyer au col du Marocaz sans se rappeler de la suite. Un téléphone semblable à celui du jeune militaire sera retrouvé lors des recherches à côté de la gendarmerie de Challes-les-Eaux.

"Pour quelqu’un qui est perturbé, paniqué, stressé, ce n’est pas possible. Il est raisonné à ce moment-là, il sait parfaitement ce qu’il fait, juge-t-il. Il éteint les téléphones, il va cacher le corps à un endroit improbable et il fait en sorte d’égarer les enquêteurs. Le téléphone, il aurait pu le laisser dans le veston d’Arthur Noyer s’il était paniqué. Non, il jette le corps (…) Et il va sciemment égarer les recherches, les enquêteurs. C’est bien joué. Parce que quand on retrouve le téléphone, on va rechercher du côté de Challes-les-Eaux. S’il avait laissé le téléphone dans la veste d’Arthur Noyer, on aurait fatalement retrouvé le corps."

9h55 - Selon leur avocat, la famille d'Arthur Noyer pense que Nordahl Lelandais a tué le jeune militaire avant d'arriver à Saint-Baldoph où il aurait simplement placé le corps dans la voiture. "Pourquoi la version de Nordahl Lelandais serait-elle plus crédible que celle de la famille ? Il vous suffit simplement de vous demander pourquoi il manque trois minutes au bornage téléphonique", tranche Me Boulloud.

"Les militaires savent comment se ressaisir et reprendre la situation en main", ajoute-t-il en parlant de l'ancien maître-chien.

9h45 - "Revenons sur ce téléphone, poursuit Me Boulloud. Arthur Noyer aurait pris Nordahl Lelandais pour le voleur de son téléphone. Si cette affaire n’était pas si dramatique, on pourrait en rire. Vous savez pourquoi ? Arthur Noyer n’a jamais identifié le voleur de son téléphone. Et il serait venu reconnaître en la personne de Nordahl Lelandais son voleur ? Il vaut mieux en rire."

Revenant sur la version de l'accusé qui parle de "bagarre" avec le jeune caporal, l'avocat des parties civiles émet des doutes. "S’il y avait eu des coups de poing, Nordahl Lelandais aurait eu des blessures (…) Quand on veut parvenir au crime parfait, on évite les téléphones et on évite de se présenter à des fêtes ou des soirées. Vous n’êtes pas le maître du crime parfait. Ca se voit déjà à ce stade."

9h40 - L'accusé a notamment déclaré qu'Arthur Noyer semblait "agacé" lorsqu'il l'a pris en stop à cause du vol de son téléphone. C'est ce qui, selon Nordahl Lelandais, aurait entraîné la "bagarre" entre eux. "Arthur était énervé soit disant, reprend l'avocat de la famille Noyer. Vous avez entendu les témoignages. Les amis, la famille, les collègues de l’armée. Arthur n’était pas quelqu’un d’énervé quand il était alcoolisé. Jamais il ne s’est battu. Arthur n’était pas méchant quand il était alcoolisé, ça, c’était la personnalité d’Arthur."

9h35 - L'avocat des parties civiles revient point par point sur le récit de Nordahl Lelandais sur la nuit de la disparition d'Arthur Noyer, tentant de démontrer ses incohérences. "Arthur Noyer lui aurait demandé d’aller à Saint-Baldoph, mais c’est faux. Archi faux."

"Vous avez eu des témoignages très clairs", dit Me Boulloud à la cour, s'appuyant sur la parole des témoins qui indiquaient que le jeune caporal voulait rentrer au 13e BCA, à Barby.

9h25 - Me Boulloud revient sur la piste Lelandais dans l'affaire Noyer. Les enquêteurs ont remonté sa trace à l'aune de son implication dans la mort de la petite Maëlys. "Ce qu’il voulait, cet homme, c’était parvenir au crime parfait. Désolé mais le crime parfait, ça n’existe pas."

9h20 - L'avocat des parties civiles estime que l'accusé a tenté "d'instiller le doute" dans l'esprit des jurés afin d'éviter une condamnation pour meurtre. "Il sait aujourd’hui encore que l’accusation aura toutes les difficultés pour apporter la preuve de l’élément intentionnel du meurtre", explique Me Boulloud.

"Nous savons qu’en droit pénal, une preuve est essentielle. Mais sachez qu’en matière pénale, il faut démontrer le fait, son imputation et l’intention. C’est là qu’il croit que ça va être difficile mais ça ne le sera pas car la partie civile, le parquet général aura la main sur cette intention pour démontrer qu’elle existait bien", lance-t-il, ajoutant : "Après avoir pipé les dés, il a certainement oublié que vous pouviez avoir recours à votre intime conviction."

9h15 - Me Boulloud s'adresse à la victime, le jeune caporal Arthur Noyer, disparu en avril 2017. "Oui, Arthur, Nordahl t’a tué, lance-t-il. Volontairement. Et aujourd’hui il est là lui, physiquement, se présentant comme le gendre idéal devant les juges, devant sa famille qui n’y est pour rien. Pour rien et qui souffre de cette situation. Il est là, Arthur devant ta famille qui souffre de ton absence. Il est là, lui, pour se défendre becs et ongles en invoquant le code de procédure pénale. En invoquant le mensonge, certes avec la loi, mais sans foi ni vergogne."

"L’esprit d’Arthur est dans cette salle depuis 7 jours, matérialisé par ce portrait devant moi. Il regarde son meurtrier depuis 7 jours. Mais lui ne le regarde jamais."

9h10 - L'audience reprend avec la plaidoirie de Me Bernard Boulloud pour les parties civiles. "Quatre ans et vingt jours, c’est le temps qu’il lui aura fallu pour apprendre sa pièce de théâtre et la répéter, sans même besoin d’un souffleur", dit-il d'abord en parlant de Nordahl Lelandais. "Il se terre dans ses mensonges et ne dira jamais au grand jamais la vérité sur les circonstances de la mort d’Arthur Noyer. Juste pour sauver sa peau. Juste par lâcheté. Il se fiche éperdument de la souffrance des autres. Il en jouit même."

"La vérité, il n’a pas envie de nous la dire. Et pourquoi, questionne l'avocat de la famille Noyer. Parce qu’il tomberait inévitablement pour le dossier Maëlys. Mais aussi n’-t-il plus assez de courage en lui juste pour nous la révéler la vérité à nus la famille et redevenir un homme responsable dans la communauté des hommes à laquelle il appartient encore. Rappelons qu’il n’est pas un monstre, ça n’existe que dans les livres. C’est un homme que vous avez à juger aujourd’hui."

7h55 - Il pleut à nouveau ce mardi à Chambéry. Le public patiente comme tous les jours pour entrer dans la palais de justice.