Nordahl Lelandais condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de la petite Maëlys

La cour d'assises de l'Isère a condamné Nordahl Lelandais à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, ce vendredi, pour le meurtre de Maëlys de Araujo. La défense a annoncé qu'elle ne ferait pas appel de cette décision.

Nordahl Lelandais a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans par la cour d'assises de l'Isère, vendredi 18 février. L'ancien militaire a été reconnu coupable d'enlèvement, séquestration et du meurtre de la petite Maëlys de Araujo ainsi que d'agressions sexuelles sur deux petites cousines.

La cour s'est retirée pour délibérer dans la matinée après avoir écouté les dernières paroles de l'accusé, au jour de son 39e anniversaire. Nordahl Lelandais a maintenu sa version des faits livrée au cours de l'audience, reconnaissant "l'intégralité des faits" qui lui sont reprochés "avec sincérité". Il a réitéré ses excuses aux familles des victimes et assuré avoir "conscience" du "long travail à faire sur (lui)-même".

Les jurés se sont vus poser une quinzaine de questions sur les faits reprochés à Nordahl Lelandais. Ils ont répondu par l'affirmative à l'ensemble d'entre elles au terme de 7 heures de délibérations, suivant les réquisitions du ministère public. Il s'agit de la peine maximale encourue compte tenu des accusations qui pesaient à son encontre.

Pas d'appel de la défense

Le trentenaire, debout dans son box, a écouté le prononcé du verdict, le visage fermé. "Ça va aller", a-t-il répété à sa mère, au premier rang de la cour d'assises. Son avocat, Me Alain Jakubowicz, a annoncé qu'il ne ferait pas appel de cette décision "parce que c’est dans la continuité de ce que Nordahl Lelandais a dit dans cette audience".

"C’est dur d’entendre le mot perpétuité. (…) Un avocat ne serait pas un avocat s’il n’y a rien qui vibre en lui au moment où il entend cela", a déclaré le défenseur. "Quant à Nordahl Lelandais, son destin est entre ses mains. Il va retourner dans l’anonymat dont il n’aurait jamais dû sortir."

Me Caroline Remond, l'avocate des petites cousines agressées sexuellement par Nordahl Lelandais, a assuré que ses clients étaient "satisfaits de ce verdict" et "soulagés que ce procès soit terminé". Mais l'avocate regrette que l'accusé n'ait pas donné davantage d'explications. "On l’espérait un petit peu. Mais finalement, il n’y a rien eu."

Le meurtrier de la petite Maëlys fera l'objet d'un suivi socio-judiciaire de 10 ans, d'une injonction de soins et verra son nom inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

"Je pète les plombs"

"Celui qui tue un enfant incarne la figure la plus impitoyable de la mort", a déclaré l'avocat général, Jacques Dallest, jeudi dans son réquisitoire. "Nordahl Lelandais (...) vous avez agressé, vous avez détruit des familles, vous avez engendré la souffrance. Vous êtes un destructeur de bonheur, un massacreur d'enfant."

Interrogé sur les faits pendant près de 6 heures, au terme de deux semaines de débats, l'ancien militaire avait fini par reconnaître avoir enlevé et tué "volontairement" la petite Maëlys au cours d'un mariage, le 27 août 2017 à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Il n'a en revanche pas été en mesure d'expliquer son geste, malgré l'insistance de la présidente. "C’est inexplicable, c’est un moment où je pète les plombs. Elle pleure et je lui donne des coups. Au moment où je donne des coups, j’ai l’intention de la tuer, oui", a-t-il confirmé mardi sans livrer plus de détails.

Au cours du même été 2017, Nordahl Lelandais a abusé sexuellement de deux fillettes dans leur sommeil et filmé ces attouchements. L'une de ces agressions s'est produite huit jours avant la noce lors de laquelle la petite Maëlys a été enlevée. L'accusé a reconnu ses "penchants pédophiles" mais nié tout mobile sexuel pour le meurtre de la fillette de 8 ans.

Sur ce point, a reconnu l’avocat de la mère de Maëlys, Me Rajon, "on n'a pas de preuve. Mais l'absence de preuve, c'est la conséquence directe de l'attitude de Nordahl Lelandais." Les parties civiles ont dressé dans leur plaidoirie le sombre portrait d'"un homme qui a fait le choix de céder à ses plus noirs desseins", selon les mots de Me Boguet, l’avocat du père de la fillette.

Un "loser devenu meurtrier"

L'accusation a insisté sur le risque de récidive de l’ancien maître-chien, expertises psychiatriques à l'appui. "Nordahl Lelandais, c'est la forme aboutie du psychopathe", a déclaré le procureur général, quand la défense a brossé le parcours d’un "loser devenu un meurtrier". "Il part en live. Plus rien n'est maîtrisé, il fonce droit dans le mur", a décrit son conseil Me Alain Jakubowicz, revenant sur la nuit de l’enlèvement de Maëlys. La fillette aurait, selon Nordahl Lelandais, demandé à monter dans sa voiture pour aller voir ses chiens.

"Quelques semaines plus tôt, il a tué un homme (Arthur Noyer, ndlr). Personne ne le sait, lui si. Quelques semaines plus tôt, il a agressé sexuellement deux petites cousines. Personne ne le sait, lui si. (...) Il est 3 heures du matin, (il est) au volant avec une petite fille. Quels sont les choix ?", a plaidé l’avocat de la défense.

Nordahl Lelandais a déjà été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Savoie en mai 2021 pour le meurtre du jeune caporal Arthur Noyer. Il ne sera pas libérable avant l'âge de 57 ans.