Grenoble : le dépistage antigénique testé à grande échelle dans le quartier de l'Alma

Réservés aux personnes non-prioritaires en laboratoires, des tests antigéniques ont été pratiqués ce samedi 14 novembre dans le quartier de l'Alma à Grenoble, retenu pour sa forte densité de population et son taux de circulation du virus élevé.
Séance de dépistage samedi 14 novembre à l'Alma à Grenoble.
Séance de dépistage samedi 14 novembre à l'Alma à Grenoble. © France 3 Alpes
Une expérimentation sur le terrain. Ce samedi 14 novembre, un grand nombre de tests antigéniques, qui permettent de détecter la présence ou non du coronavirus en moins d'une demi-heure, a été mis à la disposition des résidents du quartier de l'Alma à Grenoble, devant la maison des habitants Centre-Ville.

Car ces tests, déjà proposés par certaines pharmacies, pourraient devenir monnaie courante dans le cadre de campagnes de dépistage ciblé, mais à large échelle. Comme celle d'un quartier tout entier par exemple. Et c'est précisément pour "préciser les modalités d’usage des tests à grande échelle" que cette expérimentation s'est tenue ce samedi après-midi à l'Alma, à en croire un communiqué de la Ville de Grenoble.

Selon le texte, trois critères ont décidé les autorités sanitaires à choisir ce quartier : "une forte densité d’habitant-es, une circulation du virus élevée, et une proportion de "personnes à risque" importante". Une expérimentation du même type s'est ainsi déroulée le 7 novembre dans le quartier du village olympique, qui coche les mêmes critères d'après la Ville.
 

280 habitants dépistés en une après-midi

Pour le moment, ces tests antigéniques "s’adressent uniquement aux personnes asymptomatiques et non-identifiées comme "cas contacts"", précise le communiqué. Ils sont en effet "un peu moins sensibles que les tests RT-PCR, qui demeurent les tests de référence pour établir un diagnostic", avance la Haute Autorité de Santé (HAS)

Leur avantage réside d'avantage dans leur rapidité. Là où un test PCR peut mettre plusieurs jours à rendre son verdict, les 280 habitants de l'Alma qui se sont déplacés ce samedi n'ont eu à attendre que 20 minutes avant d'obtenir leurs résultats. 
 
Un temps d'attente mis à profit par des étudiants en médecine du département, venus interroger les habitants sur leurs habitudes et leurs profils. Avec pour objectif d'"identifier plus précisément les sources de contamination et mieux définir les mesures restrictives", explique Yona Hisinger, étudiante à Grenoble.
 

Seulement deux cas positifs

En tout, sur les 280 habitants testés, seuls deux se sont révélés positifs à la Covid-19. Un chiffre inférieur aux attentes des médecins, mais qui s'explique en partie par la différence de profil entre les populations testées par antigènes et par PCR :
 

Les gens qui se présentent aux centres de dépistage dans les laboratoires ou les hôpitaux ont tous des raisons : je suis malade, mon cojoint a le Covid... Donc les chiffres qu’on sort de ça surestiment la proportion de cas dans la population.

Jean-Luc Bosson, chef du pôle de Santé publique au CHU Grenoble Alpes

A l'inverse, l'expérimentation de ce samedi à l'Alma a permis de tester une population asymptomatique, plus représentative. Présent sur place, le maire de Grenoble Eric Piolle considère que la rapidité de ces tests antigéniques - réalisés avec le même type d'écoutillons dans le nez que les PCR - pourraient devenir "une stratégie efficace pour tester énormément de monde au même moment, isoler les personnes et stopper la propagation du virus" dans un futur très proche. 

Ce 12 juillet, le ministre de la Santé a annoncé une nouvelle commande par la France de 20 millions de tests antigéniques. Signe que le test PCR va devoir abandonner son monopole et privilégier le travail d'équipe.
 
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