Grenoble : des salariés du CEA en grève pour réclamer une revalorisation de leur rémunération

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Écrit par M.D. avec Daniel Despin
Les 200 salariés des salles blanches sont en grève au CEA de Grenoble.
Les 200 salariés des salles blanches sont en grève au CEA de Grenoble. © Daniel Despin / France 3 Alpes

La grogne monte au CEA de Grenoble. Les salariés des salles blanches sont en grève pour réclamer une revalorisation de leur rémunération alors que la quantité de travail est en hausse.

Jusqu'ici, les propositions de la direction sont restées très en dessous de leurs revendications. Mobilisés depuis une semaine, les 200 salariés du laboratoire d'électronique et de technologie de l'information (Leti) du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Grenoble se battent pour voir leur rémunération revalorisée.

"Le stress augmente fortement parce que les conditions de travail se sont vraiment dégradées, déplore Nelly Bosio, salariée du Leti, en grève mardi 16 novembre. On a de plus en plus de projets avec le même nombre de personnes, les départs en retraite ne sont pas remplacés. On est fortement mobilisés pour revendiquer le triplement de la prime PFS, qui correspond à la pénibilité inhérente au fonctionnement de la plateforme."

Un poing levé contre le point d'indice gelé depuis 12 ans, selon l'intersyndicale. Les personnels mobilisés réclament une augmentation collective des salaires pour compenser "la pénibilité des horaires et des conditions de travail", citant la montée en compétences "technique et scientifique" des équipes depuis la création du laboratoire en 2004. Les employés déplorent aussi l'augmentation salariale à l'embauche. Un coup de pouce vécu comme une injustice par les anciens salariés.

Grève illimitée

"Une enveloppe a été donnée au CEA en début d'année par l'Etat pour répondre au manque de personnels engagés - parce qu'il n'y a pas d'attractivité - donc ils augmentent les salaires des jeunes entrants. C'est très bien pour eux, mais ils oublient les anciens", estime Joffrey Lombard, un salarié du laboratoire.

Les grévistes rappellent également l'engagement d'Emmanuel Macron qui a promis 6 milliards d'euros à la filière des composants électroniques face à la pénurie de semi-conducteurs. L'objectif affiché est de "doubler" la production électronique de la France d'ici 2030 et "sécuriser" son approvisionnement en puces. Dans ce contexte, les salariés du Leti "s'attendaient à une reconnaissance de leur investissement", pointent les syndicats.

Une grève illimitée a été décidée. Et pour les personnes mobilisées, pas question de relâcher la pression pour l'instant. Les blouses blanches du CEA espèrent encore un geste de la direction. Celle-ci devrait se prononcer mercredi dans la journée.

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