À Grenoble, les salariés du CEA jettent leur blouse et demandent une nette revalorisation de leur salaire

Les salariés du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Grenoble ont interrompu jeudi une assemblée générale, jetant leur blouse pour réclamer une hausse de leur salaire, alors que la valeur du point (qui détermine ensuite le salaire) est gelée depuis 2009. 
© syndicats
Au CEA de Grenoble, la valeur du point, qui permet ensuite de calculer les salaires, est inchangée depuis 2009. Conséquence, les salaires n'augmentent pas, et décrochent même par rapport à l'inflation. À tel point que le CEA de Grenoble perd en attractivité.

Une situation devenue insupportable pour les salariés, qui ont décidé d'interrompre jeudi l'assemblée générale du CEA pour jeter à terre leur tenue de travail, un geste devenu symbolique dans le cadre de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, avec partout en France des jets de blouses, de robes d'avocats ou de Code civil en fonction des professions.
 

Action pour nos salaires! 20% de perte ça fait grogner un peu...

(null)

 
"Depuis un an, les salariés et leurs représentant réclament une amélioration de leur salaires, et ce parce que la valeur du point est figée depuis plus d'une décennie", a expliqué un salarié, ajoutant "les salariés souhaitent désormais se tourner vers des actions plus démonstratives et pénalisantes (grèves, blocages...)".

Concrètement, la valeur du point est gelée à environ 5,55 euros depuis 2009. Ainsi, en début de carrière, les salariés les moins qualifiés gagnent tout juste le Smic. Même moins, à en croire le tract distribué aux salariés, puisque c'est le versement mensuel du 13e mois qui permettrait de rester au dessus du salaire minimum légal.
 

 

Une valeur du point gelée depuis 2009 


"La grille de salaire démarre en dessous du SMIC, le CEA a mensualisé le 13ème mois pour maintenir le salaire de base des CAP, BEP et BAC au-dessus du salaire minimum légal", expliquent-ils. 

Des grilles de salaire si basses qu'elles auraient des conséquences sur l'attractivité même du CEA, certains ingénieurs ou techniciens préférant se tourner vers d'autres entreprises. 

De fait, les syndicats demandent une augmentation de salaires de 60 points (333 euros selon la valeur du point actuelle) pour tous les salariés et une indexation de la valeur du point sur l'inflation. 

Selon les syndicats, ces revendications, rassemblées dans une pétition, auraient été signées par 1600 salariés à Grenoble, et 6500 salariés dans les différents CEA français. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie social