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“Ils sont venus faire un coup” : Olivier Véran ne décolère pas après l'occupation de sa permanence à Grenoble

© Assembleenationale
© Assembleenationale

Mercredi matin, une vingtaine de militants pour le droit au logement se sont introduits dans les locaux grenoblois de deux députés LREM de l'Isère, Olivier Véran et Émilie Chalas, pour protester contre la loi Elan. Interrogé par France 3, l'élu répond et s'insurge contre la méthode employée. 

 

Par Cécile Sauzay

Il n'est pas loin de 11 heures ce matin, lorsqu'on sonne à l'interphone de la permanence d'Olivier Véran et d'Émilie Chalas, derrière les quais de l'Isère, à Grenoble. Une personne demande à monter, pourtant elle n'a pas pris rendez-vous. La secrétaire de l'élu se déplace quand même. Sur le pas de la porte, des drapeaux, des slogans, des pancartes "Stop loi Elan"... Une vingtaine de militants, principalement issus de l'association Droit au Logement 38, s'engouffre dans les lieux, rapidement mais sans faire usage de la violence, selon la police. 

"Ils sont venus faire un coup médiatique, déplore Olivier Véran. Le but était d'entrer avec une caméra, et de se montrer. Ce n'est pas une façon de faire de la démocratie." La méthode est radicale, mais justifiée, selon l'association iséroise. "Nous avons adressé une lettre ouverte aux élus LREM il y a deux semaines à ce sujet, souligne le porte-parole de DAL 38. Ils ne nous ont pas répondu, nous avons décidé de lutter avec les moyens que nous possédons." Cependant, aucune trace de demande de rendez-vous du côté de la permanence des deux élus. 
 

Ultimatum au téléphone

Pendant que le DAL national manifeste à Paris devant le Sénat, où le projet de loi repasse en commission mixte paritaire aujourd'hui, la branche locale du collectif cherche à faire pression sur ses députés...absents ce mercredi-là. Les six employés sur place restent impuissants, acceptent de fait la manifestation pacifique. Olivier Véran et Emilie Chalas reçoivent alors des coups de fil en forme d'ultimatums: ou l'élu(e) s'engage à raisonner ses collègues députés siégeant dans cette commission, ou les activistes occupent ses bureaux. Non catégorique. "D'abord, je ne marche pas au chantage. Ensuite, je n'ai aucun pouvoir sur ce dossier. Et pour finir, je n'ai pas le temps", raconte celui qui est aussi rapporteur général de la commission des affaires sociales et conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes,"cette méthode est totalement inacceptable".

Une partie des échanges a été captée et rapportée dans cet article et cette vidéo publiés par nos confrères de Place Gre'net : 
  
Les militants du DRAL 38 occupent les locaux d'Olivier Féran et d'Emilie Chalas


Pour les défenseurs du droit au logement, le gouvernement est responsable de cette escalade. "Depuis le mois d'avril, la loi Elan s'est faite à marche forcée, rappelle le militant. C'est un peu gros d'oser dire que c'est nous qui avons choisi d'employer la force". Présenté en avril dernier, le projet de loi pour l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (loi dite Elan) fait l'objet d'une procédure accélérée. Pour l'élaborer, une conférence de consensus, démarche inédite, avait été réalisée cet hiver pour permettre une concertation "des parties prenantes, des élus locaux et des parlementaires", souligne le préambule du texte, sans préciser si le DAL y a siégé. 

"On s'insurge de la forme pour éviter de parler du fond"

Quelques heures après l'incident, Olivier Véran disait sa colère à l'égard des manifestants dans un tweet cinglant : 

Interrogés sur ces propos, le DAL 38 argumente : "Il ne répond que sur la forme. C'est une méthode classique pour occulter le fond du dossier". Sur le contenu du texte, justement, le député de l'Isère est plus qu'évasif. "Je soutiens le travail du gouvernement et de la majorité, avance timidement le représentant LREM. Bien évidemment, je ne trouve pas qu'il s'agisse d'une loi anti-pauvres."

Deux heures après leur intrusion, les militants ont quitté les lieux après que les forces de l'ordre, contactées par les députés, ont menacé d'intervenir. Ils ont réussi à obtenir un rendez-vous pour dans une dizaine de jours, mais Olivier Véran est encore rétif : "Je me pose encore la question de savoir si je vais porter plainte ou non. Je ne sais pas si nous pourrons dialoguer normalement."





 

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