IVG, violences... Le Planning familial de Grenoble reste à l'écoute pendant le confinement

Ligne d'écoute locale ou messagerie en ligne pour les personnes victimes de violences : le Planning familial de Grenoble s'est adapté au confinement pour poursuivre ses missions pendant la crise du coronavirus.

Les consultations se font désormais par téléphone au planning familial de Grenoble.
Les consultations se font désormais par téléphone au planning familial de Grenoble. © France 3 Alpes
Les locaux du plus vieux Planning familial de France ont fait le vide depuis le début du confinement. A cause de l'épidémie de nouveau coronavirus, les consultations concernant la sexualité, la contraception ou l'avortement se font désormais par téléphone.

Les conseillères, médecins, sage-femmes de Grenoble et des dix autres antennes du Planning familial en Isère restent malgré tout à l'écoute des femmes et jeunes filles qui en ont besoin. Tour d'horizon des services mis en place par l'association.

 

Ligne d'écoute locale


Une ligne d'écoute téléphonique locale a été mise en place. Elle est assurée de 9 heures à 16h30, du lundi au vendredi, au 09 52 12 76 97. Le Planning familial de l'Isère peut également être contacté par mail (secretariat@leplanningfamilial38.org), sur Facebook, Twitter ou Instagram.
 
Mineures, majeures, sans ressources financières ou sécurité sociale : "nous avons des solutions pour vous", promet de Planning familial de l'Isère sur son site. Retrait d'une plaquette de pilule contraceptive, échographie ou test de grossesse, l'association continue d'informer et orienter les femmes pendant le confinement.

 

Accompagner les personnes transgenres


Autre mission du Planning familial : l'accompagnement des personnes transgenres - ayant une identité de genre ne correspondant pas à leur sexe biologique - et de leurs proches. Des entretiens par tchat sont assurés entre 14 heures et 19 heures. "Nous pouvons toujours vous accompagner pour assurer la continuité de votre traitement hormonale", promet notamment l'association. Pour en bénéficier, il faut envoyer un message sur cette messagerie.
 
 

Contre les violences


Le confinement a fait exploser les violences intrafamiliales, dont sont souvent victimes les femmes et les enfants. Pour rompre le silence, le Planning familial de l'Isère a lancé une page Facebook dédiée : "Victimes violences confinement". Souvent dans ce type de situation, "il peut être délicat d’appeler", c'est pourquoi des conseillères conjugales sont à l'écoute des victimes via la messagerie de cette page Facebook. Une permanence est assurée de 9 heures à 16h30, du lundi au vendredi. Des conseils et informations à destination des personnes victimes de violences sont également donnés à cette même adresse.
 
 

Informer les femmes souhaitant recourir à une IVG


En cette période de crise sanitaire, le gouvernement a étendu le délai de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse à domicile afin de limiter les consultations en milieu hospitalier tout en garantissant le droit à l'avortement. Par un arrêté ministériel du 14 avril, il a été prolongé jusqu'neuf semaines d'aménorrhée, date des dernières règles, contre sept auparavant. Une bonne nouvelle pour les associations d'aide aux femmes et jeunes filles comme le Planning familial d'Auvergne-Rhône-Alpes.

"Les grossesses sur lesquelles on pouvait faire des IVG médicamenteuses à l'hôpital avaient un délai supplémentaire de deux semaines par rapport autres (les IVG médicamenteuses à domicile, NDLR) . Donc ça les a remis au même niveau et c'est une mesure pour qu'il y ait plus d'IVG médicamenteuses qui se fassent hors hôpital. Et j'espère qu'ils conserveront cette mesure après", explique Françoise Laurent, présidente de la fédération régionale Auvergne-Rhône-Alpes du Planning familial.
 
Coronavirus : comment le planning familial de Grenoble s'organise-t-il pendant le confinement ?

La Haute autorité de santé (HAS) a toutefois insisté sur la nécessité de prévenir la douleur en prescrivant du paracétamol associé à l'opium ou à la codéine au lieu de l'ibuprofène, et d'éviter dans la mesure du possible que la femme ne soit seule à domicile. Des mesures bienvenues car bien plus souples, mais qui révèlent des difficultés d'accès à l'IVG plus généralement pendant cette période.

"On a constaté qu'on avait une baisse du nombre d'appels dans les deux ou trois premières semaines du confinement. J'ai envie de dire aux femmes de venir consulter les praticiens de ville ou d'appeler dans les centres pour réaliser les IVG, c'est possible. Le risque du confinement, il est de prendre du retard sur la prise en charge des femmes en demande d'IVG", estime Marie Sicot, gynécologue et responsable du centre médical de la femme au CHU Grenoble-Alpes.

Pour beaucoup de spécialistes, comme pour le Planning familial, ce n'est pourtant qu'une demi-avancée. Car le délai pour réaliser une IVG chirurgicale n'a pas été modifié et maintenu à 12 semaines. Et beaucoup craignent une explosion des cas hors-délais une fois le confinement levé. Des IVG qui ne pourront pas non plus se pratiquer à l'étranger pour cause de fermeture des frontières. Pour tout renseignement en lien avec la contraception ou l'IVG, un numéro vert gratuit et anonyme a été mis en place, le 0800 08 11 11.

 
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