“Ici on noie les algériens”, une soirée ciné-conférence au Méliès de Grenoble

Peu de temps après le drame, des témoins dénoncent le massacre en l'inscrivant sur la pierre. Immortalisée par la photographie, l'inscription sera rapidement effacée.
Peu de temps après le drame, des témoins dénoncent le massacre en l'inscrivant sur la pierre. Immortalisée par la photographie, l'inscription sera rapidement effacée.

Le 17 octobre 1961 des dizaines de manifestants algériens étaient tués à Paris. Pendant longtemps, la mémoire de ce drame fut occultée. 58 ans après, l'association ATLLAS organise à Grenoble la projection du film "Ici on noie les Algériens", suivie d'un débat avec l'historien Gilles Manceron.

 

Par JCP

Le saviez-vous ?  Le 17 octobre 1961, à cinq mois seulement de la fin de la guerre d'Algérie, Paris a été le lieu d'un massacre.

Des dizaines de milliers d'Algériens manifestaient pacifiquement contre le couvre-feu, imposé alors aux "Français musulmans" par le préfet de police Maurice Papon (condamné plus tard pour complicité de crime contre l'humanité pendant l'Occupation), aux ordres du Premier Ministre Michel Debré.

La réponse policière fut terrible. Des dizaines d'Algériens, entre 150 et 200 selon les historiens, ont été tués cette nuit-là. Certains corps, quelques-uns ligotés, ont été retrouvés dans la Seine. Et pendant longtemps, la mémoire de ce drame fut occultée. 

Passé sous silence jusqu'aux années 80, cet évènement dramatique est qualifié de "massacre" en 1998 par Jean-Luc Enaudi. La justice lui a donné raison par la suite. 

Il avait fallu attendre 1991 pour que la Ville de Paris reconnaisse ce drame. Dans quelques jours, une stèle remplacera la plaque de bronze du Pont Saint-Michel. En 2012, le Président de la République et le Parlement ont également reconnu officiellement cet évènement.
 

"Ici, on noie les algériens"


58 ans après le massacre, l'association grenobloise ATLLAS "Association tisser les liens d'amitiés solidaires", avec le soutien du cinéma Le Méliès, organise la projection du film "Ici on noie les Algériens" réalisé par Yasmina Adi, suivie d'un débat avec l'historien Gilles Manceron, l'un des spécialistes de la question, auteur de "La Triple Occultation d'un massacre" publié avec "Le 17 octobre des Algériens" de Maurice et Paulette Péju aux Editions de La Découverte
 
Rendez-vous au cinéma Le Méliès (28 Allée Henri Frenay à Grenoble) ce mardi 15 octobre à 20 H.

Le film présente notamment des témoignages de policiers, de chauffeurs de bus réquisitionnés, de femmes dont les maris ont participé à cette manifestation du 17 octobre.

Gilles Manceron est co-responsable du groupe de travail « Mémoire, histoire, archives » de la Ligue des droits de l’Homme. Auteur notamment de Marianne et les colonies (La Découverte, 2003), 1885, le tournant colonial de la République (La Découverte, 2007), et, en collaboration, La colonisation, la loi et l'histoire (Syllepse, 2006), Les harkis dans la colonisation et ses suites (L’Atelier, 2007), Le Paris arabe (La Découverte, 2003), Le Paris noir (Hazan, 2001), D’une rive à l’autre. La guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (Syros, 1993) ; Droits de l'Homme. Combat du siècle (Seuil, 2004) ; Être dreyfusard hier et aujourd’hui (2009)  

Yasmina Adi est une réalisatrice française originaire de Grenoble et née de parents algériens. Elle a été attachée de presse avant de devenir en 1997, assistante de réalisation. Elle se consacre ensuite à l'écriture de documentaires. "L'autre 8 mai 1945 - Aux origines de la guerre d'Algérie", son premier film, a été récompensé du Prix des Étoiles de la Scam 2009 et a été diffusé sur des chaînes de télévisions françaises et internationales. "Ici on noie les Algériens - 17 octobre 1961" est son deuxième film. Il a été sélectionné et a reçu des prix dans de nombreux festivals internationaux (Francfort, Beyrouth, Rome, New-York, Ramallah, etc.)


 

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