Le pacte “dépollution rivière” du Grenoblois Gaspard Forest s’invite dans le programme des élections municipales

Gaspard Forest ramasse les déchets dans les cours d'eau depuis un an. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Gaspard Forest ramasse les déchets dans les cours d'eau depuis un an. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Il y a un an, le Grenoblois Gaspard Forest s'est mis à ramasser les déchets dans les rivières et à les montrer aux passants pour sensibiliser à la pollution. Aujourd'hui, il tente de faire signer son pacte "dépollution rivière" à un maximum de candidats aux élections municipales. 

Par Sophie Marechal

Et si tous les candidats aux élections municipales s’engageaient à protéger les rivières de la pollution plastique ? C’est le pari fou de Gaspard Forest, ancien bûcheron grenoblois, qui a dû arrêter son activité après une grave blessure. Pas à pas, le jeune homme tente d'imposer son pacte "dépollution rivière" comme un thème incontournable du prochain scrutin.

Depuis un an déjà, le Grenoblois consacre bénévolement ses journées à ramasser les déchets dans les rivières de l’agglomération et les montre aux passants pour les sensibiliser à la pollution plastique. Mais il y a peu, il a décidé de passer à la vitesse supérieure.


Des mesures simples et peu coûteuses 

"Je sentais que j’avais fait ce que j’avais à faire à Grenoble. Je ne pouvais pas faire plus car mes moyens étaient limités. J’ai décidé de porter le projet à une échelle nationale. Au début, je voulais travailler avec les sénateurs et les députés, et puis je me suis rendu compte que ce n’était pas forcément la solution la plus rapide. Viser les élections municipales était plus pertinent", explique Gaspard Forest. 
 

Pour cela, l’ancien bûcheron a élaboré un plan d’attaque : un pacte "dépollution rivière". Il y propose une série de mesures simples et peu coûteuses que peuvent mettre en place les élus locaux. Par exemple, installer des filtres sur les bouches d’égout pour éviter que les bouteilles plastique ou autres détritus ne se retrouvent dans les rivières, au bout du système d’assainissement des eaux.


Trois candidats ont signé le pacte "dépollution rivière"

"Je suis sobre sur ce que je propose et je traite l’argent public avec une grande prudence, souligne Gaspard Forest. Je présente mon plan à un maximum de candidats aux municipales. Jusqu’ici, ils ne sont pas nombreux mais les choses commencent à bouger petit à petit." Pour l’heure, seuls Emilie Chalas, candidate LREM à Grenoble, Pascal Diaz, tête de liste "mieux vivre à Tournon", ainsi que Yannick Belle, sur la liste "Sassenage naturellement", sont signataires du pacte.
 

Gaspard Forest chasse sur toutes les terres, au-delà des divisions politiques. "Mon projet est complètement apolitique. Je considère que les chamailleries partisanes bloquent le débat. J’ai déjà des contacts chez Europe-Ecologie-Les-Verts, au Rassemblement National, au Parti Socialiste, à la République en Marche, mais pas encore chez les Républicains et à la France Insoumise. C’est quelque chose que je regrette."

Un appel du pied que le jeune homme adresse à toutes les sensibilités de l’échiquier politique, mais également au gouvernement. Ce jeudi 12 décembre, il était d’ailleurs à l’Elysée afin de rencontrer Paul Delduc, le conseiller énergie, environnement et transports d'Emmanuel Macron.
 

"L’un des objectifs du plan biodiversité de 2018 est de ne plus rejeter de plastique dans les mers et les rivières d’ici 2025. Alors j’ai présenté ma vision de la pollution des mers et des cours d’eau, et des choses que l’on pourrait mettre en place, détaille Gaspard Forest. Camille Chaussinand, attaché parlementaire du député Olivier Véran, s’est pris de passion pour le projet et a organisé ce rendez-vous."


Dans les tuyaux, une collaboration avec plusieurs organismes étatiques

Cette rencontre n’a pas été vaine, puisque le militant écologiste envisage désormais de travailler, entre autres, avec la commission environnementale de l’Assemblée nationale et l’organisme français de la biodiversité.

"Cette collaboration avec les institutions pourrait par exemple permettre de mieux répartir les compétences. Car aujourd’hui, le financement des projets de lutte contre la pollution est mal défini et ne permet pas aux élus locaux de mettre en place les mesures qu’ils souhaiteraient. Est-ce qu’il revient à l’Ademe ou à l’agence de l’eau ? En fait, on ne sait pas vraiment, et il faudrait le clarifier."


12% des déchets plastiques en mer charriés par les fleuves

Arrêter le nettoyage des rues au jet d’eau, poser des collecteurs sur les déversoirs d’orage ou des filtres à l’entrée des avaloirs… Des solutions simples que Gaspard Forest aimerait voir appliquées prochainement. "Mon but, c’est de faire qu’un maximum de candidats signent", assure le jeune homme.
 

Le pacte "dépollution rivière" pourrait bien être un peu plus qu’une goutte d’eau dans la bataille à mener contre la pollution, car, selon les données du Fond mondial pour la nature (WWF), les fleuves charrient 12% des déchets plastique retrouvés en mer.

 

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