"Pas uniquement du spectaculaire, mais aussi des aventures humaines" : le festival Montagne en Scène fête ses 10 ans

Le festival de films Montagne en Scène, qui débute ce jeudi 16 novembre, fête ses 10 ans en 2023. Un de ses fondateurs, Cyril Salomon, revient sur le succès de cet événement itinérant et sur l'engouement autour des documentaires de montagne.

Des centaines de films et autant d'aventures. En dix ans d'existence, le festival Montagne en Scène, qui débute à partir de ce jeudi 16 novembre, s'est imposé comme un rendez-vous majeur pour les amateurs de films et de documentaires de montagne.

À l'occasion de cet anniversaire, Cyril Salomon, un des deux fondateurs de l'événement, revient sur le succès grandissant de ce festival et l'engouement autour des sports de montagne.

"France 3 Alpes : Quel bilan dressez-vous de cette première décennie du festival ?

Cyril Salomon : C'est impressionnant de voir qu'au bout de dix ans, on continue de voir de plus en plus de monde chaque année dans les salles. Ça montre qu'il y a un engouement autour des sports de montagne. C'est une super nouvelle.

Il y a de plus en plus de spectateurs, mais on reçoit aussi de plus en plus de films. Je pense que l'écosystème des films de montagne se porte très bien. Beaucoup de gens vivent des aventures extraordinaires et beaucoup de gens ont envie de les voir et d'être inspirés par ces aventures.

Comment ce festival est-il né ?

Je suis de Paris, avec des attaches dans le Beaufortain. Et je suis un passionné de montagne. Je pratique l'alpinisme, le ski, l'escalade, le trek... J'adorais partager des films de montagne à mon entourage, des films d'escalade ou de ski.

J'avais cette passion et j'étais frustré de voir qu'il n'y avait rien à Paris sur les films de montagne, contrairement à d'autres villes comme Grenoble, qui a les Rencontres Ciné Montagne. On s'est dit qu'on allait se lancer pour permettre aux Parisiens de se rassembler, de vibrer autour de la montagne. On a lancé ça au Grand Rex et ça a très bien fonctionné.

On essaye de sélectionner des documentaires authentiques. On n'est pas uniquement dans le spectaculaire, ce sont avant tout de belles aventures humaines.

Cyril Salomon, fondateur de Montagne en Scène

à France 3 Alpes

Si ça a plu à Paris, pourquoi ça ne plairait pas dans d'autres villes ? Donc on a décidé d'exporter le festival un peu partout en France et à l'étranger. On s'est rendu compte que, dès qu'on n'était pas dans une ville, des gens nous demandaient pourquoi on n'allait pas chez eux. On a eu tendance à rajouter des villes au fur et à mesure.

Cet aspect de "festival ambulant" a-t-il participé, selon vous, au succès de Montagne en Scène ?

C'est sûr que notre présence partout en France a favorisé le bouche-à-oreille. Les gens ont pu en parler avec leurs amis qui, eux-mêmes, ont pu trouver une date proche de chez eux. Ça rend le festival accessible. Les gens n'ont pas à se déplacer à l'autre bout de la France.

Mais je pense que les gens apprécient aussi la marque de fabrique du festival. Ils apprécient les films. On essaye de sélectionner des documentaires authentiques. On n'est pas uniquement dans le spectaculaire, ce sont avant tout de belles aventures humaines.

Comment sélectionnez-vous ces films ?

C'est un peu un casse-tête à chaque édition. On en reçoit des centaines. Ce n'est pas facile de faire une programmation. On recherche des choses particulières. Ce qui est important pour nous, par exemple, c'est qu'il y ait au moins un film avec uniquement des femmes. Cette année, nous en avons deux sur les quatre sélectionnés.

On cherche aussi des films qui provoquent des émotions. Ça peut être de l'humour, de la peur, de la joie, de la découverte... Il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe, de belles aventures humaines. Il faut que le spectateur ait envie d'être avec les protagonistes. L'idée, c'est de susciter des vocations.

On essaye aussi d'avoir des films variés en termes de disciplines. On essaye d'avoir au moins un film de ski, de l'escalade, de l'alpinisme... On essaye d'avoir différents sports représentés.

Des protagonistes des films viennent parfois assister aux projections pour rencontrer le public. En quoi ces échanges avec les spectateurs sont-ils importants ?

On essaye de le faire au maximum, mais on ne peut pas y arriver à chaque fois parce qu'il y a beaucoup de villes-étapes. Ça apporte quelque chose : on se rend compte que ce sont des gens comme vous et moi. Ils ne sont pas plus grands ou plus forts. Certes, ils sont doués, mais ça humanise les films.

Pourquoi, d'après vous, ces films de montagne passionent-ils tant ?

Les aventures qui sont vécues sont très intenses. C'est l'homme face aux éléments. Ce sont souvent des aventures qui sont réalisées en groupe. Il y a ce côté très fort de vivre ces aventures à plusieurs, en équipe et en étant soudés. Ce ne sont pas des fictions. Quand on voit des gens qui ont peur, qui ont froid et qui parviennent à dépasser leurs limites pour accomplir des exploits, c'est touchant.

Ça permet aux spectateurs de couper. Certains me disent que le lendemain, ils ont du mal à retourner au travail. Parce que ces films les ont fait voyager."

Retrouvez toutes les dates de la prochaine édition hivernale de Montagne en Scène sur le site du festival.

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