La pollution de l'air fait-elle un mort tous les trois jours à Grenoble, comme l'affirme le maire Eric Piolle ?

Un nuage de pollution de l'air au-dessus de Grenoble en Isère / © Anne Hédiard / France 3 Alpes
Un nuage de pollution de l'air au-dessus de Grenoble en Isère / © Anne Hédiard / France 3 Alpes

Vendredi 7 février, Eric Piolle a assuré sur le plateau de France 3 Alpes que la pollution de l'air était responsable d'un décès tous les trois jours à Grenoble. Nous avons vérifié cette information, et retrouvé l'étude sur laquelle est fondée. 

Par Sophie Marechal

"Ici, tous les trois jours, une personne meurt à cause de la pollution", a affirmé ce vendredi 7 février Eric Piolle, maire de Grenoble, invité sur le plateau de France 3 Alpes, à l'occasion du palmarès de la fédération des usagers de la bicyclette, qui classe Grenoble en tête des villes de moins de 200 000 habitants les plus cyclables.
 

Mais cette affirmation est-elle exacte ? Oui, selon une étude réalisée en 2019 par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Inra, d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes et de l’Université Grenoble Alpes et publiée dans la revue Environment International.
 
Cette étude établit le nombre de morts liés à la pollution aux particules fines à 145 personnes par an, en se basant sur une concentration moyenne de 14 microgrammes par mètre cube, quantité relevée sur la période 2015-2017 à Grenoble.

A partir de cette donnée, il suffit ensuite de faire un calcul simple : d'après l'Insee (2016), Grenoble compte environ 158 000 habitants. Ce chiffre, divisé par le nombre de jours dans une année, nous donne un résultat de 433 (habitants par jour).

Ce résultat divisé de nouveau par 3, nous arrivons au total arrondi à l'unité de 145, soit le nombre de décès dûs chaque année à la pollution de l'air. L'affirmation d'Eric Piolle est donc juste.


Faire baisser la pollution de l'air pour réduire la mortalité

Mais le travail des chercheurs va plus loin : il fixe un "objectif sanitaire à atteindre pour les politiques publiques". En clair, il préconise de faire baisser de 3 microgrammes par mètre cube le niveau de particules fines (PM 2,5) afin de faire baisser "significativement" la mortalité liée à la pollution de l'air.

L'objectif, pour les politiques publiques, serait donc de faire passer rapidement le niveau de pollution atmosphérique de 14 à 11 microgrammes de particules fines par mètre cube.

Une visée sanitaire mais également économique, puisque l'étude de l'Inserm évalue le coût de la pollution de l'air dans l'environnement urbain à environ 1200 euros par habitant par an dans l'agglomération grenobloise, soit presque 190 millions d'euros.

 

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