Pollution atmosphérique : une étude révèle comment sauver des vies dans l’agglomération grenobloise

Dans l’agglomération grenobloise, environ 145 personnes décèderaient prématurément chaque année en raison de la pollution atmosphérique. Comment la réduire ? Quels en seraient les coûts et les bénéfices ? Une étude répond à ces questions.

Selon Santé Publique France, la pollution de l’air provoquerait près de 40 000 décès par an dans l’Hexagone. Dans l’agglomération grenobloise, "on estime qu'il y a chaque année 145 personnes qui meurent prématurément du fait de la pollution aux particules" explique Sandrine Mathy, directrice de recherches au CNRS. Cela représente environ 1 décès sur 18.

C’est des cancers du poumon, des maladies cardiovasculaires, des aggravations de bronchites chroniques.

Sandrine Mathy, directrice de recherches au CNRS.

Sandrine Mathy se mobilise face à cet enjeu de santé publique, en participant à l’étude MobilAir qui "vise à identifier des mesures précises pour réduire de manière significative la pollution atmosphérique dans les villes et ses impacts."

Des causes clairement identifiées

La démarche du groupe d’étude a été appliquée à l’échelle locale, dans l’agglomération grenobloise, en Isère, mais "est, en principe, transposable à toute agglomération".

Les conclusions de l’enquête sont claires : le chauffage au bois (principalement les équipements de type cheminée à foyer ouvert et poêles non performants) et le trafic routier sont les principaux émetteurs de particules fines (ils représentent respectivement 63% et 17% des émissions selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes).

Quelles solutions ?

Selon l’étude MobilAir, il faudrait "remplacer tous les équipements de chauffage au bois non performants par des poêles à granulés".

La mobilité douce est fortement recommandée :

Il est nécessaire de viser une réduction d’un tiers du trafic des voitures et deux-roues dans l’agglomération.

Etude MobilAir.

Avant d’ajouter : "Les nombreux trajets courts parcourus aujourd’hui en voiture devront se reporter vers la marche ou le vélo". Avec deux bénéfices non négligeables : pour la planète et pour la santé.

Quand on fait de l’activité physique, nous avons des bénéfices sanitaires extrêmement importants.

Etude MobilAir.

L’agglomération de Grenoble est partenaire de cette étude. Pierre Verri, chargé de l’énergie et du climat, se félicite du succès de l’utilisation du vélo sur le territoire.

Il faut poursuivre ces efforts parce que c’est très bon pour notre santé et in fine, pour notre portefeuille.

Pierre Verri, chargé de l’énergie et du climat à Grenoble Alpes Métropole.

Santé, planète... Et économie

"Au-delà de ces bénéfices sanitaires considérables", l’étude annonce que "ces mesures sont également très favorables d’un point de vue économique", en faisant économiser jusqu’à 600 euros par an et par habitant.