Présidentielle 2022 : candidats, calendrier, incertitudes… Cinq choses à savoir sur la primaire des écologistes

Le vote pour le premier tour de la primaire des écologistes s'est ouvert jeudi matin. Profil des candidats, participation record, incertitudes... France 3 Alpes fait le point sur ce scrutin.

Les écologistes se lancent les premiers dans la valse des primaires avant l'élection présidentielle. La campagne est lancée depuis les Journées d'été des écologistes, mi-août à Poitiers. Les votant devront départager les cinq candidats déclarés parmi lesquels le maire Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) de Grenoble, Eric Piolle. Alors que le premier tour débute jeudi 16 septembre, France 3 Alpes fait le point sur les enjeux de cette primaire.

 

Les candidats

La primaire doit départager cinq candidats en lice : l'eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l'ancienne vice-présidente de la région Hauts-de-France Sandrine Rousseau, la députée Delphine Batho et l'entrepreneur Jean-Marc Governatori. Le plus médiatique, Yannick Jadot, mise notamment sur "la reconstruction verte de l'économie". Il compte sortir "progressivement" de l'élevage industriel et propose de conditionner la totalité des aides publiques aux entreprises "au respect du climat, du progrès social et de l'égalité entre les femmes et les hommes".

La candidate et députée Delphine Batho mise tout sur son concept de "décroissance", le seul qui selon elle peut rendre la candidature écologiste incontournable à la présidentielle. L'entrepreneur Jean-Marc Governatori plaide pour "l'écologie au centre".

Quant au maire de Grenoble Eric Piolle, il joue la carte de la "constance" de sa campagne de terrain, avec 75 déplacements de terrain depuis janvier, conclus par six meetings dans des grandes villes. Pour Marine Tondelier, sa directrice de campagne, "le travail sur le projet, réalisé par 300 personnes, est le plus abouti de la primaire".

Sandrine Rousseau, ancienne numéro 2 d'EELV, est tout aussi persuadée de sa force. Son mantra : la présidentielle se jouera sur des "valeurs". Les siennes sont résumées par les mots "écoféminisme" et "radicalité". Elle s'appuie notamment sur la réussite à "l'applaudimètre" de son intervention "carte blanche" durant les Journées d'été à Poitiers.

 

Participation record

C'est un record pour la primaire des écologistes. Avec 122 670 électeurs inscrits pour désigner le candidat écolo à la présidentielle, le record de participation de 2012 (32 000 participants) a été dépassé de près de quatre fois.

Les électeurs avaient jusqu'à dimanche soir minuit pour s'inscrire sur le site de la primaire. En 2016, lors de la dernière primaire, remportée par Yannick Jadot, 17 000 personnes s'étaient inscrites.

 

Le calendrier

Le vote pour le premier tour de la primaire se déroulera, en ligne, du 16 au 19 septembre. Et le second aura lieu moins de dix jours plus tard, du 25 au 28 septembre, pour départager les deux candidats encore en lice. Sauf si un vainqueur s'impose dès le premier tour à la majorité absolue.

A sept mois de la présidentielle, les écologistes seront les premiers à désigner leur candidat tandis qu'à droite comme à gauche, les instances n'ont pas encore tranché sur l'organisation d'un tel scrutin.

 

Les sondages

Yannick Jadot est en tête des intentions de vote à la primaire, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo publié le 4 septembre. L'eurodéputé est plébiscité par 69% des sympathisants EELV et 47% des Français, d'après cette étude. Il est suivi par Sandrine Rousseau (11% des sympathisants EELV), Delphine Batho (8%), Eric Piolle (7%) et Jean-Marc Governatori (4%).

Mais les sondages ont souvent été déjoués lors des dernières primaires écologistes, le favori l'emportant rarement à la fin. Ce qui fait dire au maire écologiste de Grenoble que personne "ne peut faire l'ombre d'un pronostic" avant le scrutin. Sans compter que les cartes sont rebattues par la participation de dizaines de milliers d'inscrits non encartés à EELV.

 

Les incertitudes

"On ne sait pas qui sont ces 120 000 personnes" : la directrice de campagne d'Eric Piolle résume le sentiment général des écolos, entre gourmandise et vertige face à la multiplication du nombre d'inscrits. Les militants membres de l'un des cinq mouvements du pôle écologiste représentent moins de 14% des inscrits, a indiqué Hélène Hardy, responsable de l'organisation de la primaire, à l'AFP. De quoi faire planer l'incertitude sur les résultats du scrutin.

Une incertitude renforcée par la tentative d'ingérence de l'extrême droite. La figure des identitaires Damien Rieu et le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu ont notamment affirmé s'être inscrits afin de voter pour Sandrine Rousseau. Une candidate dont la ligne est jugée trop radicale, susceptible de fragiliser les écologistes en cas de victoire. Mais le parti ne semble pas s'en inquiéter. "Les filtres statistiques utilisés par Neovote (le logiciel permettant le vote en ligne, NDLR) démontrent qu’il n’y a pas eu d’entrisme massif", a expliqué la secrétaire nationale adjointe d'EELV Sandra Regol au Huffington Post.

 

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