Sciences Po Grenoble : la suspension de Klaus Kinzler est une "erreur formelle", selon Blanquer

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Écrit par M.D. avec AFP

La suspension pour "diffamation" de Klaus Kinzler, professeur d'allemand à Sciences Po Grenoble, est une "erreur formelle" pour Jean-Michel Blanquer. Il recommande de ne pas confondre "victimes" et "coupables" dans cette affaire.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est exprimé mercredi 22 décembre sur la polémique qui enflamme Sciences Po Grenoble. La direction a décidé la mise à pied pour quatre mois de Klaus Kinzler, professeur d'allemand accusé d'islamophobie, pour "propos diffamatoires".

"Je pense qu'il y a une erreur formelle dans le fait de l'avoir suspendu", a affirmé Jean-Michel Blanquer sur LCI en se disant "certain que la priorité n'est pas de sanctionner ce monsieur".

Interrogé sur la décision du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, de suspendre en réaction les financements de la collectivité à l'Institut d'études politiques (IEP), le ministre a répondu : "Je pense qu'il faut bien entendu réagir". "Peut-être que ce n'est pas toujours des mesures spectaculaires qu'il faut prendre", a-t-il cependant ajouté.

La polémique agite les milieux universitaire et politique depuis la suspension de Klaus Kinzler, lundi. Dans des interviews, l'enseignant décrivait l'IEP comme un institut de "rééducation politique", accusant un "noyau dur" de collègues, adeptes selon lui des théories "woke", d'endoctriner les étudiants, et la direction de l'IEP de laisser faire.

Ne pas confondre "victimes" et coupables"

A l'origine, fin 2020, Klaus Kinzler et une collègue historienne avaient échangé des courriels véhéments à propos d'une journée de débats intitulée "racisme, antisémitisme et islamophobie". Le professeur d'allemand avait contesté cette formulation et critiqué l'islam.

Le 4 mars, M. Kinzler avait été, avec un autre enseignant, la cible d'affichettes l'accusant d'"islamophobie" placardées par des étudiants à l'entrée de l'IEP et relayées sur les réseaux sociaux par des syndicats. A l'époque, la direction avait condamné "très clairement" ces affiches, tout en estimant que la façon dont le professeur d'allemand parlait de l'islam était "extrêmement problématique".

Sur LCI, Jean-Michel Blanquer a de nouveau mis en cause le "wokisme" : "C'est de l'idéologie à la place de la science", a-t-il dit. "J'entends la directrice de Science Po (Sabine Saurugger) dire que sa maison n'est pas infestée par le 'wokisme' et que ce qu'elle veut c'est de la sérénité, on a envie d'être d'accord avec ces deux points", a poursuivi le ministre.

Il a recommandé de ne pas confondre "victimes" et "coupables" dans cette affaire. Lui-même considère que les coupables sont "ceux qui ont fait des tags" visant le professeur et que ceux-ci ne pouvaient ignorer qu'ils provoquaient "des menaces de mort sur quelqu'un".