Sciences Po Grenoble : un enseignant mis à pied pour avoir "tenu des propos diffamatoires", la Région suspend ses financements

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Écrit par M.D.

La direction de Sciences Po Grenoble a suspendu, mi-décembre, un professeur d'allemand qui avait été accusé d'islamophobie au printemps, évoquant "des propos diffamatoires" à l'encontre de l'établissement. Une sanction qui a conduit la Région à suspendre ses financements à l'IEP.

Enseignant d'allemand à Sciences Po Grenoble, Klaus Kinzler a été suspendu de l'établissement pour avoir tenu "des propos diffamatoires" dans les médias à l'encontre de l'établissement, a-t-on appris de sources concordantes.

Dans un arrêté pris le 14 décembre et que Le Figaro a révélé, la directrice de l'Institut d'études politiques (IEP), Sabine Saurugger, met à pied l'enseignant. Elle invoque de récentes interviews accordées au site de Marianne et à L’Opinion dans lesquelles il aurait "gravement méconnu à plusieurs obligations", et notamment "porté atteinte à l'intégrité professionnelle de ses collègues de travail".

Dans un entretien accordé à L'Opinion, Klaus Kinzler estime que Sciences Po Grenoble "est devenu un camp de rééducation" où certains professeurs "(remettent) en cause tout le système dans ses bases universalistes, démocratiques, laïques."

L'enseignant avait été au cœur d'une polémique au printemps, accusé d'islamophobie par un syndicat étudiant. "J'ai des convictions simples, claires, démocratiques, mais pas islamophobes. Ce qui est gravissime, c'est qu'on n'a pas le droit de formuler des idées qui ne rentrent pas dans la doxa actuelle", s'était défendu Klaus Kinzler devant la caméra de France 3 Alpes.

Une enquête avait été ouverte par le parquet de Grenoble suite au signalement par la direction d'affiches apposées sur les murs de l'IEP et "visant nommément deux professeurs de l'établissement". Ces étudiants ont été relaxés en conseil disciplinaire.

La directrice de l'IEP laisse aujourd'hui entendre qu'elle pourrait poursuivre l'enseignant en justice pour diffamation, pointant "des fautes de nature pénale dont la qualification est en cours d'analyse". Contactée par France 3 Alpes, la direction de l'établissement n'avait pas réagi à l'heure de la publication de cet article.

La Région suspend ses financements

A la suite de cette polémique qu'elle qualifie de "longue dérive idéologique et communautariste", la Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé lundi 20 décembre suspendre "l'ensemble de ses financements" à l'établissement.

"Les militants de théories 'woke', de l’écriture inclusive, ou de pratiques communautaristes, ont aujourd’hui confisqué le débat au sein de cet établissement sans que la direction ne prenne la mesure de cette dérive préoccupante", écrit-elle dans un communiqué, évoquant les "pressions inadmissibles" dont seraient victimes les "élèves et enseignants qui s’opposent à ce nouveau diktat".

"Ce n’est pas ma conception de la République", réagit le président de Région Laurent Wauquiez (LR) sur Twitter, annonçant la suspension de "tout financement et toute coopération avec l'établissement".