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Stress, management déshumanisé, rassemblement des policiers à Grenoble après 2 nouveaux suicides en France

Plusieurs dizaines de fonctionnaires sont descendus sur les marches du commissariat durant quelques minutes pour marquer leur solidarité. / © Cédric Lepoittevin - FTV.
Plusieurs dizaines de fonctionnaires sont descendus sur les marches du commissariat durant quelques minutes pour marquer leur solidarité. / © Cédric Lepoittevin - FTV.

A Grenoble, comme un peu partout en France, les policiers se rassemblent ce vendredi 19 avril après 2 nouveaux suicides survenus cette semaine à Montpellier et en Île-de-France. 38 fonctionnaires ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année. Les policiers dénoncent un malaise grandissant.

Par Yann Gonon

Les policiers Grenoblois se mobilisent ce vendredi 19 avril 2019 comme de nombreux autres collègues partout en France. Deux nouveaux fonctionnaires ont mis fin à leur jour en région parisienne et à Montpellier cette semaine. Les policiers souhaitent "marquer le coup" ce vendredi en dénonçant une politique du chiffre et un management de plus en plus déshumanisé.

Le rassemblement est prévu à 11h30 ce vendredi. Gardiens de la paix et officiers sont invités à se retrouver, ensemble, sur les marches du commissariat central de Grenoble. Un appel au rassemblement intersyndical "pour marquer le coup" explique Valérie Mourier, secrétaire départementale du syndicat Alliance police nationale.


28 suicides depuis le début de l'année


L'appel est national et de nombreux autres rassemblements sont prévus en France après les deux nouveaux suicides de policiers enregistrés cette semaine en France. Un capitaine de police de la sûreté départementale, une femme d'une quarantaine d'années, s'est donnée la mort ce jeudi avec son arme de service à Montpellier comme le relatent nos confrères de France 3 Occitanie. Autre suicide, jeudi également, cette fois en région parisienne : un agent de 25 ans s'est donné la mort dans les locaux de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) ce jeudi rue Albert à Paris.

Depuis le début de l'année, ce sont 28 fonctionnaires de police qui se sont suicidés sur l'ensemble du territoire. Une association de femmes de policiers a mis en ligne une carte qui recense l'ensemble de ces cas.
 

"Ce sont des chiffres très inquiétants" se désole la représentante du syndicat Alliance police nationale en Isère qui met en relation le nombre de suicides enregistrés l'an passé : 35 pour l'année entière. Elle craint que ce chiffre soit largement dépassé en 2019.

Le département de l'Isère avait lui aussi été touché par un cas de suicide le 29 novembre dernier. Un policier grenoblois de la "BAC nuit", âgé d'une quarantaine d'années, avait mis fin à ses jours. Deux autres suicides avaient eu lieu à Vienne en 2017. 
 

"On est juste là pour obéir aux ordres"


Ce vendredi, les policiers veulent à nouveau dénoncer la "politique du chiffre", "les pressions", le "management déshumanisé" qui conduisent à un "malaise grandissant". "On demande à la hiérarchie de faire pression... On a plus d'autonomie, on est juste là pour obéir aux ordres" dénonce encore Valérie Mourier.

Le discours de Christophe Castaner, mercredi en clôture du congrès du syndicat Alliance, a certes été plutôt "bien reçu", le ministre de l'Intérieur semblant "avoir entendu" les principales revendications. Les policiers déclarent attendre maintenant "des actes, pour que ça avance vite".
 

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