Un collège en grève dès la rentrée scolaire contre la fermeture d'une classe "à quelques élèves près"

Ils avaient appris la nouvelle au début de l’été, les vacances ne les ont pas désarmés. La rentrée des classes à peine amorcée, parents et professeurs en grève se sont rassemblés ce mercredi devant le collège Aimé-Césaire de Grenoble pour protester contre la fermeture d’une classe de troisième.

"Est-ce que tu as arts plastiques ?" Mercredi 6 septembre, les élèves comptent déjà les trous dans l’emploi du temps au dos de leur carnet de correspondance devant l’entrée du collège Aimé-Césaire, à Grenoble. En passant la grille où flotte une banderole "en lutte", les questions fusent sur le maintien de tel ou tel cours. "Je ne sais pas, je n’ai encore aucune info sur les professeurs en grève", répète le surveillant posté à la porte.

Rassemblés sur le trottoir, les enseignants mobilisés ont été rejoints par des parents. La trentaine de personnes s’est réunie dans le soleil du matin pour protester contre la fermeture de l’une des six classes de troisième que comptait l’établissement jusqu’en juin dernier. Conséquence directe de cette décision : la hausse du nombre d'élève par classe qui approche désormais les 30. "Dans un collège avec un public très hétérogène, où on recrute notamment sur des quartiers très difficiles, précise Christophe Farget, professeur d’histoire-géographie (SNES-FSU). Les quartiers Mistral ou Le Lys Rouge sont des quartiers de politique de la ville de Grenoble, avec des élèves avec des problématiques tout à fait particulières qu’il faut gérer dans des classes surchargées."

Pour les élèves en difficulté, il est très compliqué d’être à leurs côtés quand on a 30 élèves. Ça peut aussi entraîner des problèmes de perturbations de classes qui sont très difficiles à gérer […] : on a juste assez de tables, on ne peut pas séparer des élèves qui seraient problématiques. À l’heure actuelle, on ne sait même pas où on va pouvoir installer nos AESH, les adultes qui accompagnent les élèves en situation de handicap !

Christophe Farget, professeur en grève

La fille de Lucie Giroud est ainsi "rentrée désabusée" de son premier jour de cours, effectué la veille. "Il n’y avait que trois heures de cours pour la première après-midi et déjà beaucoup de bruit, beaucoup plus que l’an dernier", déplore la déléguée de parents d'élèves, qui craint une dégradation rapide de la qualité d’apprentissage : "Malgré toute la bonne volonté des enseignants, il y a des choses qu’ils ne pourront pas faire : ni accompagner les élèves en difficultés, mais pas non plus accompagner les élèves qui fonctionnent bien et qui vont se retrouver mis de côté en se disant : 'Ils tournent, alors on les laisse tranquille.'"

"Mesure d'équité"

Le rectorat, lui, affiche sa "surprise" face à la mobilisation et défend une "mesure d'équité" prise face à la baisse des effectifs dans l'établissement. "Le repère pour maintenir cette sixième classe, c'est 151 élèves, développe Patrice Gros, directeur académique de l'Isère. Aujourd'hui, ils sont à 142." 

Mettre six classes, ça voudrait dire faire de l'iniquité et favoriser le collège Aimé-Césaire par rapport à un autre établissement. Ce n'est pas notre manière de fonctionner.

Patrice Gros, directeur académique de l'Isère

Argument irrecevable pour les personnels en grève, alors que la moyenne départementale est de 25 adolescents par classe. "A quelques élèves près, on perd plus de 20h d’enseignement, peste Christophe Farget. Evidemment, c’est extrêmement frustrant !" "Il est nécessaire de dépasser un peu ce qui peut être écrit sur un tableau Excel et mettre un peu plus d’humain dans les décisions", résume Catriona Macleane, une mère d'élève. Trois jours après la rentrée, ils espèrent toujours une réouverture. 

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